L’on dit que le désir naît de la volonté; c’est le contraire; c’est
du désir que naît la volonté. Le désir est fils de l’organisation, le
bonheur et le malheur, fils
W
du bien-être ou du mal-être. On veut
être heureux.
Chap. VII
Passions
38
Il n’y a qu’une
X
seule passion, celle d’être heureux
39
. Elle
quelque réminiscence du passé, de quelque passion, de quelque projet dans
l’avenir. Après cela je ne vous dirai de la liberté qu’un mot, c’est que la dernière
de nos actions est l’effet nécessaire d’une cause une: nous, très compliquée,
mais une »; cf. aussi Observations sur Hemsterhuis cit., p. 721 et d’abord Enc.
I, pp. 470b-471a, article «Animal […] Nous existons donc sans savoir comment; et nous pensons sans savoir pourquoi. Cette proposition me paraît évidente; mais on peut observer, quant à la seconde partie, que l’âme est sujette à
une sorte d’inertie, en conséquence de laquelle elle resterait perpétuellement
appliquée à la même pensée, peut être à la même idée, si elle n’en était tirée par
quelque chose d’extérieur à elle qui l’avertit, sans toutefois prévaloir sur sa
liberté. C’est par cette dernière faculté qu’elle s’arrête ou qu’elle passe légèrement d’une contemplation à une autre. Lorsque l’exercice de cette faculté cesse,
elle reste fixée sur la même contemplation ; et tel est peut-être l’état de celui qui
s’endort, de celui même qui dort, et de celui qui médite très profondément. S’il
arrive à ce dernier de parcourir successivement différents objets, ce n’est point
par un acte de sa volonté que cette succession s’exécute, c’est la liaison des
objets mêmes qui l’entraîne; et je ne connais rien d’aussi machinal que
l’homme absorbé dans une méditation profonde, si ce n’est l’homme plongé
dans un profond sommeil».
W du bien-être et du mal-être.
38 Cf. Buffon, Histoire naturellle cit., vol. II, pp. 528-537: « De l’âge viril.
Description de l’Homme » et Planche VIII; cf. aussi Pensées philosophiques
(1746), dans OP, pp. 9-11, pensées 1-5 sur les passions.
X seule aj. V.
39 Cette idée a ses racines dans plusieurs sources modernes, avant tout Spinoza, Ethica more geometrico demonstrata, dans Œuvres complètes cit., Partie
IV, prop. XVIII: «Le désir qui naît de la joie est plus fort, toutes choses égales
d’ailleurs, que le désir qui naît de la tristesse », p. 505: « Que le fondement de la
vertu est l’effort même pour conserver son être propre, et que le bonheur
consiste pour l’homme à pouvoir conserver son être », mais Diderot ne semble
pas s’être inspiré directement de Spinoza; ensuite, les moralistes français, en
partant de Montaigne, Essais cit., livre I, chap. XX: «Que Philosopher c’est
apprendre à mourir », p. 156: « C’est que toute la sagesse et discours du monde se
résout en fin à ce point, de nous apprendre à ne craindre point a mourir. De vrai,
ou la raison se moque, ou elle ne doit viser qu’à notre contentement, et tout
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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