regarder ces « parties » – sous l’impulsion d’un deuxième
modèle: le médecin Bordeu du Rêve de D’Alembert (infra, 1.4) –
comme des animaux autonomes (animal in animali) doués d’une
vie particulière qui concourt, selon les lois de l’action et de la
réaction, au bien-être de la machine entière. Pour l’histoire des
Éléments, l’Encyclopédie et les contributions des montpelliérains
demeurent une première source qui conditionne, comme on le
verra, la base empirique de construction des développements
théoriques de la maturité.
1.2. La chimie de Guillaume-François Rouelle
1.2. et Gabriel-François Venel
Le meilleur disciple des médecins montpelliérains fut le
directeur de l’Encyclopédie. Et les premières notions qu’il apprit
sur la nature du vivant, concernaient la chimie et les caractères
fondamentaux de la matière vivante. Il est notoire que Diderot
suivit, en compagnie de Rousseau, au début des années 50, pendant trois ans, les cours de chimie de Guillaume-François Rouelle
(1703-1770) – il fut le maître du fondateur de la chimie scientifique moderne, Antoine-Laurent Lavoisier – au Jardin du Roi
17
.
Cette expérience marque la formation intellectuelle du philosophe et aura des retentissements sensibles dans l’Encyclopédie.
Gabriel-François Venel (1723-1775), médecin de Montpellier et
rédacteur des articles de chimie, était devenu lui aussi disciple du
naturaliste « extravagant » et génial qu’était Rouelle
18
, dans le
même contexte, comme il l’affirme dans l’article « Chimie »
(1752)
19
.
17 Cfr. Cours de chimie de Rouelle, dans DPV, IX, pp. 183-239; A. M. Wilson, Diderot. Sa vie et son œuvre, Paris, 1985, p. 202, 217 et 482; cf. R. Mortier-R. Trousson (éds.), Dictionnaire de Diderot, Paris, 1999, p. 120: « Cours de
chimie de Rouelle ».
18 Cf. F. Kafker, The Encyclopedists as individuals cit., pp. 382-386.
19 Enc., III, p. 347b: « Les cours que M. Rouelle fait à Paris depuis quinze ans,
sont, de l’aveu même des étrangers, ce qu’il y a de mieux en ce genre. L’ordre
dans lequel les objets particuliers y sont présentés, l’abondance et le choix des
exemples, le soin et l’exactitude avec lesquels les opérations y sont exécutées,
l’origine et la liaison des phénomènes qu’on y fait observer, les vues neuves,
lumineuses, étendues, qui y sont suggérées, les excellents préceptes de manuel
qui y sont enseignés, et enfin la bonne, la saine doctrine qu’on y résume de
toutes les connaissances particulières; tous ces avantages, dis-je, font du labo16
INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 16
modèle: le médecin Bordeu du Rêve de D’Alembert (infra, 1.4) –
comme des animaux autonomes (animal in animali) doués d’une
vie particulière qui concourt, selon les lois de l’action et de la
réaction, au bien-être de la machine entière. Pour l’histoire des
Éléments, l’Encyclopédie et les contributions des montpelliérains
demeurent une première source qui conditionne, comme on le
verra, la base empirique de construction des développements
théoriques de la maturité.
1.2. La chimie de Guillaume-François Rouelle
1.2. et Gabriel-François Venel
Le meilleur disciple des médecins montpelliérains fut le
directeur de l’Encyclopédie. Et les premières notions qu’il apprit
sur la nature du vivant, concernaient la chimie et les caractères
fondamentaux de la matière vivante. Il est notoire que Diderot
suivit, en compagnie de Rousseau, au début des années 50, pendant trois ans, les cours de chimie de Guillaume-François Rouelle
(1703-1770) – il fut le maître du fondateur de la chimie scientifique moderne, Antoine-Laurent Lavoisier – au Jardin du Roi
17
.
Cette expérience marque la formation intellectuelle du philosophe et aura des retentissements sensibles dans l’Encyclopédie.
Gabriel-François Venel (1723-1775), médecin de Montpellier et
rédacteur des articles de chimie, était devenu lui aussi disciple du
naturaliste « extravagant » et génial qu’était Rouelle
18
, dans le
même contexte, comme il l’affirme dans l’article « Chimie »
(1752)
19
.
17 Cfr. Cours de chimie de Rouelle, dans DPV, IX, pp. 183-239; A. M. Wilson, Diderot. Sa vie et son œuvre, Paris, 1985, p. 202, 217 et 482; cf. R. Mortier-R. Trousson (éds.), Dictionnaire de Diderot, Paris, 1999, p. 120: « Cours de
chimie de Rouelle ».
18 Cf. F. Kafker, The Encyclopedists as individuals cit., pp. 382-386.
19 Enc., III, p. 347b: « Les cours que M. Rouelle fait à Paris depuis quinze ans,
sont, de l’aveu même des étrangers, ce qu’il y a de mieux en ce genre. L’ordre
dans lequel les objets particuliers y sont présentés, l’abondance et le choix des
exemples, le soin et l’exactitude avec lesquels les opérations y sont exécutées,
l’origine et la liaison des phénomènes qu’on y fait observer, les vues neuves,
lumineuses, étendues, qui y sont suggérées, les excellents préceptes de manuel
qui y sont enseignés, et enfin la bonne, la saine doctrine qu’on y résume de
toutes les connaissances particulières; tous ces avantages, dis-je, font du labo16
INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 16
