Z
Dans
A
la cataleptique où l’animal est réduit à l’état purement
sensible, que devient ce prétendu commerce de l’âme avec le
corps?
80
Où est elle dans le noyé, qu’on rappelle à la vie de l’état de
mort, ou d’un état qui lui ressemble tellement, que si le noyé
n’avait point été secouru, il aurait persévéré dans cet état sans
éprouver d’autre changement qu’une torpeur plus profonde?
L’âme était-elle alors séparée du corps? Y est-elle rentrée? Si
l’âme n’était pas séparée du corps, quand s’en sépare-t-elle
donc? Et qu’est-ce que la mort?
B
L’âme, si ce ressort existe, est très subalterne. Sa puissance
est moindre, que celle de la douleur, du plaisir, des passions, du
vin, de la jusquiame, de la morille furieuse, de la noix d’Inde.
Que peut l’âme dans la fièvre et dans l’ivresse?
Quelque idée qu’on en ait, c’est nécessairement un être
mobile, étendu, sensible et composé. Il se fatigue comme le
Z FNR: Les quiétistes donnent des leçons de catalepsie à leurs dévotes pour
jouir d’elles à leur insu. Ces leçons vont par degrés: du baiser à l’attouchement
de la gorge, de l’attouchement de la gorge au toucher des parties naturelles, des
parties naturelles à la dernière jouissance, l’extrême de la perfection. C’est
lorsque le directeur est tout en elle que la dévote est toute en Dieu. C’est un art.
Dans le cataleptique… (p. 367, l. 15, à p. 368, l. 2; AT, 423-424) [cf. aussi la
note 68 sur le prédicateur hollandais. Diderot fait écho aux thèmes et aux propos du célèbre manuscrit clandestin, attribué faussement a Diderot en 1749,
mais vraisemblablment de la plume de J.-B. Boyers d’Argens, Thérèse philosophe, ou Mémoire pour servir à l’histoire du père Dirrag et de Mademoiselle
Éradice (1748), dans Romans libertins du XVIII
e siècle, éd. R. Trousson, Paris,
1993, pp. 575-658. Ce sujet – la mystification à des fins érotiques – est un topos
de la littérature libertine et on le retrouve chez le même Diderot: par exemple à
l’épisode du père Hudson et de « la jeune fille », dans Jacques le Fataliste éd.
cit., pp. 240-254].
A Dans le cataleptique […] l’état d’un être purement sensible, comme dans
la consommation de l’acte de jouissance, que devient…?
80 Le Camus, Médecine de l’Esprit cit., vol. II, chap. IX: « Du pouvoir de la
Santé et des Maladies sur l’esprit », p. 26: « Mais, hélas ! S’il est quelques maladies qui donnent quelques avantages à l’esprit, il en est un plus grand nombre
qui l’oppriment et lui font subir la plus dure servitude. Qu’est devenu l’empire
de l’âme dans l’apoplexie, dans la catalepsie, dans l’épilepsie, dans la manie et
dans toutes les affections soporeuses du cerveau? Il ne reste aucunes traces de
sa liberté, et l’homme n’est tout au plus dans ces moments que cette belle
machine dont les ressorts retardent les mouvements et dont le balancier trop
pesant empêche l’action ».
B ÂME. Ce ressort, s’il existe, est…
DES ÊTRES
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