tion se porte sur toute l’image, votre perception est louche, troublée
R
, vague, mais suffit à votre raisonnement, bon ou mauvais,
sur l’arbre entier.
Les erreurs
S
sur les objets sont faciles. Il n’y a qu’un moyen de
connaître la vérité, c’est de ne procéder que par partie et de ne
conclure qu’après une énumération exacte
T
et entière; et encore
ce moyen n’est-il pas infaillible; la vérité peut tenir tellement à
l’image totale, qu’on ne puisse ni affirmer, ni nier d’après le
détail le plus rigoureux des parties.
Un effet produit en nature, ou en nous involontairement,
ramène une longue suite d’idées. La raison a cela de commun
avec la folie,
U
c’est que ses phénomènes ont lieu dans l’un et
l’autre état, avec cette différence que l’homme de sens ne prend
pas ce qui se passe dans sa tête pour la scène du monde, et que le
fou s’y trompe. Il croit que ce qui lui paraît, que
V
ce qu’il désire
est, existe réellement. La marche de l’esprit n’est donc qu’une
série d’expériences.
W
Suspendre son jugement, qu’est-ce? Attendre l’expérience.
X
Le raisonnement se fait par des identités successives: Discursus series identificationum
15
.
R trouble
S sur les objets entiers sont faciles. […] de procéder par parties et de ne
conclure…
T et entière aj. V.
U c’est que ces deux phénomènes […] et dans l’autre, avec cette différence…
V ce qu’il désire est. La marche de l’esprit est donc une série d’expériences.
W JUGEMENT. Suspendre…
X LOGIQUE. Le raisonnement…
15 « Le discours se réalise par séries d’identités »; cf. G. W. Leibniz, Sämtliche Schriften und Briefe, Berlin, Akademie-Ausgabe, 1990, Reihe VI, Bd. 1,
pp. 14 et 535; Bd. 3, pp. 175 et 642; Bd. 4, pp. 8-12, 42-43, 1010; Observations
sur la «Lettre sur l’homme et ses rapports» d’Hemsterhuis», dans OD, I, pp.
700-701: «Voulez vous savoir mon mot: discursus est series identificationum.
Plus la série est longue, plus le circuit des identifications est compliqué; plus il
est rapide, plus l’intelligence est parfaite […]. Quant à la manière d’instituer la
série, et d’arriver prestement à une conclusion: affaire d’organisation, de
mémoire, d’imagination; affaire d’habitude, d’expérience. Et c’est ainsi que le
temps et l’opiniâtreté équivalent au génie ». Sur l’« énumération exacte et
entière », cf. R. Descartes, Discours de la méthode, dans Œuvres cit., vol. VI,
pp. 18-19.
290
PARTIE III
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R
, vague, mais suffit à votre raisonnement, bon ou mauvais,
sur l’arbre entier.
Les erreurs
S
sur les objets sont faciles. Il n’y a qu’un moyen de
connaître la vérité, c’est de ne procéder que par partie et de ne
conclure qu’après une énumération exacte
T
et entière; et encore
ce moyen n’est-il pas infaillible; la vérité peut tenir tellement à
l’image totale, qu’on ne puisse ni affirmer, ni nier d’après le
détail le plus rigoureux des parties.
Un effet produit en nature, ou en nous involontairement,
ramène une longue suite d’idées. La raison a cela de commun
avec la folie,
U
c’est que ses phénomènes ont lieu dans l’un et
l’autre état, avec cette différence que l’homme de sens ne prend
pas ce qui se passe dans sa tête pour la scène du monde, et que le
fou s’y trompe. Il croit que ce qui lui paraît, que
V
ce qu’il désire
est, existe réellement. La marche de l’esprit n’est donc qu’une
série d’expériences.
W
Suspendre son jugement, qu’est-ce? Attendre l’expérience.
X
Le raisonnement se fait par des identités successives: Discursus series identificationum
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R trouble
S sur les objets entiers sont faciles. […] de procéder par parties et de ne
conclure…
T et entière aj. V.
U c’est que ces deux phénomènes […] et dans l’autre, avec cette différence…
V ce qu’il désire est. La marche de l’esprit est donc une série d’expériences.
W JUGEMENT. Suspendre…
X LOGIQUE. Le raisonnement…
15 « Le discours se réalise par séries d’identités »; cf. G. W. Leibniz, Sämtliche Schriften und Briefe, Berlin, Akademie-Ausgabe, 1990, Reihe VI, Bd. 1,
pp. 14 et 535; Bd. 3, pp. 175 et 642; Bd. 4, pp. 8-12, 42-43, 1010; Observations
sur la «Lettre sur l’homme et ses rapports» d’Hemsterhuis», dans OD, I, pp.
700-701: «Voulez vous savoir mon mot: discursus est series identificationum.
Plus la série est longue, plus le circuit des identifications est compliqué; plus il
est rapide, plus l’intelligence est parfaite […]. Quant à la manière d’instituer la
série, et d’arriver prestement à une conclusion: affaire d’organisation, de
mémoire, d’imagination; affaire d’habitude, d’expérience. Et c’est ainsi que le
temps et l’opiniâtreté équivalent au génie ». Sur l’« énumération exacte et
entière », cf. R. Descartes, Discours de la méthode, dans Œuvres cit., vol. VI,
pp. 18-19.
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