est servi pour rédiger le commentaire de ses Éléments
37
. L’apport
théorique personnel de Tarin n’est sans doute pas négligeable et il
n’est pas resté ignoré par Diderot lui-même en ce qui concerne la
conception « active » de l’être vivant que son collaborateur
expose, suivant l’inspiration de l’« Hippocrate de Leyde » (Boerhaave), à l’article « Action (Médecine)»:
Action, dans l’œconomie animale, c’est un mouvement ou un
changement produit dans tout le corps ou dans quelque partie et
qui diffère de la fonction en ce que celle-ci n’est qu’une faculté
de produire, au lieu que l’action est la faculté réduite en acte.
Boerhaave.
On distingue les actions de même que les fonctions en vitales,
naturelles et animales. Les actions vitales sont celles qui sont
d’une nécessité absolue pour la vie; telles sont le mouvement du
cœur, la respiration, etc. Les actions naturelles, sont celles par le
secours desquelles le corps est conservé, tel qu’il est; telles sont
la digestion, les sécrétions, la nutrition, etc. Les actions animales
sont celles qui produisent sur l’âme un certain changement et sur
lesquelles l’âme a quelque pouvoir; telles sont le mouvement
des muscles soumis à la volonté, les sensations, etc. Voyez FONCTION, ANIMAL, NATUREL et VITAL». (Enc., I, p. 122a).
Cette manière de concevoir les typologies d’actions corporelles est mieux compréhensible dans le cadre de la tradition
d’une physique-morale stoïcienne, celle de Sénèque et d’Epictète
(mentionnés à la fin des Éléments) – bien chère à Diderot et diffusée dans les milieux médicaux – qui distinguait les « actions qui
dépendent de nous » (tà eph’èmin) et de notre « volonté » de
« celle qui n’en dépendent pas (tà ouk eph’èmin). L’interprétation
ultérieure de Diderot, au chapitre «Volonté » de la troisième partie des Éléments, procède à une considération des « actions animales » en tant qu’inséparables, de manière causale, des « actions
vitales » et « naturelles », dans une perspective moniste. Mais la
suggestion de Tarin peut-être la plus intéressante venait à Diderot
de l’article « Archée ». Texte problématique, qui soulève un
ensemble de questions sur les problèmes des « principes »
(archai) vitaux des forces physiques agissant dans l’organisme,
que les Éléments auront le mérite de résoudre au gré d’une vision
renouvelée du mécanisme en médecine: celui-ci se conjuguera
37 Diderot citera de la deuxième traduction de Bordenave (Paris, 1769).
INTRODUCTION
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. L’apport
théorique personnel de Tarin n’est sans doute pas négligeable et il
n’est pas resté ignoré par Diderot lui-même en ce qui concerne la
conception « active » de l’être vivant que son collaborateur
expose, suivant l’inspiration de l’« Hippocrate de Leyde » (Boerhaave), à l’article « Action (Médecine)»:
Action, dans l’œconomie animale, c’est un mouvement ou un
changement produit dans tout le corps ou dans quelque partie et
qui diffère de la fonction en ce que celle-ci n’est qu’une faculté
de produire, au lieu que l’action est la faculté réduite en acte.
Boerhaave.
On distingue les actions de même que les fonctions en vitales,
naturelles et animales. Les actions vitales sont celles qui sont
d’une nécessité absolue pour la vie; telles sont le mouvement du
cœur, la respiration, etc. Les actions naturelles, sont celles par le
secours desquelles le corps est conservé, tel qu’il est; telles sont
la digestion, les sécrétions, la nutrition, etc. Les actions animales
sont celles qui produisent sur l’âme un certain changement et sur
lesquelles l’âme a quelque pouvoir; telles sont le mouvement
des muscles soumis à la volonté, les sensations, etc. Voyez FONCTION, ANIMAL, NATUREL et VITAL». (Enc., I, p. 122a).
Cette manière de concevoir les typologies d’actions corporelles est mieux compréhensible dans le cadre de la tradition
d’une physique-morale stoïcienne, celle de Sénèque et d’Epictète
(mentionnés à la fin des Éléments) – bien chère à Diderot et diffusée dans les milieux médicaux – qui distinguait les « actions qui
dépendent de nous » (tà eph’èmin) et de notre « volonté » de
« celle qui n’en dépendent pas (tà ouk eph’èmin). L’interprétation
ultérieure de Diderot, au chapitre «Volonté » de la troisième partie des Éléments, procède à une considération des « actions animales » en tant qu’inséparables, de manière causale, des « actions
vitales » et « naturelles », dans une perspective moniste. Mais la
suggestion de Tarin peut-être la plus intéressante venait à Diderot
de l’article « Archée ». Texte problématique, qui soulève un
ensemble de questions sur les problèmes des « principes »
(archai) vitaux des forces physiques agissant dans l’organisme,
que les Éléments auront le mérite de résoudre au gré d’une vision
renouvelée du mécanisme en médecine: celui-ci se conjuguera
37 Diderot citera de la deuxième traduction de Bordenave (Paris, 1769).
INTRODUCTION
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