Il y a bien de l’affinité entre le rêve, le délire et la folie. Celui
qui persisterait dans
Z
l’un des premiers serait fou.
Délire raisonné et rêve suivi, c’est la même chose. Il n’y a de
différence que dans la cause et dans la durée. Le passage de la
veille au sommeil est toujours un petit délire.
Au sortir d’un profond sommeil ou d’une forte méditation on
ne sait ce qu’on est, où l’on est. C’est le ressouvenir des choses
passées qui nous rend à nous.
D’où naît le réveil naturel? Des fibrilles reposées qui s’agitent
d’elles-mêmes par besoin, par sensibilité, par bien-aise, par
malaise etc. Elles vivent:
A
par habitude, réveil à la même heure.
Le bâillement soulage le poumon;
B il est occasionné par
<…>
36
.
Chap. VI
C Volonté
La volonté n’est pas moins mécanique que
D
l’entendement.
La volition précède l’action des fibres musculaires: mais la voliqui la calme. Ils cherchent la solitude; ils pleurent; le silence des Cloîtres les
touche; l’image de la paix qui semble régner dans les maisons religieuses les
séduit. Ils prennent pour la voix de Dieu qui les appelle à lui les premiers efforts
d’un tempérament qui se développe: et c’est précisément lorsque la nature les
sollicite, qu’ils embrassent un genre de vie contraire au voeu de la nature. L’erreur ne dure pas; l’expression de la nature devient plus claire; on la reconnaît,
et l’être séquestré tombe dans les regrets, la langueur, les vapeurs, la folie ou le
désespoir... Tel fut le préambule du marquis des Arcis. Dégoûté du monde à
l’âge de dix-sept ans, Richard (c’est le nom de mon secrétaire) se sauva de la
maison paternelle et prit l’habit de prémontré.» Diderot raconte ici sa propre
expérience de jeune adolescent, tonsuré à Langres: Wilson, Diderot cit., pp. 1819ss. et le témoignage de sa fille Angélique, DPV, I, p. 37: « Il fut cependant
dévot pendant quatre ou cinq mois; dans le temps qu’il faisait ses études et qu’il
voulait entrer aux Jésuites, il jeûnait, portait un cilice et couchait sur la paille.
Cette fantaisie vint un matin et disparut avec la même vitesse ».
Z l’un des deux premiers…
A par habitude… heure. aj. V.
B il est… par aj. V [phrase inachevée].
36 Ce chapitre se termine sur une phrase inachevée.
C PASSIONS. VOLONTÉ. LIBERTÉ.
D l’entendement. SENSATIONS. La sensation et la volition qui la suit sont corporelles; ce sont deux fonctions du cerveau. La volition précède l’action des
fibres musculaires.
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 313
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