Chaque organe a ses maladies particulières: de là, perplexité
de la médecine, incertitude et danger des remèdes.
P
Vomissement, diarrhée, tous les organes y sont sujets.
R
Il y aura des maladies inexplicables et, dans presque toutes,
des phénomènes qu’on ne concevra point, si l’on se refuse à
l’idée des organes considérés
S
comme animaux particuliers
72
.
Toute la langue de la médecine pratique semble avoir été faite
d’après cette supposition
73
; le médecin ne l’avoue pas, mais il raisonne, mais il ordonne en conséquence. La même maladie transférée par métastase d’un organe à un autre, présente des
phénomènes et produit des sensations plus variées que la même
maladie fixée au même lieu, dans des animaux différents. La
goutte brûle, pique, déchire le pied; à la main, c’est autre chose;
sur les intestins, à l’estomac, aux reins, aux poumons, à la tête,
aux yeux, aux articulations, autant de douleurs différentes.
T
Chaque organe étant considéré comme un animal particulier,
U
il n’est plus étonnant que chacun ait son poison, son miasme qui
l’affecte. A différentes plantes, il faut des terres différentes:
V
il
n’est plus étonnant que ce qui blesse l’un et l’irrite, réjouisse un
autre. L’urine âcre ne fait rien à l’urètre; le sperme indolent, fade
et doux l’affecte voluptueusement et fortement; le chatouillement léger de la plante des pieds agite la machine entière. L’épine
douloureuse n’y cause qu’une sensation locale. La diversité des
sensations locales est infinie, on en a trop négligé l’étude.
P FNR: Vomissement; diarrhée de tous les organes. Ages et maladies d’âges.
Tout ce qui se passe dans le cerveau n’est qu’un effet de ce qui se passe hors de
lui, et réciproquement. Fibres. Polypes. (p. 101, l. 4-6; AT, 303).
R ORGANES ANIMAUX PARTICULIERS. Il y aura des maladies…
S comme des animaux particuliers. […]; mais il raisonne, mais il parle,
mais il ordonne…
72 C’est encore, développée, la thèse de Bordeu, Recherches anatomiques
cit., p. 167 ss.
73 Cf. A. Le Camus, La Médecine pratique, rendue plus simple, plus sûre,
et plus méthodique. On commence par le Traité des maladies de la tête, pour
servir de suite à la Médecine de l’esprit, 2 vol., Paris, 1769-1772, vol. I, p. 15
ss.
T ORGANES COMPARÉS AUX ANIMAUX. Chaque organe peut être considéré
comme un animal particulier.
U Organes. Chaque organe a son poison, son miasme qui l’affecte, comme
il faut des terres différentes à différentes plantes.
V Ce qui blesse l’un et l’irrite, réjouit un autre.
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
339
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 339
de la médecine, incertitude et danger des remèdes.
P
Vomissement, diarrhée, tous les organes y sont sujets.
R
Il y aura des maladies inexplicables et, dans presque toutes,
des phénomènes qu’on ne concevra point, si l’on se refuse à
l’idée des organes considérés
S
comme animaux particuliers
72
.
Toute la langue de la médecine pratique semble avoir été faite
d’après cette supposition
73
; le médecin ne l’avoue pas, mais il raisonne, mais il ordonne en conséquence. La même maladie transférée par métastase d’un organe à un autre, présente des
phénomènes et produit des sensations plus variées que la même
maladie fixée au même lieu, dans des animaux différents. La
goutte brûle, pique, déchire le pied; à la main, c’est autre chose;
sur les intestins, à l’estomac, aux reins, aux poumons, à la tête,
aux yeux, aux articulations, autant de douleurs différentes.
T
Chaque organe étant considéré comme un animal particulier,
U
il n’est plus étonnant que chacun ait son poison, son miasme qui
l’affecte. A différentes plantes, il faut des terres différentes:
V
il
n’est plus étonnant que ce qui blesse l’un et l’irrite, réjouisse un
autre. L’urine âcre ne fait rien à l’urètre; le sperme indolent, fade
et doux l’affecte voluptueusement et fortement; le chatouillement léger de la plante des pieds agite la machine entière. L’épine
douloureuse n’y cause qu’une sensation locale. La diversité des
sensations locales est infinie, on en a trop négligé l’étude.
P FNR: Vomissement; diarrhée de tous les organes. Ages et maladies d’âges.
Tout ce qui se passe dans le cerveau n’est qu’un effet de ce qui se passe hors de
lui, et réciproquement. Fibres. Polypes. (p. 101, l. 4-6; AT, 303).
R ORGANES ANIMAUX PARTICULIERS. Il y aura des maladies…
S comme des animaux particuliers. […]; mais il raisonne, mais il parle,
mais il ordonne…
72 C’est encore, développée, la thèse de Bordeu, Recherches anatomiques
cit., p. 167 ss.
73 Cf. A. Le Camus, La Médecine pratique, rendue plus simple, plus sûre,
et plus méthodique. On commence par le Traité des maladies de la tête, pour
servir de suite à la Médecine de l’esprit, 2 vol., Paris, 1769-1772, vol. I, p. 15
ss.
T ORGANES COMPARÉS AUX ANIMAUX. Chaque organe peut être considéré
comme un animal particulier.
U Organes. Chaque organe a son poison, son miasme qui l’affecte, comme
il faut des terres différentes à différentes plantes.
V Ce qui blesse l’un et l’irrite, réjouit un autre.
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