1.4. Pierre Tarin et Théophile de Bordeu
On ne saurait, donc, sous-estimer l’importance des débats
encyclopédiques pour comprendre la genèse et les antécédents
des Éléments de physiologie, avant même Le Rêve de D’Alembert. Il y avait aussi, parmi les collaborateurs, des personnes plus
proches de Diderot et qui ont collaboré de plus près à la rédaction
de la partie médicale de l’Encyclopédie – en termes aussi de
quantité d’articles signés. Le rédacteur officiel de la partie médicale était l’anatomiste (non montpelliérain) Pierre Tarin (17251761). D’Alembert déclare dans le premier tome: « L’Anatomie
et la Physiologie sont de M. Tarin, Docteur en Médecine, dont les
Ouvrages sur cette matière sont connus et approuvés des
Savants »
35
.
Auteur des Adversaria anatomica (1750), d’une Osteo-graphie, ou Description des os (1753), d’un Dictionnaire anatomique suivi d’une bibliothèque anatomique et physiologique
(1753), des articles « Action », « Anatomie », « Accroissement »,
« Animalistes », « Animoviste », « Bile », « Fœtus » etc. des
planches d’anatomie et de l’article « Physiologie », Tarin donne
de nombreuses contributions aux premiers tomes de l’Encyclopédie (jusqu’au XI
e
, il mourut à l’âge de 36 ans
36
). Il est le premier
auteur, la voix « publique » de la physiologie des philosophes.
Tarin est le seul collaborateur (avec U. de Vandenesse) qui ne soit
pas sorti de l’École de Montpellier mais de la Faculté de médecine de Paris. Cependant, il travaille sans trop de conflits avec ses
collègues et rivaux. Les différences d’approche ne sont pas insensibles. La présence des textes de Tarin à côté des articles des
montpelliérains est l’une des raisons des « incohérences » souvent reprochées au Dictionnaire, vu le fait aussi que Tarin s’inspire des œuvres du chef de file des « mécaniciens » des Lumières,
H. Boerhaave, dont il traduisit (en 1754) les six volumes des Elementa chemiæ (1732).
P. Tarin, d’ailleurs, avait traduit aussi les Primæ Linæe Physiologiæ in usu prælectionum academicarum (Gottingæ, 1747)
de Haller – adversaire déclaré de l’École et de Bordeu-La Caze –
sous le titre d’Éléments de physiologie (Paris, 1752). Diderot s’en
35 Discours préliminaire, dans Enc., I, xlij.
36 F. A. Kafker, The Encyclopedists as individuals cit., p. 360, Tarin serait
mort en 1793, d’après un certificat de la commune de Courtenay, sa ville natale.
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INTRODUCTION
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On ne saurait, donc, sous-estimer l’importance des débats
encyclopédiques pour comprendre la genèse et les antécédents
des Éléments de physiologie, avant même Le Rêve de D’Alembert. Il y avait aussi, parmi les collaborateurs, des personnes plus
proches de Diderot et qui ont collaboré de plus près à la rédaction
de la partie médicale de l’Encyclopédie – en termes aussi de
quantité d’articles signés. Le rédacteur officiel de la partie médicale était l’anatomiste (non montpelliérain) Pierre Tarin (17251761). D’Alembert déclare dans le premier tome: « L’Anatomie
et la Physiologie sont de M. Tarin, Docteur en Médecine, dont les
Ouvrages sur cette matière sont connus et approuvés des
Savants »
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.
Auteur des Adversaria anatomica (1750), d’une Osteo-graphie, ou Description des os (1753), d’un Dictionnaire anatomique suivi d’une bibliothèque anatomique et physiologique
(1753), des articles « Action », « Anatomie », « Accroissement »,
« Animalistes », « Animoviste », « Bile », « Fœtus » etc. des
planches d’anatomie et de l’article « Physiologie », Tarin donne
de nombreuses contributions aux premiers tomes de l’Encyclopédie (jusqu’au XI
e
, il mourut à l’âge de 36 ans
36
). Il est le premier
auteur, la voix « publique » de la physiologie des philosophes.
Tarin est le seul collaborateur (avec U. de Vandenesse) qui ne soit
pas sorti de l’École de Montpellier mais de la Faculté de médecine de Paris. Cependant, il travaille sans trop de conflits avec ses
collègues et rivaux. Les différences d’approche ne sont pas insensibles. La présence des textes de Tarin à côté des articles des
montpelliérains est l’une des raisons des « incohérences » souvent reprochées au Dictionnaire, vu le fait aussi que Tarin s’inspire des œuvres du chef de file des « mécaniciens » des Lumières,
H. Boerhaave, dont il traduisit (en 1754) les six volumes des Elementa chemiæ (1732).
P. Tarin, d’ailleurs, avait traduit aussi les Primæ Linæe Physiologiæ in usu prælectionum academicarum (Gottingæ, 1747)
de Haller – adversaire déclaré de l’École et de Bordeu-La Caze –
sous le titre d’Éléments de physiologie (Paris, 1752). Diderot s’en
35 Discours préliminaire, dans Enc., I, xlij.
36 F. A. Kafker, The Encyclopedists as individuals cit., p. 360, Tarin serait
mort en 1793, d’après un certificat de la commune de Courtenay, sa ville natale.
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INTRODUCTION
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