causes naturelles de la durée de la vie. Voyez ŒCONOMIE ANIMALE
et PHYSIOLOGIE. On ne peut obtenir cela que par une observation
assidue, désintéressée et judicieuse de l’homme; ce plan a été
suivi par l’illustre auteur du specimen medicinæ conspectus, de
l’idée de l’homme physique et moral etc. (Enc., XI, p. 319a).
Diderot, dans les Éléments, recueille l’invitation de Ménuret
de suivre la description des parties du corps humain (primat de
l’anatomie) ; mais il retient surtout le principe de donner une
description dynamique des phénomènes de l’organisme, suivant
« les changements qu’opèrent les causes naturelles ». Non seulement La Caze avait introduit la notion de « fluide électrique » –
qui pouvait se prêter néanmoins à des interprétations animistes
et irrationalistes
28 –, mais il avait souligné le fait empirique que
« les propriétés les plus notables et en même temps les plus
essentielles du corps vivant, sont le mouvement et le sentiment »
29 .
En ajoutant à ces deux propriétés physiques « la matière ductile » liée au temps de développement des différents « éléments »
physiologiques, sur différents niveaux de complexité, comme
Ménuret ne manque pas de le souligner dans ses articles – et Fouquet aussi, à l’article « Sensibilité »
30 –, nous avons repéré les fondements du vitalisme philosophique que Diderot développe dans
les Éléments [voir le schéma infra, 3.1], avec des corrections critiques qui viendront de Haller (infra, 3.4). Grâce aux modèles de
La Caze, de Fouquet et, surtout, de Ménuret
31
, Diderot conçoit
28 Cf. « Faculté vitale » (Enc., VI, pp. 365b-371a) de J. Bouillet (1660-1777).
29 L. de La Caze, Idée de l’homme physique et moral, Paris, 1755, p. 12.
30 Synthèse parmi les plus importantes, Enc. XV, p. 38b: «SENSIBILITÉ, SENTIMENT, (Médecine) la faculté de sentir, le principe sensitif, ou le sentiment
même des parties, la base et l’agent conservateur de la vie, l’animalité par excellence, le plus beau, le plus singulier phénomène de la nature, etc. La sensibilité
est dans le corps vivant, une propriété qu’ont certaines parties de percevoir les
impressions des objets externes, et de produire en conséquence des mouvements proportionnés au degré d’intensité de cette perception ».
31 Cf. «Œconomie animale », Enc., XI, p. 361a: « Il nous suffira de remarquer en général, que le corps humain est une machine de l’espèce de celles
qu’on appelle statico-hydraulique, composée de solides et de fluides, dont les
premiers éléments communs aux plantes et aux animaux sont des atomes
vivants, ou molécules organiques: représentons nous l’assemblage merveilleux
de ces molécules, tels que les observations anatomiques nous les font voir dans
le corps de l’homme adulte, lorsque les solides ont quitté l’état muqueux pour
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