c’est de donner du secours: les autres mouvements des bras, du
corps, des mains, de la voix, sont des effets de la sympathie des
membres ou de l’habitude. La volonté n’y a certainement
N
aucune part.
Action volontaire, action involontaire. Celle qu’on appelle
volontaire ne l’est pas plus que l’autre, la cause en est seulement
reculée
O
d’un cran. Dans l’action volontaire, le cerveau est en
action, dans l’involontaire, le cerveau est passif et le reste agit.
P
Voilà toute la différence.
Q
Expliquons nettement ce qu’il y a de vrai dans la distinction
des mouvements volontaires et des mouvements involontaires.
R
S’il y a de la liberté, c’est dans l’ignorant. Si entre deux
choses à faire on n’a nul motif de préférence, c’est alors qu’on
fait
S
celle qu’on veut, qu’on veut sans cause; cet homme est
l’homme abstrait et non pas l’homme réel.
Deux philosophes disputent sans s’entendre, par exemple, sur
la liberté de l’homme. L’un dit, l’homme est libre, je le sens.
L’autre dit, l’homme n’est pas libre, je le sens. Le premier parle
de l’homme abstrait, de l’homme qui n’est mû par aucun motif,
de l’homme qui n’existe que dans le sommeil, ou dans l’entendement du disputeur. L’autre parle de l’homme réel, agissant,
occupé et mû.
Histoire expérimentale de celui-ci. Je le suis et je l’examine;
c’était un géomètre. Il s’éveille: tout en rouvrant les yeux, il se
remet à la solution du problème qu’il avait entamé la veille; il
prend sa robe de chambre, il s’habille, sans savoir ce qu’il fait; il
se met à table, il prend sa règle et son compas; il trace des lignes:
il écrit des équations, il combine, il calcule, sans savoir ce qu’il
fait. Sa pendule sonne; il regarde l’heure qu’il est; il se hâte
d’écrire plusieurs lettres qui doivent partir par la poste du jour.
N aucune part. Penser. Action volontaire…
O FNR: reculée d’un cran, car on ne veut pas de soi-même; la volonté est
l’effet d’une cause qui la meut et la détermine. Dans la volontaire le cerveau…
(p. 260, l. 22, à p. 261, l. 3; AT, 375).
P voilà… différence aj. V.
Q MOUVEMENTS. MOUVEMENTS VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES. Expliquons
[…] dans cette distinction…
R LIBERTÉ. S’il y a de la liberté…
S celle qu’on veut. DE L’HOMME ABSTRAIT ET DE L’HOMME RÉEL. Deux philosophes…
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
315
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 315
corps, des mains, de la voix, sont des effets de la sympathie des
membres ou de l’habitude. La volonté n’y a certainement
N
aucune part.
Action volontaire, action involontaire. Celle qu’on appelle
volontaire ne l’est pas plus que l’autre, la cause en est seulement
reculée
O
d’un cran. Dans l’action volontaire, le cerveau est en
action, dans l’involontaire, le cerveau est passif et le reste agit.
P
Voilà toute la différence.
Q
Expliquons nettement ce qu’il y a de vrai dans la distinction
des mouvements volontaires et des mouvements involontaires.
R
S’il y a de la liberté, c’est dans l’ignorant. Si entre deux
choses à faire on n’a nul motif de préférence, c’est alors qu’on
fait
S
celle qu’on veut, qu’on veut sans cause; cet homme est
l’homme abstrait et non pas l’homme réel.
Deux philosophes disputent sans s’entendre, par exemple, sur
la liberté de l’homme. L’un dit, l’homme est libre, je le sens.
L’autre dit, l’homme n’est pas libre, je le sens. Le premier parle
de l’homme abstrait, de l’homme qui n’est mû par aucun motif,
de l’homme qui n’existe que dans le sommeil, ou dans l’entendement du disputeur. L’autre parle de l’homme réel, agissant,
occupé et mû.
Histoire expérimentale de celui-ci. Je le suis et je l’examine;
c’était un géomètre. Il s’éveille: tout en rouvrant les yeux, il se
remet à la solution du problème qu’il avait entamé la veille; il
prend sa robe de chambre, il s’habille, sans savoir ce qu’il fait; il
se met à table, il prend sa règle et son compas; il trace des lignes:
il écrit des équations, il combine, il calcule, sans savoir ce qu’il
fait. Sa pendule sonne; il regarde l’heure qu’il est; il se hâte
d’écrire plusieurs lettres qui doivent partir par la poste du jour.
N aucune part. Penser. Action volontaire…
O FNR: reculée d’un cran, car on ne veut pas de soi-même; la volonté est
l’effet d’une cause qui la meut et la détermine. Dans la volontaire le cerveau…
(p. 260, l. 22, à p. 261, l. 3; AT, 375).
P voilà… différence aj. V.
Q MOUVEMENTS. MOUVEMENTS VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES. Expliquons
[…] dans cette distinction…
R LIBERTÉ. S’il y a de la liberté…
S celle qu’on veut. DE L’HOMME ABSTRAIT ET DE L’HOMME RÉEL. Deux philosophes…
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