gais
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: il est à celui des tempéraments
N tristes, comme les instants
du bien aise aux instants du malaise: de là, l’uniformité des
caractères gais et la variété des caractères tristes: de là, la fréquence des caractères gais qui deviennent tristes et la rareté des
caractères tristes qui deviennent gais, à moins que ce ne soit dans
l’enfance, lorsque la machine n’est pas développée.
La gaieté est la qualité des hommes communs. Le génie suppose toujours quelque désordre dans la machine
81
.
80 Cf. Marat, De l’Homme cit, vol. II, Livre Quatrième: « Pourquoi le caractère de l’Ame est toujours conforme à l’état du Corps », pp. 134-135: « La sensation voluptueuse, qui vient de l’aisance du jeu de nos organes, est aussi
renfermée dans des bornes plus étroites que la sensation désagréable qui vient
d’un défaut d’harmonie. La première est peu variée, parce que la cause qui la
produit est unique: la dernière est de différentes espèces, et chaque espèce est
variée par différents degrés. Aussi le caractère gai est-il assez uniforme, tandis
que l’humeur sombre a autant de nuances, qu’il y en a entre la plus légère tristesse et la plus noire mélancolie ».
N V: temperemens; SP: les instants de bien aise aux instants de malaise
81 Cf. Le Rêve cit., p. 177: « Et selon la branche tyrannique qui prédomine,
l’instinct qui se diversifie dans les animaux, le génie qui se diversifie dans les
hommes; le chien a l’odorat, le poisson l’ouïe, l’aigle la vue; D’Alembert est
géomètre, Vaucanson machiniste, Grétry musicien, Voltaire poète; effets variés
d’un brin du faisceau plus vigoureux en eux qu’aucun autre et que le brin semblable dans les êtres de leur espèce »; cf. Le Neveu de Rameau, dans DPV, XII,
pp. 76-78: « C’est ce que je prise particulièrement dans les gens de génie. Ils ne
sont bons qu’à une chose. Passé cela, rien. Ils ne savent ce que c’est d’être
citoyens, pères, mères, frères, parents, amis. Entre nous, il faut leur ressembler
de tout point; mais ne pas désirer que la graine en soit commune. Il faut des
hommes; mais pour des hommes de génie, point. Non, ma foi, il n’en faut point.
Ce sont eux qui changent la face du globe; et dans les plus petites choses, la sottise est si commune et si puissante qu’on ne la réforme pas sans charivari. Il
s’établit partie de ce qu’ils ont imaginé. Partie reste comme il était; de là deux
évangiles; un habit d’Arlequin. La sagesse du moine de Rabelais, est la vraie
sagesse, pour son repos et pour celui des autres: faire son devoir, tellement quellement; toujours dire du bien de Monsieur le prieur; et laisser aller le monde à
sa fantaisie. Il va bien, puisque la multitude en est contente. Si je savais l’histoire, je vous montrerais que le mal est toujours venu ici-bas, par quelque
homme de génie […]. Mais j’ai vu un temps que vous vous désespériez de n’être
qu’un homme commun. Vous ne serez jamais heureux, si le pour et le contre
vous afflige également. Il faudrait prendre son parti, et y demeurer attaché. Tout
en convenant avec vous que les hommes de génie sont communément singuliers, ou comme dit le proverbe, qu’il n’y a point de grands esprits sans un grain
de folie, on n’en reviendra pas. On méprisera les siècles qui n’en auront pas produit ».
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PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 348
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