parmi les principales du Diderot des Éléments: Maupertuis et
Bordeu, qui se trouveraient d’accord sur « ce point de vue lumineux » qui révèle a) l’interdépendance des organes et b) la nature
« fédérative » du corps organisé:
Les Médecins ou Philosophes qui ont étudié l’homme et qui ont
bien observé par eux mêmes, ont vu cette sympathie dans tous
les mouvements animaux, cet accord si constant et si nécessaire
dans le jeu des différentes parties les plus éloignées et les plus
disparates; ils ont vu aussi le dérangement qui résultait dans le
tout du désaccord sensible d’une seule partie. Un médecin
célèbre (M. de Bordeu) et un illustre physicien (M. de Maupertuis) se sont accordés à comparer l’homme envisagé sous ce
point de vue lumineux et philosophique à un group d’abeilles qui
font leurs efforts pour s’attacher à une branche d’arbre, on les
voit se presser, se soutenir mutuellement et former une espèce de
tout, dans lequel chaque partie vivante à sa manière, contribue
par la correspondance et la direction de ses mouvements à entretenir cette espèce de vie de tout le corps, si l’on peut appeler ainsi
une simple liaison d’actions. Le traité intitulé, recherches anatomiques sur la position et l’usage des glandes, où M. de Bordeu
donne cette comparaison composée en 1749, fut imprimé et
parut au commencement de 1751. La dissertation de M. de Maupertuis où il en est question, a été aussi imprimée à Erlang en
1751 sous ce titre (Enc. XI, pp. 318b-319a).
Ménuret est, avec Fouquet, l’un des premiers élèves de Bordeu (collaborateur lui-même de La Caze
39
), qu’il cite constamment dans l’Encyclopédie. Plusieurs articles des plus jeunes
montpelliérains sont le résultat de la leçon du médecin béarnais.
Bordeu, en effet n’écrira que deux mots – « Crises » et « Pouls »,
parmi les plus importants – mais plusieurs autres seront rédigés
grâce aux « matériaux » qu’offraient ses écrits
40
. Le titre exact de
son ouvrage mentionné par Ménuret est: Recherches anatomiques sur la position des glandes et sur leurs actions (Paris,
1751). C’est le texte plus célèbre, qui s’intéresse précisément à
39 Cf. R. Rey, Naissance et développement du vitalisme cit., p. 103: « La
Caze: l’homme de la rupture », avance l’hypothèse qu’il y ait « la patte » de Bordeu (et de Venel, plus jeunes) derrière la rédaction de certains œuvres de La
Caze, puissant académicien (supra, note 24); cf. aussi Kafker, op. cit., p. 45.
40 Cf. R. Mortier-R. Trousson (éds.), Dictionnaire de Diderot cit., pp. 8385: « Bordeu ».
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INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 28
Bordeu, qui se trouveraient d’accord sur « ce point de vue lumineux » qui révèle a) l’interdépendance des organes et b) la nature
« fédérative » du corps organisé:
Les Médecins ou Philosophes qui ont étudié l’homme et qui ont
bien observé par eux mêmes, ont vu cette sympathie dans tous
les mouvements animaux, cet accord si constant et si nécessaire
dans le jeu des différentes parties les plus éloignées et les plus
disparates; ils ont vu aussi le dérangement qui résultait dans le
tout du désaccord sensible d’une seule partie. Un médecin
célèbre (M. de Bordeu) et un illustre physicien (M. de Maupertuis) se sont accordés à comparer l’homme envisagé sous ce
point de vue lumineux et philosophique à un group d’abeilles qui
font leurs efforts pour s’attacher à une branche d’arbre, on les
voit se presser, se soutenir mutuellement et former une espèce de
tout, dans lequel chaque partie vivante à sa manière, contribue
par la correspondance et la direction de ses mouvements à entretenir cette espèce de vie de tout le corps, si l’on peut appeler ainsi
une simple liaison d’actions. Le traité intitulé, recherches anatomiques sur la position et l’usage des glandes, où M. de Bordeu
donne cette comparaison composée en 1749, fut imprimé et
parut au commencement de 1751. La dissertation de M. de Maupertuis où il en est question, a été aussi imprimée à Erlang en
1751 sous ce titre (Enc. XI, pp. 318b-319a).
Ménuret est, avec Fouquet, l’un des premiers élèves de Bordeu (collaborateur lui-même de La Caze
39
), qu’il cite constamment dans l’Encyclopédie. Plusieurs articles des plus jeunes
montpelliérains sont le résultat de la leçon du médecin béarnais.
Bordeu, en effet n’écrira que deux mots – « Crises » et « Pouls »,
parmi les plus importants – mais plusieurs autres seront rédigés
grâce aux « matériaux » qu’offraient ses écrits
40
. Le titre exact de
son ouvrage mentionné par Ménuret est: Recherches anatomiques sur la position des glandes et sur leurs actions (Paris,
1751). C’est le texte plus célèbre, qui s’intéresse précisément à
39 Cf. R. Rey, Naissance et développement du vitalisme cit., p. 103: « La
Caze: l’homme de la rupture », avance l’hypothèse qu’il y ait « la patte » de Bordeu (et de Venel, plus jeunes) derrière la rédaction de certains œuvres de La
Caze, puissant académicien (supra, note 24); cf. aussi Kafker, op. cit., p. 45.
40 Cf. R. Mortier-R. Trousson (éds.), Dictionnaire de Diderot cit., pp. 8385: « Bordeu ».
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INTRODUCTION
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