est possible, qu’on me dise quels seraient les effets de cette liaison. Le paysan qui voit une montre se mouvoir et qui, n’en pouvant connaître le mécanisme, place
M
dans l’aiguille un esprit,
n’est ni plus, ni moins sot que nos spiritualistes
83
.
N
Combien de phénomènes très certains, dont la cause première est inconnue. Qui sait comment le mouvement est dans le
corps? Qui sait comment y réside l’attraction? Qui sait comment
l’un se communique et l’autre agit? Mais ce sont des faits; et la
production de la sensibilité c’est un autre fait. Laissons les causes
O
inconnues et partons d’après les faits.
M dans une aiguille…
83 Cf. A von Haller, Mémoires sur les parties sensibles et irritables du
corps animal, 4 vol., Lausanne, 1756-1760, vol. IV, contenant les Réponses
faites à différentes objections, pp. 19-98: «XXIX. Réponse générale aux objections qu’on a faites contre l’insensibilité de plusieurs parties du corps animé »;
pp. 99-103: « Réponse à la critique de M. Whytt », pp. 114-115: « C’est à peu
près la même réponse que j’ai à faire à M. Whytt sur la contraction de la prunelle. Il croit qu’elle demande nécessairement un muscle orbiculaire et qu’il
faut en admettre, parce qu’on en a besoin pour expliquer ce phénomène. Cette
manière de raisonner est bien dangereuse. La nature peut avoir mille moyens qui
peuvent produire un effet: la restreindre au seul moyen que nous imaginons, et
qui nous parait possible, c’est raisonner comme le nègre sur le mouvements
d’une montre. Il y a un esprit qui la meut, dit-il, et il est prêt à l’adorer. Il
explique les mouvements de la montre selon les principes de Stahl: il lui assigne
une âme, parce que lui même il se meut et qu’il a une âme. Pour moi, dès que je
ne vois pas un muscle, pas même avec le microscope, pas même dans les plus
grands animaux, je ne crois pas être en droit d’en affirmer l’existence. C’est
encore la même chose à l’égard de la dilatation de la prunelle, ou du rétrécissement de l’iris. Les expériences font voir que cette membrane n’est pas irritable
dans le sens que le sont les muscles; son rétrécissement est l’ouvrage du repos,
de l’opium, de la mort; et je ne crois pas dès lors, devoir lui attribuer des
fibres »; Diderot fait signe, ici, de la nécessité d’un nouveau modèle de
« machine sensible et vivante » pour expliquer les phénomènes concernant
l’« âme », qui se substitue au vieux modèle iatromécanique; Introduction, 2.1;
cf. P.-H. Th. d’Holbach, Le Bon Sens, dans Œuvres Philosophiques, éd. J.-P.
Jackson. tome 3, Paris, 2001, p. 228, § 20; éd. it. par S. Timpanaro, Introduzione, pp. XXXIII-XXXVII.
N Des causes occultes de phénomènes très certains. Qui sait comment le
mouvement est dans les corps? […] et comment l’autre agit?
O qui nous sont inconnues…
154
PARTIE I
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 154
Précédent

- 155/514

Suivant