et commencer par Haller
L’homme machine
et l’homme plante de La Mettrie
et avoir toujours à côté de soi Spigelius
51 .
Dans cette liste rédigée entre 1778 (date des Nouveaux éléments de Barthez) et 1780 (Histoire de la chirurgie de Peyrilhe,
citée maintes fois et absente de la liste), Diderot nous fournit
l’horizon idéal et culturel de son travail. Mis à part Buffon et
Maupertuis – sources toujours présentes – les auteurs mentionnés
couvrent à peu près tout le panorama à la fois de la tradition médicale (iatromécanique et chimiatrie) et des positions théoriques
plus récentes (Barthez, Marat, Roussel etc.). On discutera plus
loin, dans notre commentaire, les détails des références et des
emprunts que Diderot doit à ses auteurs. Le cadre général dans
lequel s’inscrit leur réception nous montre un Diderot qui lit tout,
en bon écolier, et qui, d’un côté, rejette la iatromécanique issue de
Harvey et, en France, de Descartes – dont le modèle explicatif
était la machine hydraulique – tout en conservant des « résidus »
importants sur le plan méthodologique
52
, et qui, d’un autre côté,
rejette également les conséquences mystiques de la chimiatrie de
Georg-Ernst Stahl et son approche animiste-vitaliste – dont le
modèle était l’alambic, instrument de fermentation et de distillation –, tout en retenant certains suggestions relatives à la complexité des phénomènes vitaux et leur irréductibilité à la
mécanique-hydraulique. Les œuvres de Jean-Baptiste van Helmont, citées par Tarin dans l’Encyclopédie (vu ci-dessus, 1.4),
jusqu’aux nombreux et volumineux traités chimico-médicaux du
même Stahl, inventeur de la théorie du « phlogistique », sont bien
connues. Diderot mentionne un ouvrage (« la médecine pratique
de Sthall ») qui cependant ne fait pas partie des œuvres du chimiste. Il pourrait s’agir, en réalité, de la Theoria medica vera,
physiologiam et pathologiam, tanquam doctrinæ medicæ partes
vere contemplativas, e naturæ et artis veris fundamentis intaminata ratione et inconcussa experientia sistens, texte publié à
51 Cf. Appendice A: « Notes de la main de mon père sur la physiologie »,
p. 389.
52 Cf. mon essai: « La presenza di Cartesio negli scritti di filosofia biologica
di Denis Diderot. Éléments de physiologie», dans M. T. Marcialis-F.M. Crasta
(éds.), Descartes e l’eredità cartesiana nell’Europa settecentesca, Lecce, 2002,
pp. 225-242.
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INTRODUCTION
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