Les papilles se meuvent, témoin l’horripilation, la tension du
bout des mamelles des femmes.
Les papilles, appliquées à l’objet du toucher, reçoivent l’impression sur leur partie nerveuse, qui la transmet
C au tronc des
nerfs.
D
Je conçois un toucher si exquis qu’il suppléerait aux quatre
autres sens. Il serait diversement affecté selon les odeurs,
E
les
saveurs, les formes
F
et les couleurs
2 .
G
Boerhaave, dans son ouvrage intitulé: Hyppocrates impetum
faciens
3
, dit de lui-même qu’ayant perdu l’ouïe, il entendait un air
en posant la main sur l’instrument
H
.
C au tronc des nerfs et au cerveau; et voilà ce qu’on appelle le toucher.
D FNR: ORGANES DES SENS. Le polype voit sans yeux. C’est bien un animal,
car il saisit avec ses pattes et porte sa proie à sa bouche; d’ailleurs sa substance
n’est pas végétale, c’est de la chair comme les autres animaux. Je conçois un
toucher… (p. 164, l. 1-6; AT, 331).
E la saveur
F FNR: et les couleurs. Le polype va à la lumière, se rend à l’endroit où
abonde sa proie, il sent son voisinage, il évite les obstacles; il est tout œil. (p.
164, l. 11-13; AT, 331).
2 Cf. Marat, De l’Homme cit., vol. III, pp. 110-111: « Le Corps, considéré
dans l’organe général du sentiment, est une machine simplement composée de
nerfs et de productions nerveuses: considéré dans les organes des sensations,
c’est une machine d’une structure très recherchée, où les sens sont les parties sur
lesquelles agissent les objets; les méninges, la masse d’appui; et les nerfs les
canaux qui transmettent à l’Ame les impressions reçues […]. Chaque sens a un
organe particulier; et cet organe, de peu d’étendue dans tous les autres sens, a
dans celui seul du toucher* [*Le toucher n’est pas borné à la peau; il s’étend à
l’intérieur du Corps, comme à sa surface. On en éprouve les impressions dans
les doux embrassements de l’amour et les douleurs de la colique] son siège par
tout le Corps »; Cf. Le Rêve cit., pp. 146-147: « Le reste des brins va former
autant d’autres espèces de toucher, qu’il y a de diversité entre les organes et les
parties du corps […]. Mais quelle raison avez-vous de cette multiplicité de sensations plus douloureuses qu’agréables dont il vous plaît de nous gratifier? – La
raison? c’est que nous les discernons en grande partie. Si cette infinie diversité
de touchers n’existait pas, on saurait qu’on éprouve du plaisir ou de la douleur,
mais on ne saurait où les rapporter. Il faudrait le secours de la vue. Ce ne serait
plus une affaire de sensation, ce serait une affaire d’expérience et d’observation »; supra, Partie I, chap. II: « Animal. Sensibilité », note 29.
G V: Boërrhave; SP: LE TOUCHER. Boerhaave…
3 Il s’agit du neveu, sourd, du grand médecin de Leyde, Hermann: Abraham Kaau Boerhaave (1715-1758), Impetum faciens dictum Hippocrati per corpus consentiens, philologice et physiologice illustratum observationibus,
Lugduni Batavorum, 1745, p. 233; repris dans Haller, EL, vol. V, p. 253. Cf.
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 273
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