Mais comment dans les narines, qui ne sont que la même peau
du nez repliée, la sensation est-elle si diverse de celle à l’anus, au
vagin?
La peau est un tissu dense, composé d’un grand nombre de
cellules rapprochées, dont les fibres sont entrelacées et embarrassées les unes dans les autres. Elle est extensible, contractile et
poreuse. Elle a ses veines et ses artères, avec une grande quantité
de nerfs qu’on ne saurait suivre jusqu’à leur extrémité.
Z
Entre la peau et les muscles, il y a le tissu cellulaire. La peau
s’y confond, peu à peu, en se relâchant; et c’est en s’enfonçant
dans les intervalles remplis de graisse que sont produites les fossettes.
Il y a peu de parties où les fibres musculaires soient placées
immédiatement sous la peau,
A
sans en être séparées par la graisse.
Il y a des parties où les fibres tendineuses des muscles s’insèrent
dans la peau, comme à la paume de la main, à la plante des pieds.
L’épiderme enlevé, la peau est presque sans inégalité, on n’y
voit que des petits grains fort menus.
L’extrémité des doigts montre de plus grandes papilles arrondies et placées dans les fossettes de l’épiderme. On a de la peine
à découvrir les nerfs qui s’y distribuent.
Ces papilles sont faites de vaisseaux et de nerfs liés ensemble
pas le tissu cellulaire. Elles paraissent longues et en forme de
poils aux lèvres macérées. Elles sont très visibles à la langue.
La peau, le mucus
B de Malpighi, dans les endroits où ils
paraissent percés, rentrent en dedans
1 .
Z Il y a le tissu cellulaire placé entre la peau et les muscles […] en s’enfonçant dans ses intervalles…
A V: sans être séparée…
B de Malpighi et l’épiderme dans les endroits…; V: percés, restent en
dedans
1 Marcello Malpighi, Opera omnia, seu Thesaurus locupletissimus botanico-medico-anatomicus cit., vol. 2, Exercitationes anatomicae. De Externo
Tactus Organo Exercitatio Epistolica ad Jacobum Ruffum, p. 202: « Utrumque
tamen probabile est: sensus enim judicare videtur protractas nerveas papillas e
cutaneo corpore per medium ungulæ et insuper aliud mediat inter vaginulas,
veluti peculiare parenchyma, in quo ungulæ natura praecipue relucet: unde
valde congruum est censere, fibras perforatas, quibus nerveæ papillæ sensim
solidiores redditae ad extimam usque superficiem feruntur, una cum mucosa et
nervea exsiccata materia, qua enata inter fistulas spatia replentur, ungulæ compositionem constituere.
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PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 272
du nez repliée, la sensation est-elle si diverse de celle à l’anus, au
vagin?
La peau est un tissu dense, composé d’un grand nombre de
cellules rapprochées, dont les fibres sont entrelacées et embarrassées les unes dans les autres. Elle est extensible, contractile et
poreuse. Elle a ses veines et ses artères, avec une grande quantité
de nerfs qu’on ne saurait suivre jusqu’à leur extrémité.
Z
Entre la peau et les muscles, il y a le tissu cellulaire. La peau
s’y confond, peu à peu, en se relâchant; et c’est en s’enfonçant
dans les intervalles remplis de graisse que sont produites les fossettes.
Il y a peu de parties où les fibres musculaires soient placées
immédiatement sous la peau,
A
sans en être séparées par la graisse.
Il y a des parties où les fibres tendineuses des muscles s’insèrent
dans la peau, comme à la paume de la main, à la plante des pieds.
L’épiderme enlevé, la peau est presque sans inégalité, on n’y
voit que des petits grains fort menus.
L’extrémité des doigts montre de plus grandes papilles arrondies et placées dans les fossettes de l’épiderme. On a de la peine
à découvrir les nerfs qui s’y distribuent.
Ces papilles sont faites de vaisseaux et de nerfs liés ensemble
pas le tissu cellulaire. Elles paraissent longues et en forme de
poils aux lèvres macérées. Elles sont très visibles à la langue.
La peau, le mucus
B de Malpighi, dans les endroits où ils
paraissent percés, rentrent en dedans
1 .
Z Il y a le tissu cellulaire placé entre la peau et les muscles […] en s’enfonçant dans ses intervalles…
A V: sans être séparée…
B de Malpighi et l’épiderme dans les endroits…; V: percés, restent en
dedans
1 Marcello Malpighi, Opera omnia, seu Thesaurus locupletissimus botanico-medico-anatomicus cit., vol. 2, Exercitationes anatomicae. De Externo
Tactus Organo Exercitatio Epistolica ad Jacobum Ruffum, p. 202: « Utrumque
tamen probabile est: sensus enim judicare videtur protractas nerveas papillas e
cutaneo corpore per medium ungulæ et insuper aliud mediat inter vaginulas,
veluti peculiare parenchyma, in quo ungulæ natura praecipue relucet: unde
valde congruum est censere, fibras perforatas, quibus nerveæ papillæ sensim
solidiores redditae ad extimam usque superficiem feruntur, una cum mucosa et
nervea exsiccata materia, qua enata inter fistulas spatia replentur, ungulæ compositionem constituere.
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