machine hydraulique, dépourvue de toute activité, nullement différente de toute autre machine faite de matière inanimée. La
fabrication même du corps et l’exercice de toutes
Q
ses fonctions
vitales sont l’ouvrage de l’âme, qui sait tout, mais qui n’est pas
toujours attentive à tout, réparant dans le sommeil, capricieuse,
fantasque, négligente, paresseuse, désespérée, craintive, capable
par sa nature, bien ou malfaisante,
R d’abréger ou d’allonger la
vie. L’âme enfin est la cause des mouvements volontaires dont
elle a la conscience, des mouvements involontaires sans être
consciente, action de l’âme forcée, action raisonnée ».
Mais le mouvement après la mort d’où vient-il? En vain dirat-on que l’âme a un commerce font étroit avec le corps, cela ne
fait qu’augmenter notre surprise et les difficultés.
« Ce commerce est tel qu’à l’occasion des désirs de l’âme, il
est dit qu’il s’excitera des mouvements dans le corps et qu’à l’occasion des mouvements du corps, il s’excitera des désirs dans
l’âme, car la réciprocité de
S
leurs actions
T
est démontrée ».
U
Mais les phénomènes de l’union de l’âme avec le corps sont
les mêmes dans tous les hommes. Comment cela se peut-il, si
l’âme et le corps sont deux substances hétérogènes?
Q ses fonctions, naturelles, vitales, ouvrage de l’âme…
R d’allonger ou abréger la vie. Âme, cause de mouvements […] la
conscience, de mouvements involontaires sans en être consciente…
S leur action
T FNR: est démontrée. Qui incorpoream dicunt esse animam, desipiunt; nihil
enim aut facere posset aut pati, si esset hujusmodi. Diog. Laert. in vitâ Epicuri.
Anima Dei flatu nata, corporalis effigiata. Tert. de An. Cap. XXII. Pourquoi Dieu
n’aurait-il pas crée des âmes ou naturellement viciées ou capables de se dépraver
elles-mêmes, puisqu’il a permis que la chose arrivât aux corps? Mais si cela est, il
y a dans l’homme deux principes de désordre. (p. 269, l. 3-13; AT, 379) [cf. Tertullien (155-222 apr. J.-C.), De l’Âme, dans Œuvres, 3 vol., éd. fr. M. de Genoude, 2
e
éd., Paris, 1852, vol. II, p. 44: « L’âme, selon nous, est née du souffle de Dieu,
immortelle, corporelle, ayant une forme, simple dans sa substance, intelligente par
elle-même, développant ses forces diversement, libre dans ses déterminations,
sujette aux changements, capable de se modifier par ses différentes cultures, raisonnable, souveraine, riche de pressentiments, et dérivants d’une seule et même
âme ». Sur la question du désordre, Diderot évoque la même polémique de Tertullien avec les platoniciens, ivi, p. 46: « Pour nous qui n’assimilons rien à Dieu, nous
plaçons par là même l’âme bien au-dessous de Dieu, parce que nous reconnaissons
qu’elle est née, et conséquemment qu’elle possède une divinité inférieure et un
bonheur plus circonscrit; comme souffle, mais non comme esprit »].
U Phénomènes de l’union […] sont constants dans tous les hommes. Comment cela…
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PARTIE I
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 148
fabrication même du corps et l’exercice de toutes
Q
ses fonctions
vitales sont l’ouvrage de l’âme, qui sait tout, mais qui n’est pas
toujours attentive à tout, réparant dans le sommeil, capricieuse,
fantasque, négligente, paresseuse, désespérée, craintive, capable
par sa nature, bien ou malfaisante,
R d’abréger ou d’allonger la
vie. L’âme enfin est la cause des mouvements volontaires dont
elle a la conscience, des mouvements involontaires sans être
consciente, action de l’âme forcée, action raisonnée ».
Mais le mouvement après la mort d’où vient-il? En vain dirat-on que l’âme a un commerce font étroit avec le corps, cela ne
fait qu’augmenter notre surprise et les difficultés.
« Ce commerce est tel qu’à l’occasion des désirs de l’âme, il
est dit qu’il s’excitera des mouvements dans le corps et qu’à l’occasion des mouvements du corps, il s’excitera des désirs dans
l’âme, car la réciprocité de
S
leurs actions
T
est démontrée ».
U
Mais les phénomènes de l’union de l’âme avec le corps sont
les mêmes dans tous les hommes. Comment cela se peut-il, si
l’âme et le corps sont deux substances hétérogènes?
Q ses fonctions, naturelles, vitales, ouvrage de l’âme…
R d’allonger ou abréger la vie. Âme, cause de mouvements […] la
conscience, de mouvements involontaires sans en être consciente…
S leur action
T FNR: est démontrée. Qui incorpoream dicunt esse animam, desipiunt; nihil
enim aut facere posset aut pati, si esset hujusmodi. Diog. Laert. in vitâ Epicuri.
Anima Dei flatu nata, corporalis effigiata. Tert. de An. Cap. XXII. Pourquoi Dieu
n’aurait-il pas crée des âmes ou naturellement viciées ou capables de se dépraver
elles-mêmes, puisqu’il a permis que la chose arrivât aux corps? Mais si cela est, il
y a dans l’homme deux principes de désordre. (p. 269, l. 3-13; AT, 379) [cf. Tertullien (155-222 apr. J.-C.), De l’Âme, dans Œuvres, 3 vol., éd. fr. M. de Genoude, 2
e
éd., Paris, 1852, vol. II, p. 44: « L’âme, selon nous, est née du souffle de Dieu,
immortelle, corporelle, ayant une forme, simple dans sa substance, intelligente par
elle-même, développant ses forces diversement, libre dans ses déterminations,
sujette aux changements, capable de se modifier par ses différentes cultures, raisonnable, souveraine, riche de pressentiments, et dérivants d’une seule et même
âme ». Sur la question du désordre, Diderot évoque la même polémique de Tertullien avec les platoniciens, ivi, p. 46: « Pour nous qui n’assimilons rien à Dieu, nous
plaçons par là même l’âme bien au-dessous de Dieu, parce que nous reconnaissons
qu’elle est née, et conséquemment qu’elle possède une divinité inférieure et un
bonheur plus circonscrit; comme souffle, mais non comme esprit »].
U Phénomènes de l’union […] sont constants dans tous les hommes. Comment cela…
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