la mort de son mari. Elle demande, est-il bien vrai? Très vrai, lui dit-on; et la
voilà guérie.
W
Un jeune homme désespéré de ne pouvoir obtenir l’objet de sa passion, se
tire un coup de pistolet à la tête, il ne se tua point, mais il resta fou de sa blessure; pendant sa maladie les parents s’avisèrent de faire venir sa maîtresse et de
la lui présenter. Il lève les yeux, il la voit et s’écrie: Ah ! mademoiselle c’est
vous !... et le voilà guéri.
X
Un officier français perd une sœur hospitalière qui l’avait soigné et dont il
était devenu amoureux; ses amis découvrent une courtisane, qui lui ressemblait
singulièrement; ils invitent leur camarade à souper, sur la fin du repas ils introduisent la courtisane déguisée en hospitalière; l’officier la regarde et s’écrie:
Ah ! mes amis, j’en vois deux, je deviens fou, puis se renverse sur son fauteuil
et meurt.
Le chevalier de Louville est frappé d’apoplexie: on l’appelle, on crie autour
de lui, on n’en saurait tirer un mot. Maupertuis, présent à cette scène, dit: je
gage que je le fais parler. Aussitôt, il s’approche de l’oreille du moribond et lui
crie: Monsieur le chevalier, douze fois douze?... Le chevalier répond: cent quarante-quatre et c’est la seule chose qu’il ait dite.
Y
Un mari avait une femme très vaporeuse, cette femme aimait éperdument
son mari. Il me vint en pensée de me servir de cette passion pour créer un vif
intérêt dans cette femme; car dans ce genre de maladie, c’est toute la difficulté
47 . Tout vaporeux guérit s’il le veut. Mais le point est de le faire vouloir et
malheureux » qui se rapportent au chap. VI: « Des Passions, considérées comme
Causes éloignées des Maladies » (pp. 272-280): « Un médecin de Paris [La Mettrie] a dit avec raison, que l’amour, quelque beau nom qu’on lui donne, n’est pas
plus qu’une passion que la faim, la soif et tous les autres appétits sensitifs, qui
naturellement ne tendent qu’à notre bien être et à notre conservation. Ce médecin, peu ébloui des idées des Platoniciens, à raison de prendre l’amour pour un
appétit sensitif, parce qu’il l’est réellement, et que le sexe ne se ferait pas tant de
peine d’avouer cette passion, et n’en ferait un mystère, si elle n’avait pas
quelque chose de contraire à la pudeur. Mais l’amour devient passion par le peu
de réserve avec laquelle l’âme suit l’appétit des sens; parce que l’on ne se
contente pas de satisfaire simplement cet appétit, et qu’on se fixe déterminément sur un seul objet, ou du moins avec trop d’attachement. Voilà tout le moral
de l’amour » (vol. 3, pp. 273-274). Zimmermann et Diderot se réfèrent à une
source commune et lointaine: Lucrèce, De natura rerum, livre IV, vv. 10631072, sur les dangers de l’amour-passion et l’éloge de «Vénus vagabonde (vulgivaga Venus)».
V GUÉRISONS SINGULIÈRES. DE LA JALOUSIE. Une femme...
W DE L’AMOUR. Un jeune homme...
X DE LA DOULEUR. Un officier [...] sœur hospitalière italienne qui l’avait soigné...
Y DES VAPEURS. un mari...
47 Cf. Voyage en Hollande cit., p. 138: « Je trouvai à La Haye deux étrangers, un mari et sa femme, et le mari au bout de cinq ans de mariage aussi amoureux de sa femme que le premier jour des noces. Cet homme cependant était
malheureux par les vapeurs cruelles dont sa femme était tourmentée. Un jour
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 323
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