extrémités et produit l’horripilation, sensation qui se répand à
tous les points de la peau jusqu’à
I
la racine des cheveux.
Dans l’action et la réaction du cervelet et de ses fils l’origine
peut commander à ses expansions jusqu’à un certain point. On
tient un membre immobile malgré la douleur
25
.
Les nerfs sont les
J
esclaves du cerveau, souvent ses ministres;
quelque fois aussi ils en sont les despotes (matrice, passions violentes etc.). Tout va bien quand le cerveau commande aux nerfs,
tout va mal quand les nerfs révoltés commandent au cerveau.
Par un long défaut
K
d’exercice le cerveau perd son autorité sur
les organes qui lui sont soumis. Ils se sont émancipés, ils refusent
d’obéir. Celui qui a été longtemps privé de la vue, ne saurait plus
commander à ses paupières, ni même à ses yeux; il continue
d’agir en aveugle lorsqu’il cesse de l’être. L’oculiste Daviel
26
était obligé de frapper un aveugle, à qui il avait rendu la vue, pour
l’avertir et l’obliger à regarder.
I FNR: la racine des cheveux. C’est à ce mouvement vermiculaire et spontané de la fibre que j’attribue la crampe. (p. 148, l. 13-15, AT, 324).
25 Cf. Le Rêve cit., cette argumentation concernant les rapports nerfs-cerveau
est une mise à jour des idées de Bordeu; DPV, XVII, pp. 171-172: « Si l’origine
du faisceau rappelle toutes les forces à lui, si le système entier se meut pour ainsi
dire à rebours, comme je crois qu’il arrive dans l’homme qui médite profondément, dans le fanatique qui voit les cieux ouverts, dans le sauvage qui chante au
milieu des flammes, dans l’extase, dans l’aliénation volontaire ou involontaire…–
Eh bien? – Eh bien, l’animal se rend impassible, il n’existe qu’en un point » et à
Diderot de relater l’épisode du curé de Langres, Moni, qui ne jeta pas un cri pendant l’opération du mal de la pierre (pp. 172-173); supra, Partie I, note 72.
J esclaves, souvent les ministres et quelquefois les despotes du cerveau.
Tout va bien…
K d’exercice l’âme ou le cerveau…
26 V: David. Il s’agit, en réalité, du médecin et chirurgien Jacques Daviel
(1696-1762), génie précoce de la médecine des Lumières. A 15 ans, il est
apprenti chirurgien dans la capitale; en 1736, il est nommé chirurgien des
galères; et à partir de 1749 il est chirurgien du roi, après avoir connu un grand
succès avec l’opération qui le rendit célèbre: l’extraction du cristallin. Daviel a
présenté cette nouvelle technique dans la Lettre de M. Daviel […] à M. de
Joyeuse, docteur en médecine, de l’Université de Montpellier (Sur l’opération de
la cataracte), Imprimerie de Bullot, 1748; Lettre adressée à MM. les auteurs du
«Journal des sçavans», sur les avantages de l’extraction de la cataracte, nouvelle méthode inventée par M. Daviel, (par Daviel fils. 6 décembre 1755), s.l.,
1756. Sur 306 opérations, 282 ont obtenu un succès. La connaissance de Daviel
de la part de Diderot se situe entre la rédaction de la Lettre sur les aveugles
(1749), les Additions (1782) à la même Lettre et les Éléments; cf. Y. Pouliquen,
Un oculiste au siècle des Lumières. Jacques Daviel, Paris, O. Jacob, 1999.
ÉLÉMENTS ET PARTIES DU CORPS HUMAIN
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AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 177
tous les points de la peau jusqu’à
I
la racine des cheveux.
Dans l’action et la réaction du cervelet et de ses fils l’origine
peut commander à ses expansions jusqu’à un certain point. On
tient un membre immobile malgré la douleur
25
.
Les nerfs sont les
J
esclaves du cerveau, souvent ses ministres;
quelque fois aussi ils en sont les despotes (matrice, passions violentes etc.). Tout va bien quand le cerveau commande aux nerfs,
tout va mal quand les nerfs révoltés commandent au cerveau.
Par un long défaut
K
d’exercice le cerveau perd son autorité sur
les organes qui lui sont soumis. Ils se sont émancipés, ils refusent
d’obéir. Celui qui a été longtemps privé de la vue, ne saurait plus
commander à ses paupières, ni même à ses yeux; il continue
d’agir en aveugle lorsqu’il cesse de l’être. L’oculiste Daviel
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était obligé de frapper un aveugle, à qui il avait rendu la vue, pour
l’avertir et l’obliger à regarder.
I FNR: la racine des cheveux. C’est à ce mouvement vermiculaire et spontané de la fibre que j’attribue la crampe. (p. 148, l. 13-15, AT, 324).
25 Cf. Le Rêve cit., cette argumentation concernant les rapports nerfs-cerveau
est une mise à jour des idées de Bordeu; DPV, XVII, pp. 171-172: « Si l’origine
du faisceau rappelle toutes les forces à lui, si le système entier se meut pour ainsi
dire à rebours, comme je crois qu’il arrive dans l’homme qui médite profondément, dans le fanatique qui voit les cieux ouverts, dans le sauvage qui chante au
milieu des flammes, dans l’extase, dans l’aliénation volontaire ou involontaire…–
Eh bien? – Eh bien, l’animal se rend impassible, il n’existe qu’en un point » et à
Diderot de relater l’épisode du curé de Langres, Moni, qui ne jeta pas un cri pendant l’opération du mal de la pierre (pp. 172-173); supra, Partie I, note 72.
J esclaves, souvent les ministres et quelquefois les despotes du cerveau.
Tout va bien…
K d’exercice l’âme ou le cerveau…
26 V: David. Il s’agit, en réalité, du médecin et chirurgien Jacques Daviel
(1696-1762), génie précoce de la médecine des Lumières. A 15 ans, il est
apprenti chirurgien dans la capitale; en 1736, il est nommé chirurgien des
galères; et à partir de 1749 il est chirurgien du roi, après avoir connu un grand
succès avec l’opération qui le rendit célèbre: l’extraction du cristallin. Daviel a
présenté cette nouvelle technique dans la Lettre de M. Daviel […] à M. de
Joyeuse, docteur en médecine, de l’Université de Montpellier (Sur l’opération de
la cataracte), Imprimerie de Bullot, 1748; Lettre adressée à MM. les auteurs du
«Journal des sçavans», sur les avantages de l’extraction de la cataracte, nouvelle méthode inventée par M. Daviel, (par Daviel fils. 6 décembre 1755), s.l.,
1756. Sur 306 opérations, 282 ont obtenu un succès. La connaissance de Daviel
de la part de Diderot se situe entre la rédaction de la Lettre sur les aveugles
(1749), les Additions (1782) à la même Lettre et les Éléments; cf. Y. Pouliquen,
Un oculiste au siècle des Lumières. Jacques Daviel, Paris, O. Jacob, 1999.
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