avec la leçon des vitalistes montpelliérains. La première, c’est la
question de l’âme dans son rapport aux « fonctions vitales » du
corps:
ARCHÉE, s. m. (Physiologie) ce mot signifie ancien dans sa
propre étymologie. Basile Valentin et autres Chimistes abusèrent
de ce mot qu’ils convertirent en den natur-knaben, appelant ainsi
le principe qui détermine chaque végétation en son espèce. Paracelse admit l’archée et Van Helmont voulut exprimer par là un
être qui ne fût ni l’esprit pensant, ni un corps grossier et vulgaire;
mais quelque être moyen qui dirigeât toutes les fonctions du
corps sain, guérit les maladies, dans lesquelles il erre, ou même
entre quelquefois en délire, etc. Ce qui a engagé ces Philosophes
à se forger ces hypothèses, c’est qu’ils ont vu que le corps
humain était construit avec un art si merveilleux et suivant les
lois d’une mécanique si déliée, qu’ils ont crû en conséquence
qu’un aussi grand nombre de fonctions, si subtilement enchaînées entre elles, ne pouvaient jamais se faire sans le secours de
quelque intelligence qui présidât à tout: mais ils ne voulurent
point accorder ce ministère à l’âme, parce qu’il leur semblait
qu’il s’ensuivait de là que nous eussions dû savoir ce qui se passe
au-dedans de nous-mêmes et pouvoir commander à toutes nos
fonctions, sans excepter celles qu’on nomme vitales. Cette opinion ne mérite pas d’être réfutée (Enc., I, p. 610a).
Tarin, en bon mécanicien, ne méconnaît pas les difficultés
d’une explication purement mécanico-géométrique de l’ensemble des fonctions vitales; mais il critique, finalement, la perspective animiste du médecin et chimiste flamand J.-B. van
Helmont (1577-1644). L’hypothèse antagoniste d’une « âme » à
la Stahl – comme cause immanente des actions de coordination
fonctionnelle des organes
38 – était intenable. Tarin considère qu’il
faudra inviter les naturalistes à chercher quelque autre source
d’« intelligence » non au-dehors de la machine elle-même, mais
dans un autre modèle explicatif interne au mécanisme. En effet,
Tarin conclut, en sceptique, à la nécessité de poursuivre les
recherches de ces causes physiques:
Je ne crois pas que Van Helmont ait été assez insensé pour croire
vrai tout ce qu’il a écrit sur son archée; et lorsqu’il dit que l’archée a faim ou soif, digère, choisit, expulse, etc. il n’a sans doute
38 Cf. F. Duchesneau, La Physiologie des Lumières cit., chap. I, pp. 1-31:
« G.E. Stahl: Antimécanisme et concept d’organisme ».
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INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 26
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