l’arbre; mais les expériences ne se liant point les unes aux autres,
on n’aura point
F
la notion précise d’un arbre.
Pour avoir cette notion exacte et des parties et de l’ensemble,
il faut que l’imagination peigne le tout dans l’entendement et que
j’en éprouve la sensation, comme si l’arbre était présent; et si
l’on examine bien ce qui se passe dans l’entendement, lorsqu’on
veut apercevoir l’arbre en entier, l’on procède au-dedans de soi,
comme on a procédé au-dehors, par champs plus ou moins étendus, qui empiètent successivement
G
les uns sur les autres, ou
qu’on parcourt avec une extrême rapidité, une rapidité si grande
qu’on se persuade qu’on voit en dedans tout l’arbre à la fois,
comme on se persuade qu’on l’a vu tout entier à la fois hors de
soi, ce qui n’est vrai ni dans l’un, ni dans l’autre cas.
Il faut commencer par ceci. Voir un objet et y attacher un son,
le son arbre; puis dire, entendre le mot arbre.
Voir un objet, en embrasser un champ, celui de l’œil, et procéder de l’extrémité des racines, de champ en champ, jusqu’au
sommet, attachant à chaque partie qui offre des formes très distinctes
H
les mots filaments, racines, tronc, écorce, branches, pédicules, feuilles, nervures, fleurs, fruits, puis le mot arbre, qui
comprend le tout, puis le même
I
mot répété.
C’est ainsi que toutes nos sensations sont composées; et s’il
est impossible que la sensation soit simple, il est impossible que
la pensée le soit: elle le devient par abstraction: mais cette abstraction est si prompte, si habituelle, que nous ne nous en apercevons pas; ce qui ajoute à notre erreur, ce sont les mots, qui tous
pour la plupart désignent
J une sensation simple.
K
La durée des sensations n’est pas moins certaine: elle est
prouvée par le tremblement des nerfs, des organes ou sens extérieurs, par l’éblouissement des yeux que frappe l’éclair, par les
ressouvenances accidentelles dans l’organe de l’ouïe, par la
F la notion précise d’une autre.
G les uns sur d’autres et qu’on parcoure avec une extrême…
H les mots filament […] fleurs et fruits…
I mot répété. Mais s’il est impossible que la sensation…; V: possible que la
sensation, corr. : impossible.
J V: dirigent, corr. SP: désignent.
K La durée des sensations est prouvée par l’éblouissement des yeux frappés
par l’éclair. Par les résonances accidentelles…
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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on n’aura point
F
la notion précise d’un arbre.
Pour avoir cette notion exacte et des parties et de l’ensemble,
il faut que l’imagination peigne le tout dans l’entendement et que
j’en éprouve la sensation, comme si l’arbre était présent; et si
l’on examine bien ce qui se passe dans l’entendement, lorsqu’on
veut apercevoir l’arbre en entier, l’on procède au-dedans de soi,
comme on a procédé au-dehors, par champs plus ou moins étendus, qui empiètent successivement
G
les uns sur les autres, ou
qu’on parcourt avec une extrême rapidité, une rapidité si grande
qu’on se persuade qu’on voit en dedans tout l’arbre à la fois,
comme on se persuade qu’on l’a vu tout entier à la fois hors de
soi, ce qui n’est vrai ni dans l’un, ni dans l’autre cas.
Il faut commencer par ceci. Voir un objet et y attacher un son,
le son arbre; puis dire, entendre le mot arbre.
Voir un objet, en embrasser un champ, celui de l’œil, et procéder de l’extrémité des racines, de champ en champ, jusqu’au
sommet, attachant à chaque partie qui offre des formes très distinctes
H
les mots filaments, racines, tronc, écorce, branches, pédicules, feuilles, nervures, fleurs, fruits, puis le mot arbre, qui
comprend le tout, puis le même
I
mot répété.
C’est ainsi que toutes nos sensations sont composées; et s’il
est impossible que la sensation soit simple, il est impossible que
la pensée le soit: elle le devient par abstraction: mais cette abstraction est si prompte, si habituelle, que nous ne nous en apercevons pas; ce qui ajoute à notre erreur, ce sont les mots, qui tous
pour la plupart désignent
J une sensation simple.
K
La durée des sensations n’est pas moins certaine: elle est
prouvée par le tremblement des nerfs, des organes ou sens extérieurs, par l’éblouissement des yeux que frappe l’éclair, par les
ressouvenances accidentelles dans l’organe de l’ouïe, par la
F la notion précise d’une autre.
G les uns sur d’autres et qu’on parcoure avec une extrême…
H les mots filament […] fleurs et fruits…
I mot répété. Mais s’il est impossible que la sensation…; V: possible que la
sensation, corr. : impossible.
J V: dirigent, corr. SP: désignent.
K La durée des sensations est prouvée par l’éblouissement des yeux frappés
par l’éclair. Par les résonances accidentelles…
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