Une ligature sur les nerfs empêche tout sentiment, tout mouvement: une ligature peut donc séparer l’âme du corps; et la ligature ôtée on peut faire renaître
Y
la liaison. Une ligature qui
intercepte la liaison d’un être corporel et d’un être corporel, cela
s’entend; mais une ligature qui intercepte la liaison d’un être corporel et d’un être spirituel, il faut plus que de la pénétration pour
entendre cela.
Pourquoi ne pas regarder la sensibilité, la vie, le mouvement
comme autant de propriétés de la matière: puisqu’on trouve ces
qualités dans chaque portion, chaque particule de chair?
78
Un homme tombe dans une mélancolie profonde, qui le
conduit à la stupidité. Cette stupidité dure quarante ans; quelques
jours avant sa mort, il revient à l’état de raison, il a réalisé le sommeil d’Épiménide
79
. Qu’a fait son âme dans ce long intervalle?
A-t-elle dormi?
Y FNR: la liaison renaît. La contraction du nerf paralysé différente de la
contraction du parchemin grillé. Les nerfs ne sont que des productions des
méninges ou de la dure et de la pie-mère. (p. 144, l. 13-16; AT, 322) [supra,
notes 18-21: le passage concernant la nature de la matière animale, dans SP,
précède cette observation].
78 Cet alinéa manque dans SP.
79 Cf. Plutarque, Les vies des hommes illustres, 7 vol., éd. fr. A. Dacier,
Paris, 1762, affirma que ce sommeil dura 50 ans; et Diogène Laërce, De Vitis,
dogmatibus et apophthegmatibus clarorum philosophorum libri X, Amstelodami, 1692 [De la vie des philosophes, éd. fr. G. Boileau, Paris, 1668; Les Vies
des plus illustres philosophes de l’antiquité, avec leurs dogmes, leurs systèmes,
leur morale, et leurs sentences les plus remarquables, éd. J.-G. Chauffepié,
Amsterdam, 1761], soutint la durée de 57 ans, repris chez Le Camus, Médecine
de l’esprit, où l’on traite des Dispositions et des Causes Physiques qui, en
conséquence de l’union de l’âme avec le corps, influent sur les opérations de
l’esprit; et des moyens de maintenir ces opérations dans un bon état, ou de les
corriger lorsqu’elles sont viciées, 2 vol., Paris, 1753, [1769
2 ], vol. I, p. 366368: « Du Sommeil », l’épisode est cité comme invraisemblable. Le Camus
essaye de le rationaliser: « Nous accorderons aux gens de Lettres un sommeil
plus long qu’aux personnes qui exercent davantage leurs corps que leurs esprits:
mais il ne faut pas qu’il soit trop étendu. Le sommeil d’Epimenides qui dura cinquante-sept ans est un vrai songe. Ce n’est pas en dormant, comme on veut le
faire accroire, qu’il s’instruisit des mystères de la Philosophie, c’est en voyageant chez des peuples instruits et qui avaient déjà jetés les fondements de la
Morale. L’absence de ce Philosophe pouvait être à l’égard de ses concitoyens
comme son sommeil ».
150
PARTIE I
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 150
Y
la liaison. Une ligature qui
intercepte la liaison d’un être corporel et d’un être corporel, cela
s’entend; mais une ligature qui intercepte la liaison d’un être corporel et d’un être spirituel, il faut plus que de la pénétration pour
entendre cela.
Pourquoi ne pas regarder la sensibilité, la vie, le mouvement
comme autant de propriétés de la matière: puisqu’on trouve ces
qualités dans chaque portion, chaque particule de chair?
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Un homme tombe dans une mélancolie profonde, qui le
conduit à la stupidité. Cette stupidité dure quarante ans; quelques
jours avant sa mort, il revient à l’état de raison, il a réalisé le sommeil d’Épiménide
79
. Qu’a fait son âme dans ce long intervalle?
A-t-elle dormi?
Y FNR: la liaison renaît. La contraction du nerf paralysé différente de la
contraction du parchemin grillé. Les nerfs ne sont que des productions des
méninges ou de la dure et de la pie-mère. (p. 144, l. 13-16; AT, 322) [supra,
notes 18-21: le passage concernant la nature de la matière animale, dans SP,
précède cette observation].
78 Cet alinéa manque dans SP.
79 Cf. Plutarque, Les vies des hommes illustres, 7 vol., éd. fr. A. Dacier,
Paris, 1762, affirma que ce sommeil dura 50 ans; et Diogène Laërce, De Vitis,
dogmatibus et apophthegmatibus clarorum philosophorum libri X, Amstelodami, 1692 [De la vie des philosophes, éd. fr. G. Boileau, Paris, 1668; Les Vies
des plus illustres philosophes de l’antiquité, avec leurs dogmes, leurs systèmes,
leur morale, et leurs sentences les plus remarquables, éd. J.-G. Chauffepié,
Amsterdam, 1761], soutint la durée de 57 ans, repris chez Le Camus, Médecine
de l’esprit, où l’on traite des Dispositions et des Causes Physiques qui, en
conséquence de l’union de l’âme avec le corps, influent sur les opérations de
l’esprit; et des moyens de maintenir ces opérations dans un bon état, ou de les
corriger lorsqu’elles sont viciées, 2 vol., Paris, 1753, [1769
2 ], vol. I, p. 366368: « Du Sommeil », l’épisode est cité comme invraisemblable. Le Camus
essaye de le rationaliser: « Nous accorderons aux gens de Lettres un sommeil
plus long qu’aux personnes qui exercent davantage leurs corps que leurs esprits:
mais il ne faut pas qu’il soit trop étendu. Le sommeil d’Epimenides qui dura cinquante-sept ans est un vrai songe. Ce n’est pas en dormant, comme on veut le
faire accroire, qu’il s’instruisit des mystères de la Philosophie, c’est en voyageant chez des peuples instruits et qui avaient déjà jetés les fondements de la
Morale. L’absence de ce Philosophe pouvait être à l’égard de ses concitoyens
comme son sommeil ».
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