voulu dire autre chose, sinon que c’est une puissance inconnue
qui fait tout cela dans l’homme; car qu’importe qu’on avoue
ignorer la cause de quelque action, ou qu’on la mette dans un être
imaginé dont on ne connaît ni l’existence, ni la nature, ni les
affections, ni la façon d’agir? Mais pour nous, nous connaissons
plusieurs causes mécaniques des fonctions du corps: nous
savons qu’elles dépendent toutes d’une infinité de causes physiques connues, tellement rassemblées en un tout, qu’elles forment la vie et la santé, la conservent et la rétablissent. Comment.
Boerh. Voyez VIE et SANTÉ. (Enc., I, p. 610a).
Ces causes physiques connues, en nombre « infini », seront le
motif d’intérêt majeur de Diderot dans les Parties I et II des Éléments. Plutôt que la recherche d’un prétendu « Principe Vital »,
qui était pourtant l’une des issues possibles suivie par les spéculations de certains vitalistes de Montpellier (P.-J. Barthez), Diderot se penchera sur le micro-mécanisme de Haller, à la recherche
des racines physiques, anatomiques, de ces propriétés essentielles – correspondant causalement aux fonctions anatomiques
in vivo – que les vitalistes eux-mêmes avaient découvertes: la
sensibilité et l’irritabilité. Ce sont les deux aspects d’un phénomène unique qui exhibe la spécificité et l’autonomie propres des
éléments vitaux. Il s’agit, de plus, d’une capacité de recevoir et de
percevoir des impressions venant des objets externes, et à la fois
d’une aptitude à produire des mouvements autonomes par rapport
à ceux-là. Les deux qualités – ou « forces vitales » – sont propres
à une même action physique des organes.
Un autre point de repère théorique des Éléments, bien connu,
est la physiologie organiciste de Th. de Bordeu (1722-1776). Le
montpelliérain n’a pas été choisi au hasard, par Diderot, comme
protagoniste du Rêve de D’Alembert et s’avère être le point théorique de conjonction des différents points de vue internes à l’Encyclopédie analysés jusqu’ici. Le premier point est la
convergence des perspectives de Tarin et de Bordeu avec celles
des autres montpelliérains sur la question de l’ordre des fonctions
organiques et des actions du corps. Les vitalistes insistaient sur
les aspects de la coordination, dynamique et toujours renouvelable, des rapports parmi les différents éléments du corps. La
notion théorique de « sympathie vitale » résumait cette conviction. Ménuret de Chambaud, dans l’article « Observation » relate
cette position de pensée médicale en renvoyant aux deux sources,
INTRODUCTION
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 27
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