1.3. Louis de La Caze, Henri Fouquet
1.3. et Jean-Jacques Ménuret de Chambaud
L’Encyclopédie, sous son aspect d’ouvrage scientifique de
référence pour les sciences de la vie, se présentait comme un
grand dictionnaire de médecine vitaliste. Les principaux collaborateurs, qu’on a mentionné (supra, 1.1), ont écrit des centaines d’articles, dont la plupart sont des petits traités de
médecine pratique. Leurs contributions couvrent à peu près tous
les domaines des sciences que nous appelons aujourd’hui « biologiques »: médecine, embryologie, physiologie, nosologie,
hygiène etc. De plus, les montpelliérains se penchent en même
temps sur la question des fondements épistémologiques relatifs
à chaque domaine. Un point de repère de leurs synthèses est, en
ce sens, l’œuvre de Louis de La Caze (1703-1765), médecin
ordinaire du Roi, intellectuel de la génération de Rouelle, et lui
aussi Docteur de Montpellier, qui ne collabora pas à l’Encyclopédie mais qui y est mentionné plusieurs fois comme une autorité reconnue.
Ses disciples, Henri Fouquet (1727-1806) et Jean-Jacques
Ménuret de Chambaud (1733-1815), renvoient à deux ouvrages
qui constituent une étape importante dans le dépassement de la
perspective iatromécaniste classique (Harvey et Borelli)
23
: Idée
de l’homme physique et moral, pour servir d’introduction à un
traité de médecine (Paris, 1755) et le Specimen novi medicinæ
conspectus (s.l., 1749) suivi par les Institutiones medicæ ex novo
medicinæ conspectu (Paris, 1755). L’article « Génération » de
Fouquet parle de La Caze – en le comparant à un Newton de la
médecine – comme de celui qui a jeté des nouvelles lumières sur
la physiologie en introduisant la notion de « fluide électrique » ou
« éthérien », une nouvelle « puissance dans la physique du corps
humain » apte à expliquer les phénomènes de sécrétion-excrétion
et les dynamiques des processus embryonnaires:
En effet, à la dernière opinion dont on vient de faire l’exposition
[la génération reste un « mystère »], il n’a pas tardé d’en succéder
une autre qui se trouve dans l’ouvrage intitulé Idée de l’homme
physique et moral (Paris 1755). Comme la théorie de l’économie
23 J. Roger, Méthodes et modèles dans la préhistoire du vitalisme français,
in Sciences et philosophie. XVII
e et XVIII
e siècles, Actes du XII
e Congres International d’Histoire des Sciences, Paris, 1971, pp. 101-107.
INTRODUCTION
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