En toute passion il y a vue
K
de l’objet, besoin qui naît des
organes mus, désir, désir involontaire, quelquefois permanent.
Il y a des causes qui agissent sur nous intérieurement,
L
comme
extérieurement.
Présence du bien réjouit, désir du bien donne de l’amour. L’attente du bien produit l’espérance.
La présence du mal donne de la tristesse,
M
de la terreur; la
suite du mal, de la haine: l’attente du mal, de la crainte: la crainte
est du mal à venir: la terreur du mal présent.
Suite des effets des passions qui s’enchaînent et se suivent
dans le corps, dont l’origine est dans la présence de l’objet, ou
dans
N la mémoire du mot ou dans l’imagination. Premier choc, le
reste suit.
O
Les exemples d’aversion sont sans nombre. On tombe en faiblesse à la vue d’une araignée; on devient fou au bruit de l’aile
d’une chauve-souris. Jacques I
r frémissait à la vue d’une épée
nue. Germanicus avait en horreur la vue et le chant du coq. Le
Maréchal d’Albret s’évanouissait quand il voyait un marcassin
51
.
passe sa vie à se creuser sur des inepties, le temps et la nécessité y donnent de
l’importance, on n’en revient plus. Si j’avais écrit les douze volumes in-folio
d’Augustin sur la grâce, je ferai dépendre de ce système le bonheur de l’univers;
si j’étais contraint d’aller tous les nuits chanter des matines, j’imaginerais, je
crois, que c’est mon chant nocturne qui éteint la foudre dans les mains de l’Eternel prêt à frapper le pêcheur qui dort. C’est ainsi que par l’importance que l’on
attache à des devoirs frivoles, on échappe à l’ennui ».
K de l’objet, connaissance de sa bonté; besoin qui naît...
L FNR: comme extérieurement. Mouvements involontaires des organes.
Maladies, plaisirs, peines etc. Organes s’agitant d’eux-mêmes pendant la nuit.
La mémoire, l’imagination, les impressions passées, mais accompagnées de
plaisir, d’effroi, de douleur etc. (p. 198, l. 22 à p. 199, l. 6; AT, 347).
M de la terreur etc. La suite...
N dans et suiv. aj. V.
O MÉLANGES. AVERSIONS. Le maréchal d’Albret s’évanouissait quand il
voyait un Marcassin. Les exemples de ces aversions sont sans nombre...
51 Cf. Le Camus, Médecine de l’esprit cit., vol. I, pp. 155-156: « Le Maréchal d’Albret s’évanouissait quand il voyait la tête d’un marcassin. […]. Chacun
sait le trait de Jacques I, Roi d’Angleterre, qui ne pouvait voir sans frayeur une
épée hors de son fourreau. Le chevalier Digbi en accuse l’imagination de sa
mère, qui dans le temps qu’elle était enceinte vit assassiner à côté d’elle un de
ses amis […]. Nous pourrions rapporter mille exemples bien attestés de
pareilles antipathies: mais ce serait vouloir prouver une chose que l’expérience
confirme tous les jours: J’en ai vu, dit Montaigne, fuir la senteur des pommes
plus que les arquebusades; d’autres s’effrayer pour une souris, d’autres rendre
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PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 326
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