Une femme qui a l’air mâle doit déplaire à la femme pour qui
elle ne peut rien et à l’homme dont elle rend le désir perplexe: et
ainsi de l’homme qui a l’air féminin.
C
L’homme sain ne connaît pas toute sa force; j’en dis autant
de l’homme tranquille*.
* Mr de Buffon voit la flamme s’échapper avec de la fumée à travers les
fentes d’un lambris; il arrache le lambris; il prend entre ses bras les planches à
demi brûlées et les porte dans sa cour et
D
il se trouve qu’un cheval n’ébranlerait
pas le fardeau qu’il a porté.
E
Une femme délicate est attaquée de vapeurs hystériques, de fureur utérine et trois hommes ne peuvent contenir celle qu’un seul
d’entre eux aurait renversée, liée dans son état de santé. Le feu prend à la maison d’un avare, il prend son coffre-fort et le porte dans son jardin, d’où il ne
l’aurait pas remué pour dix fois la somme qu’il contenait
63 .
C’est que dans le désordre toutes les forces de la machine sont
conspirantes et que dans l’état sain ou tranquille elles agissent isolées; il n’y a que l’action ou des bras, ou des jambes, ou des cuisses,
ou des flancs. Dans l’état sain ou tranquille l’animal craint de se
blesser, il ne connaît pas cette frayeur dans la passion ou la maladie.
L’homme, proportion gardée, a la tête plus grosse que les
autres animaux: c’est que l’exercice des organes qu’elle contient,
commence avec la vie, ne cesse point et dure jusqu’à la mort; or
l’exercice fortifie tous les membres, comme
F
le défaut d’exercice
les oblitère.
Il n’est personne qui réfléchissant un peu ne s’aperçoive que
la tête est le siège
G
de la pensée.
dramatique, dans DPV, X, p. 477: «XXI. De la pantomime »; Entretiens sur le
Fils naturel, ibidem, p. 322: « Nous parlons trop dans nos drames; et conséquemment, nos acteurs n’y jouent pas assez. Nous avons perdu un art, dont les
anciens connaissaient bien les ressources. Le pantomime jouait autrefois toutes
les conditions, les rois, les héros, les tyrans, les riches, les pauvres, les habitants
des villes, ceux de la campagne, choisissant dans chaque état ce qui lui est
propre; dans chaque action, ce qu’elle a de frappant ».
C DE LA FORCE ANIMALE. L’animal sain […] autant de l’animal tranquille.
D il se trouve que deux chevaux n’ébranleraient pas le fardeau…
E Cette femme délicate […] et six hommes ne peuvent contenir celle…
63 Cf. Buffon, Histoire naturelle cit., vol II, p. 429: « Histoire naturelle de
l’homme. De la nature de l’Homme ».
F l’oisiveté les oblitère.
G FNR: de la pensée. J’ai vu courir des poulets sans tête. (p. 114, l. 1; AT,
309).
DES ÊTRES
143
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 143
elle ne peut rien et à l’homme dont elle rend le désir perplexe: et
ainsi de l’homme qui a l’air féminin.
C
L’homme sain ne connaît pas toute sa force; j’en dis autant
de l’homme tranquille*.
* Mr de Buffon voit la flamme s’échapper avec de la fumée à travers les
fentes d’un lambris; il arrache le lambris; il prend entre ses bras les planches à
demi brûlées et les porte dans sa cour et
D
il se trouve qu’un cheval n’ébranlerait
pas le fardeau qu’il a porté.
E
Une femme délicate est attaquée de vapeurs hystériques, de fureur utérine et trois hommes ne peuvent contenir celle qu’un seul
d’entre eux aurait renversée, liée dans son état de santé. Le feu prend à la maison d’un avare, il prend son coffre-fort et le porte dans son jardin, d’où il ne
l’aurait pas remué pour dix fois la somme qu’il contenait
63 .
C’est que dans le désordre toutes les forces de la machine sont
conspirantes et que dans l’état sain ou tranquille elles agissent isolées; il n’y a que l’action ou des bras, ou des jambes, ou des cuisses,
ou des flancs. Dans l’état sain ou tranquille l’animal craint de se
blesser, il ne connaît pas cette frayeur dans la passion ou la maladie.
L’homme, proportion gardée, a la tête plus grosse que les
autres animaux: c’est que l’exercice des organes qu’elle contient,
commence avec la vie, ne cesse point et dure jusqu’à la mort; or
l’exercice fortifie tous les membres, comme
F
le défaut d’exercice
les oblitère.
Il n’est personne qui réfléchissant un peu ne s’aperçoive que
la tête est le siège
G
de la pensée.
dramatique, dans DPV, X, p. 477: «XXI. De la pantomime »; Entretiens sur le
Fils naturel, ibidem, p. 322: « Nous parlons trop dans nos drames; et conséquemment, nos acteurs n’y jouent pas assez. Nous avons perdu un art, dont les
anciens connaissaient bien les ressources. Le pantomime jouait autrefois toutes
les conditions, les rois, les héros, les tyrans, les riches, les pauvres, les habitants
des villes, ceux de la campagne, choisissant dans chaque état ce qui lui est
propre; dans chaque action, ce qu’elle a de frappant ».
C DE LA FORCE ANIMALE. L’animal sain […] autant de l’animal tranquille.
D il se trouve que deux chevaux n’ébranleraient pas le fardeau…
E Cette femme délicate […] et six hommes ne peuvent contenir celle…
63 Cf. Buffon, Histoire naturelle cit., vol II, p. 429: « Histoire naturelle de
l’homme. De la nature de l’Homme ».
F l’oisiveté les oblitère.
G FNR: de la pensée. J’ai vu courir des poulets sans tête. (p. 114, l. 1; AT,
309).
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