l’homme qui veille sait où il est; s’il est égaré dans une forêt, il
sait qu’il est dans une forêt et qu’il est égaré et cela est toujours
vrai.
L’amant qui pense à sa maîtresse, phénomènes qui s’ensuivent; le vindicatif qui pense à son ennemi, phénomènes qui s’ensuivent; ces phénomènes établissent nettement l’action de
l’entendement sur les organes, le mouvement des organes et leur
action sur l’entendement. Cette action et cette réaction montrent
une conformité entre
P
la veille et le rêve.
Le sommeil naît ou de la lassitude, ou de la maladie, ou de
l’habitude. Il faut y faire entrer la volonté particulière des
organes, de l’estomac, par exemple, volonté à laquelle les autres
organes se sont assujettis par habitude.
Nous appelons le sommeil en fermant les yeux. La nuit ou la
privation de lumière amène
Q
le sommeil: le soleil disparaît et tout
dort: le soleil reparaît et tout s’éveille. La nuit est le temps du
sommeil pour l’homme et pour les animaux. Elle se fait dans
l’entendement, ainsi que dans la nature.
R
Les fonctions intellectuelles sont suspendues, pendant le
sommeil, non pas les vitales
34
.
P FNR: la veille et le rêve. Comparer un son que j’ai entendu avec un son
présent. Bignicourt. L’abbé Poulle. Salive à la bouche. (p. 240, l. 17-20; AT,
366). [Simon Bignicourt est l’auteur des Pensées diverses et réflexions philosophiques propres à former l’esprit et le cœur, Londres-Paris, 1755, dont Diderot
rend compte dans un article (AT, IV, p. 90) et de l’ouvrage L’homme de lettres et
l’homme du monde, Orléans, 1774. L’abbé J. Poulle, était un prédicateur
brillant, le dernier des grands orateurs chrétien de l’époque des Lumières, qui a
mérité d’être comparé au célèbre Jean-Baptiste Massillon (1663-1742), évêque
de Clermont; né en 1703, il meurt en 1781. Ses Sermons ne furent publiés à
Paris qu’en 1778. Prédicateur du roi et abbé commanditaire de Nogent, né à
Avignon avec une heureuse imagination, Poulle cultiva très tôt la poésie et l’éloquence. Ses deux chefs-d’œuvre sont le sermon « Sur la parole de Dieu » et celui
« Sur l’aumône ». Fort paresseux, il ne composa plus aucun prêche lorsqu’il fut
pourvu d’une abbaye. Ce qui fit dire à Louis XV: « Quand les poules sont grasses,
elles ne pondent plus !». Il est possible que Diderot ait eu l’intention de comparer ici l’impression qu’il avait ressentie autrefois en écoutant l’orateur et celle
qui résultait de la lecture de ces mêmes sermons depuis longtemps oubliés].
Q le sommeil ou la torpeur de l’origine des filets. Le soleil…
R Les fonctions animales ou intellectuelles suspendues pendant le sommeil; les vitales, non.
34 On ne trouve pas cette assertion chez Barthez, Nouveaux éléments cit.,
vol. I, chap. VIII.
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
311
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 311
sait qu’il est dans une forêt et qu’il est égaré et cela est toujours
vrai.
L’amant qui pense à sa maîtresse, phénomènes qui s’ensuivent; le vindicatif qui pense à son ennemi, phénomènes qui s’ensuivent; ces phénomènes établissent nettement l’action de
l’entendement sur les organes, le mouvement des organes et leur
action sur l’entendement. Cette action et cette réaction montrent
une conformité entre
P
la veille et le rêve.
Le sommeil naît ou de la lassitude, ou de la maladie, ou de
l’habitude. Il faut y faire entrer la volonté particulière des
organes, de l’estomac, par exemple, volonté à laquelle les autres
organes se sont assujettis par habitude.
Nous appelons le sommeil en fermant les yeux. La nuit ou la
privation de lumière amène
Q
le sommeil: le soleil disparaît et tout
dort: le soleil reparaît et tout s’éveille. La nuit est le temps du
sommeil pour l’homme et pour les animaux. Elle se fait dans
l’entendement, ainsi que dans la nature.
R
Les fonctions intellectuelles sont suspendues, pendant le
sommeil, non pas les vitales
34
.
P FNR: la veille et le rêve. Comparer un son que j’ai entendu avec un son
présent. Bignicourt. L’abbé Poulle. Salive à la bouche. (p. 240, l. 17-20; AT,
366). [Simon Bignicourt est l’auteur des Pensées diverses et réflexions philosophiques propres à former l’esprit et le cœur, Londres-Paris, 1755, dont Diderot
rend compte dans un article (AT, IV, p. 90) et de l’ouvrage L’homme de lettres et
l’homme du monde, Orléans, 1774. L’abbé J. Poulle, était un prédicateur
brillant, le dernier des grands orateurs chrétien de l’époque des Lumières, qui a
mérité d’être comparé au célèbre Jean-Baptiste Massillon (1663-1742), évêque
de Clermont; né en 1703, il meurt en 1781. Ses Sermons ne furent publiés à
Paris qu’en 1778. Prédicateur du roi et abbé commanditaire de Nogent, né à
Avignon avec une heureuse imagination, Poulle cultiva très tôt la poésie et l’éloquence. Ses deux chefs-d’œuvre sont le sermon « Sur la parole de Dieu » et celui
« Sur l’aumône ». Fort paresseux, il ne composa plus aucun prêche lorsqu’il fut
pourvu d’une abbaye. Ce qui fit dire à Louis XV: « Quand les poules sont grasses,
elles ne pondent plus !». Il est possible que Diderot ait eu l’intention de comparer ici l’impression qu’il avait ressentie autrefois en écoutant l’orateur et celle
qui résultait de la lecture de ces mêmes sermons depuis longtemps oubliés].
Q le sommeil ou la torpeur de l’origine des filets. Le soleil…
R Les fonctions animales ou intellectuelles suspendues pendant le sommeil; les vitales, non.
34 On ne trouve pas cette assertion chez Barthez, Nouveaux éléments cit.,
vol. I, chap. VIII.
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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