physiologie qu’il prenait depuis 1765 (infra, Appendices). Cette
première rédaction est confiée au copiste Girbal et sera donnée,
après la mort du philosophe, avec le fonds Diderot, à la bibliothèque de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. C’est un manuscrit
connu, dans les éditions précédentes, sous le nom de « copie de
Leningrad », désignation que nous changeons en « copie de SaintPétersbourg » (sigle: SP)
46
. Il existait un troisième manuscrit
autographe, plus récent, que Diderot lui-même préparait « pour la
postérité ». Bizarrement, il ne le remit pas à Naigeon – avec
lequel il s’était brouillé à cause de Sénèque – mais à un certain
« citoyen Garron ». Ce personnage mystérieux, dont on ne
connaît pas l’identité
47
, présenta pendant la Révolution les Éléments au Comité d’instruction publique de la Convention (1794).
Le Comité ignore le travail de Diderot et après une histoire compliquée de passage entre les mains de libraires et de différents
propriétaires, ce manuscrit est aujourd’hui perdu
48
.
La parenté étroite entre les analyses des Éléments et Le Rêve de
D’Alembert est évidente. Certains « fragments » que Diderot
recueille depuis 1769 jusqu’à son voyage en Russie (1773-1774),
« Fragments dont on n’a pu retrouver la véritable place », sont ce
qu’on appelle aujourd’hui « Le Manuscrit de Pétersbourg » (1774)
que G. Dulac a découvert dans un volume manuscrit intitulé « Les
deux Dialogues », dans les Archives centrales publiques d’actes
anciens de Moscou en 1977, analysé et publié en 1979
49
. Il s’agit
46 A l’heure actuelle il n’existe qu’une seule édition de SP, celle préparée
par J. Assézat pour les Œuvres Complètes, Paris, 1875, vol. IX, pp. 243-440
(infra, note 88).
47 Wilson, op. cit., n’en parle pas; Tourneux et Mayer formulent quelques
hypothèses, sur le destin de ce manuscrit; DPV, XVII, pp. 269-271.
48 Cf. M. Tourneux, Les manuscrits de Diderot conservés en Russie. Catalogue dressé par M.T., Paris, 1885 (Genève, 1967), pp. 27-28; J. Pommier,
« Lueurs nouvelles sur les manuscrits de Diderot », dans Bulletin du bibliophile, n°
5, 1954, pp. 201-217; J. Mayer, Introduction aux Éléments (DPV, XVII, pp. 269273). Les démarches faites par moi-même aux Archives Nationales et chez des
libraires parisiens n’ont pas donné des résultats. Quelques motifs de réflexion sont
offerts dans ma communication: « Diderot et la Révolution française. Mythes,
modèles, repères au XXI
e siècle », présentée en Sorbonne, dans le cadre des Séminaires d’O. Bloch, le 4 mai 2002, dans Quaderni Materialisti, n° 2, Milan, 2003,
pp. 81-106. Pour ce qui est de la figure de Diderot à la fin du XVIII
e siècle et après:
R. Trousson, Images de Diderot en France. 1784-1913, Paris, 1997.
49 Cf. G. Dulac, « Une version déguisée du Rêve de d’Alembert: le manuscrit de Moscou », dans J. Proust (éd.), Recherches nouvelles sur quelques
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INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 32
première rédaction est confiée au copiste Girbal et sera donnée,
après la mort du philosophe, avec le fonds Diderot, à la bibliothèque de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. C’est un manuscrit
connu, dans les éditions précédentes, sous le nom de « copie de
Leningrad », désignation que nous changeons en « copie de SaintPétersbourg » (sigle: SP)
46
. Il existait un troisième manuscrit
autographe, plus récent, que Diderot lui-même préparait « pour la
postérité ». Bizarrement, il ne le remit pas à Naigeon – avec
lequel il s’était brouillé à cause de Sénèque – mais à un certain
« citoyen Garron ». Ce personnage mystérieux, dont on ne
connaît pas l’identité
47
, présenta pendant la Révolution les Éléments au Comité d’instruction publique de la Convention (1794).
Le Comité ignore le travail de Diderot et après une histoire compliquée de passage entre les mains de libraires et de différents
propriétaires, ce manuscrit est aujourd’hui perdu
48
.
La parenté étroite entre les analyses des Éléments et Le Rêve de
D’Alembert est évidente. Certains « fragments » que Diderot
recueille depuis 1769 jusqu’à son voyage en Russie (1773-1774),
« Fragments dont on n’a pu retrouver la véritable place », sont ce
qu’on appelle aujourd’hui « Le Manuscrit de Pétersbourg » (1774)
que G. Dulac a découvert dans un volume manuscrit intitulé « Les
deux Dialogues », dans les Archives centrales publiques d’actes
anciens de Moscou en 1977, analysé et publié en 1979
49
. Il s’agit
46 A l’heure actuelle il n’existe qu’une seule édition de SP, celle préparée
par J. Assézat pour les Œuvres Complètes, Paris, 1875, vol. IX, pp. 243-440
(infra, note 88).
47 Wilson, op. cit., n’en parle pas; Tourneux et Mayer formulent quelques
hypothèses, sur le destin de ce manuscrit; DPV, XVII, pp. 269-271.
48 Cf. M. Tourneux, Les manuscrits de Diderot conservés en Russie. Catalogue dressé par M.T., Paris, 1885 (Genève, 1967), pp. 27-28; J. Pommier,
« Lueurs nouvelles sur les manuscrits de Diderot », dans Bulletin du bibliophile, n°
5, 1954, pp. 201-217; J. Mayer, Introduction aux Éléments (DPV, XVII, pp. 269273). Les démarches faites par moi-même aux Archives Nationales et chez des
libraires parisiens n’ont pas donné des résultats. Quelques motifs de réflexion sont
offerts dans ma communication: « Diderot et la Révolution française. Mythes,
modèles, repères au XXI
e siècle », présentée en Sorbonne, dans le cadre des Séminaires d’O. Bloch, le 4 mai 2002, dans Quaderni Materialisti, n° 2, Milan, 2003,
pp. 81-106. Pour ce qui est de la figure de Diderot à la fin du XVIII
e siècle et après:
R. Trousson, Images de Diderot en France. 1784-1913, Paris, 1997.
49 Cf. G. Dulac, « Une version déguisée du Rêve de d’Alembert: le manuscrit de Moscou », dans J. Proust (éd.), Recherches nouvelles sur quelques
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INTRODUCTION
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