poumons, la colère est pâle. Si au contraire la constriction commence à l’origine des gros vaisseaux, la colère est rouge.
Il y a la fièvre des passions, comme la fièvre physique, toutes
deux se manifestent au pouls.
Je crois que les passions ont aussi leurs crises. Celles qui ne
subissent
T
point de crises, sont chroniques ou habituelles
45
.
Les crises des passions se font par des éruptions, des diarrhées, les sueurs, des défaillances, les larmes, par le frisson, le
tremblement, la transpiration: rapport des maladies réelles et des
passions, soit tristes, soit gaies*.
U
*effets extraordinaires et guérisons singulières de quelques passions,
voyez la note page 149. Ci-après*: cette note doit être reportée ici.
Note de la page 136 v°.
*
46V
Une femme jalouse de son mari et de sa femme de chambre tombe dans
un état de corps et d’esprit déplorable: elle était au bain lorsqu’on lui annonça
T point du tout de crises...
45 Cf. Bordeu, Recherches sur les pouls cit. (supra, note 42) et les Recherches sur les maladies chroniques […] et l’analyse médicinale du sang, Paris,
1775; Diderot relate précisément la conception du montpelliérain, en élargissant la notion de « maladie chronique » aux passions sans crises; cf. aussi Enc.,
IV, pp. 471b-472a, article « Crise »: « Les efforts et les excrétions sont proprement la crise; elle n’est, à proprement parler, qu’un redoublement ou un accès
extraordinaire, qui termine la maladie d’une façon ou d’autre. La crise se fait ou
elle finit par un transport de matière d’une partie à l’autre, ou par une excrétion;
ce qui établit deux différentes espèces de crises. Les crises diffèrent encore en
tant qu’elles sont bonnes ou mauvaises, parfaites ou imparfaites, sûres ou dangereuses. Les bonnes crises sont celles qui font au moins espérer que le malade
se rétablira; et les mauvaises, celles qui augmentent le danger. Les crises parfaites sont celles qui enlèvent, qui évacuent ou qui transportent toute la matière
morbifique (voyez Coction); et les imparfaites, celles qui ne l’enlèvent qu’en
partie. Enfin la crise sûre ou assurée, est celle qui se fait sans danger; et la dangereuse est celle dans laquelle le malade risque beaucoup de succomber dans
l’effort de la crise même. On pourrait encore ajouter à toutes ces espèces de
crises, l’insensible, appelée solution par quelques auteurs, et qui est celle dans
laquelle la matière morbifique se dissipe peu à peu. Chaque espèce de crise a
des signes particuliers, et qui sont différents, suivant que la crise doit se faire par
les voies de la sueur, par celles des urines, par les selles, par les crachats, ou par
hémorragie; c’est à la faveur de ces signes que le médecin peut juger du lieu que
la nature a choisi pour la crise».
U *effets... page 136 v° aj. V.
46 Cf. G. Zimmermann, Traité de l’expérience en général et en particulier
dans l’art de guérir […] Traduit de l’allemand par M. Le Febvre de V*, 3 vol.,
Paris, 1774 [1763
1 ]. Commence ici une suite de considérations sur l’« amour
322
PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 322
Il y a la fièvre des passions, comme la fièvre physique, toutes
deux se manifestent au pouls.
Je crois que les passions ont aussi leurs crises. Celles qui ne
subissent
T
point de crises, sont chroniques ou habituelles
45
.
Les crises des passions se font par des éruptions, des diarrhées, les sueurs, des défaillances, les larmes, par le frisson, le
tremblement, la transpiration: rapport des maladies réelles et des
passions, soit tristes, soit gaies*.
U
*effets extraordinaires et guérisons singulières de quelques passions,
voyez la note page 149. Ci-après*: cette note doit être reportée ici.
Note de la page 136 v°.
*
46V
Une femme jalouse de son mari et de sa femme de chambre tombe dans
un état de corps et d’esprit déplorable: elle était au bain lorsqu’on lui annonça
T point du tout de crises...
45 Cf. Bordeu, Recherches sur les pouls cit. (supra, note 42) et les Recherches sur les maladies chroniques […] et l’analyse médicinale du sang, Paris,
1775; Diderot relate précisément la conception du montpelliérain, en élargissant la notion de « maladie chronique » aux passions sans crises; cf. aussi Enc.,
IV, pp. 471b-472a, article « Crise »: « Les efforts et les excrétions sont proprement la crise; elle n’est, à proprement parler, qu’un redoublement ou un accès
extraordinaire, qui termine la maladie d’une façon ou d’autre. La crise se fait ou
elle finit par un transport de matière d’une partie à l’autre, ou par une excrétion;
ce qui établit deux différentes espèces de crises. Les crises diffèrent encore en
tant qu’elles sont bonnes ou mauvaises, parfaites ou imparfaites, sûres ou dangereuses. Les bonnes crises sont celles qui font au moins espérer que le malade
se rétablira; et les mauvaises, celles qui augmentent le danger. Les crises parfaites sont celles qui enlèvent, qui évacuent ou qui transportent toute la matière
morbifique (voyez Coction); et les imparfaites, celles qui ne l’enlèvent qu’en
partie. Enfin la crise sûre ou assurée, est celle qui se fait sans danger; et la dangereuse est celle dans laquelle le malade risque beaucoup de succomber dans
l’effort de la crise même. On pourrait encore ajouter à toutes ces espèces de
crises, l’insensible, appelée solution par quelques auteurs, et qui est celle dans
laquelle la matière morbifique se dissipe peu à peu. Chaque espèce de crise a
des signes particuliers, et qui sont différents, suivant que la crise doit se faire par
les voies de la sueur, par celles des urines, par les selles, par les crachats, ou par
hémorragie; c’est à la faveur de ces signes que le médecin peut juger du lieu que
la nature a choisi pour la crise».
U *effets... page 136 v° aj. V.
46 Cf. G. Zimmermann, Traité de l’expérience en général et en particulier
dans l’art de guérir […] Traduit de l’allemand par M. Le Febvre de V*, 3 vol.,
Paris, 1774 [1763
1 ]. Commence ici une suite de considérations sur l’« amour
322
PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 322
