ou touchées. Par exemple, on voit un arbre et le mot arbre est
inventé. On ne voit point un arbre
M
sans voir immédiatement et
très constamment ensemble des branches, des feuilles, des fleurs,
une écorce, des nœuds, un tronc, des racines et voilà qu’aussitôt
que le mot arbre est inventé,
N
d’autres signes s’inventent, s’enchaînent et s’ordonnent. De là, une suite de sensations, d’idées et
de mots liés et suivis. On regarde et l’on flaire un œillet et l’on en
reçoit une odeur, forte ou faible, agréable ou déplaisante; et voilà
une autre série de sensations, d’idées et de mots. De là naît la
faculté de juger, de raisonner, de parler, quoiqu’on ne puisse pas
s’occuper de deux choses à la fois.
Le type de nos raisonnements les plus étendus, leur liaison,
leur conséquence est nécessaire, dans notre entendement, comme
l’enchaînement, la liaison des effets, des causes, des objets, des
qualités des objets l’est dans
O
la nature.
On ne sépare pas, sans conséquence pour le jugement, les
objets dont l’enchaînement existe en nature. On ne les conjoint
pas sans bizarrerie. Si faute
P
d’expérience les phénomènes ne
s’enchaînent pas, si faute de mémoire ils ne peuvent s’enchaîner,
si par la perte de la mémoire ils se décousent, l’homme paraît fou.
Il en est de même si la passion fixe sur un seul phénomène, si la
passion les disjoint ou si elle les conjoint. L’enfant paraît fou,
faute d’expérience; le vieillard paraît stupide, faute de mémoire,
le vieillard violent paraît fou.
Q
Bon jugement, bon raisonnement suppose l’état de santé, ou
la privation du malaise et de douleur, d’intérêt et de passion.
L’expérience journalière des phénomènes forme la suite des
idées, des sensations, des raisonnements, des sons. Il s’y mêle
une opération propre à la faculté d’imaginer. Vous imaginez un
arbre. L’image en est une dans votre entendement; si votre attenM sans voir très immédiatement…
N d’autre signes qui s’inventent, […] et s’ordonnent, une suite de sensations…
O la nature. Il y a dans la nature un enchaînement naturel d’objets, ils sont
conjoints, on ne les sépare pas sans conséquence pour le jugement; on ne les
conjoints pas…
P d’expérience ces phénomènes […] si par perte de mémoire ils se décousent; l’homme paraît fou. Si la passion fixe sur un seul phénomène, de même.
Si la passion les disjoint, de même. Si elle les conjoint, de même.
Q Bon raisonnement, bon jugement suppose […] privation de malaise…
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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inventé. On ne voit point un arbre
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sans voir immédiatement et
très constamment ensemble des branches, des feuilles, des fleurs,
une écorce, des nœuds, un tronc, des racines et voilà qu’aussitôt
que le mot arbre est inventé,
N
d’autres signes s’inventent, s’enchaînent et s’ordonnent. De là, une suite de sensations, d’idées et
de mots liés et suivis. On regarde et l’on flaire un œillet et l’on en
reçoit une odeur, forte ou faible, agréable ou déplaisante; et voilà
une autre série de sensations, d’idées et de mots. De là naît la
faculté de juger, de raisonner, de parler, quoiqu’on ne puisse pas
s’occuper de deux choses à la fois.
Le type de nos raisonnements les plus étendus, leur liaison,
leur conséquence est nécessaire, dans notre entendement, comme
l’enchaînement, la liaison des effets, des causes, des objets, des
qualités des objets l’est dans
O
la nature.
On ne sépare pas, sans conséquence pour le jugement, les
objets dont l’enchaînement existe en nature. On ne les conjoint
pas sans bizarrerie. Si faute
P
d’expérience les phénomènes ne
s’enchaînent pas, si faute de mémoire ils ne peuvent s’enchaîner,
si par la perte de la mémoire ils se décousent, l’homme paraît fou.
Il en est de même si la passion fixe sur un seul phénomène, si la
passion les disjoint ou si elle les conjoint. L’enfant paraît fou,
faute d’expérience; le vieillard paraît stupide, faute de mémoire,
le vieillard violent paraît fou.
Q
Bon jugement, bon raisonnement suppose l’état de santé, ou
la privation du malaise et de douleur, d’intérêt et de passion.
L’expérience journalière des phénomènes forme la suite des
idées, des sensations, des raisonnements, des sons. Il s’y mêle
une opération propre à la faculté d’imaginer. Vous imaginez un
arbre. L’image en est une dans votre entendement; si votre attenM sans voir très immédiatement…
N d’autre signes qui s’inventent, […] et s’ordonnent, une suite de sensations…
O la nature. Il y a dans la nature un enchaînement naturel d’objets, ils sont
conjoints, on ne les sépare pas sans conséquence pour le jugement; on ne les
conjoints pas…
P d’expérience ces phénomènes […] si par perte de mémoire ils se décousent; l’homme paraît fou. Si la passion fixe sur un seul phénomène, de même.
Si la passion les disjoint, de même. Si elle les conjoint, de même.
Q Bon raisonnement, bon jugement suppose […] privation de malaise…
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