U
Si chaque organe a ses nerfs propres, comme l’œil, l’oreille
etc., ils appètent, ils rejettent, ils se lassent.
V
Tous ont leur vie particulière
65
.
W
A mesure que la ligature se
serre, le mouvement, la sensibilité et la vie diminuent dans un
muscle; il vient un instant où cet organe semble rester sans sensibilité et sans vie. Je demande s’il est mort,
X
si l’âme en est retirée.
On ne saurait dire qu’il est mort, puisque la ligature supprimée, le
mouvement, la vie reparaît. Si l’organe vit, il a donc une vie
propre et séparée du reste du système
66
. S’il vit, il sent, il a donc
sa portion de sensibilité
Y
qu’il garde. Pourquoi accorderait-on à
la ligature ce qu’on refuserait à l’amputation?
Point d’organe qui, séparé de l’animal, ne conserve quelque
temps la sensibilité, la vie. L’abeille a les pattes coupées et vole
67
.
U Mais si chaque organe [...] l’oreille, alors ils appètent et rejettent, ils se
lassent.
V VIE PARTICULIÈRE DES ORGANES.
65 Cf. Le Rêve cit., p. 147: « C’est qu’il n’y a pas autant de différence entre
les sensations excitées par leur moyen qu’il y en a entre les sensations excitées
par le moyen des autres organes. – Très sérieusement vous pensez que le pied,
la main, les cuisses, le ventre, l’estomac, la poitrine, le poumon, le cœur ont
leurs sensations particulières? – Je le pense ».
W DU MOUVEMENT ET DE LA VIE PROPRE À L’ORGANE. A mesure que...
X si l’âme s’en est retirée. On ne saurait dire que ce muscle soit mort; s’il
vit, il a donc une vie propre...
66 Cf. Bordeu, Recherches anatomiques sur la position des glandes cit.,
p. 161: « Ainsi, la moindre partie peut être regardée comme faisant, pour ainsi
dire, corps à part. Elle agit, il est vrai, au moyen de la circulation générale, mais
elle est aussi distincte que le système des vaisseaux sanguins l’est du système
des vaisseaux chyleux et que la circulation du poumon et celle du foie le sont de
celle qui se fait dans les gros vaisseaux ordinaires […]. Les nerfs font venir le
sang dans une glande, en dirigeant et en augmentant la circulation dans cet
organe, qui, si on peut le dire, fait lorsqu’il agit corps à part, en quelque façon ».
Y qu’il garde. Et pourquoi [...] à l’amputation? Vie de l’organe reste après
la séparation du corps. L’abeille a les pattes...
67 Cf. Le Rêve cit., pp. 122-123: « Tous nos organes... – Tous nos organes !
– Pour celui qui a exercé la médecine et fait quelques observations...– Après ! –
Après? Ne sont que des animaux distincts que la loi de continuité tient dans une
sympathie, une unité, une identité générales […]. Tenez cette grappe, la voilà,
vous la voyez bien, là, là. Faisons une expérience. – Quelle? – Prenez vos
ciseaux; coupent-ils bien? – A ravir. – Approchez doucement, tout doucement,
et séparez-moi ces abeilles, mais prenez garde de les diviser par la moitié du
corps, coupez juste à l’endroit où elles se sont assimilées par les pattes. Ne craignez rien, vous les blesserez un peu, mais vous ne les tuerez pas... Fort bien,
vous êtes adroite comme une fée... Voyez-vous comment elles s’envolent
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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