tion suit la sensation, ce sont deux fonctions du cerveau; elles
sont corporelles.
La volonté est l’effet d’une cause qui la meut et la détermine;
un
E
acte de volonté sans cause est une chimère. Rien ne se fait par
saut dans la nature; tout y est liée. L’animal, l’homme, tout être
est soumis à cette loi générale.
F
La douleur, le plaisir, la sensibilité, les passions, le bien ou le
malaise, les besoins, les appétits, les sensations intérieures et
extérieures, l’habitude
G
, l’imagination, l’instinct, l’action propre
des organes, commandent à la machine et lui commandent involontairement. Qu’est-ce en effet que la volonté, abstraction faite
de toutes ces causes? Rien.
Je veux, n’est qu’un mot,
H
examinez-le bien et vous ne trouverez jamais qu’impulsion, conscience et acquiescement: impulsion involontaire, conscience ou aséité
I
, acquiescement ou
L
attrait
senti.
Je réfléchis et je marche: le premier pas est une action volontaire, mais les autres pas se font sans qu’on y pense. Je veux
secourir et je vais; il n’y a là qu’une seule
M action de ma volonté,
E acte de la volonté […] une chimère. On a dit que rien se fait…; tout… lié
aj. V.
F VOLONTÉ. La douleur…
G les habitudes
H SP: examinez-le bien om. V.
I SP et V: ascité; AT corr. aséité [« existence par soi-même; terme de scolastique. Se dit de Dieu et, dans les systèmes matérialistes, de la matière » (AT,
IX, p. 375). Dans la philosophie tomiste, c’est le fait de tenir son existence de
soi-même; telle est la nature de Dieu: elle implique la nécessité de ne pas
confondre l’aséité et la substantialité; une substance crée est relative et même
illusoire au regard de Dieu ou de l’Infini ou, pour le matérialiste athée, de la
Matière, l’unique Réalité, car elle ne possède pas en soi-même la raison et le
principe de sa propre existence. Aséité de a se, ce qui ne doit son existence qu’à
lui-même. L’ego, par exemple, est une illusion d’aséité, à la fois l’illusionné et
l’illusion. C’est une notion typique de la scolastique de St. Anselme d’Aoste,
qui considérait l’existence de Dieu comme étant constitutive de son essence.
Chez Descartes (Principia philosophiæ) et Spinoza l’aséité est caractéristique
de la substance; chez l’athée Meslier elle devient un connoté propre de la
matière éternelle. Dans ce contexte, l’aséité prétendue de la conscience est l’expression du caractère illusoire de la volonté: « je veux, n’est qu’un mot…»].
L attrait senti. Marcher. Je réfléchis […] est certainement une action volontaire […] sans que j’y pense.
M seule aj. V.
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PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 314
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