Chap. III
Homme
Y
La caractéristique de l’homme est dans son cerveau et non
dans son organisation extérieure.
Z
L’intermédiaire entre l’homme et les autres animaux, c’est le
singe. J’ai vu un homme singe: il ne pensait pas plus que le singe,
il imitait comme le singe, il était malfaisant comme le singe, il ne
parlait point, mais il jetait des cris comme le singe
60
; il s’agitait
sans cesse comme le singe; il était décousu dans ses idées comme
le singe
61
; il se fâchait, il s’apaisait, il était sans pudeur comme le
singe.
A
Point d’animaux en qui la physionomie soit plus variée que
dans l’homme. Lorsque les vieillards ont de la physionomie, ils
en ont beaucoup. Leurs rides sont comme les traits profonds du
burin du temps, qui a rendu fortement l’image d’une passion qui
n’existe plus. L’homme sans physionomie n’est rien. Celui qui a
l’air d’un homme de bien, l’est peut-être; celui qui a l’air
B vil et
méchant l’est toujours. L’homme d’esprit peut avoir l’air d’un
sot. Un sot n’a jamais l’air d’un homme d’esprit
62
.
Y LA CARACTÉRISTIQUE DE L’HOMME EST DANS SON CERVEAU ET NON DANS
SON ORGANISATION EXTÉRIEURE. J’ai vu un homme singe. Il ne pensait…
Z LE SINGE: animal intermédiaire…
60 Cf. Le Rêve cit., p. 206: «– Avez vous vu au Jardin du Roi, sous une cage
de verre, un orang-outang qui a l’air d’un St Jean qui prêche au désert? – Oui je
l’ai vu. – Le cardinal de Polignac lui disait un jour: Parle et je te baptise »; cf.
aussi La Mettrie, Traité de l’âme, dans Œuvres philosophiques cit., chap. XV:
«Histoire VI. Des hommes sauvages, appelés Satyres», p. 237: « Les hommes
sauvages* [*il y a deux ans qu’il parut à la Foire saint Laurent un grand singe,
semblable au Satyre de Tulpius], assez communs aux Indes et en Afrique, sont
appelés Avang-outang par les Indiens et Quoias Morrou par les Africains […].
La face de ces animaux ressemble au visage de l’homme »; cf. aussi Buffon,
Histoire naturelle cit., vol. XIV, pp. 1-43: « Nomenclature des singes ».
61 Cette phrase manque dans V.
A PHYSIONOMIE. Point d’animaux…
B vil ou méchant.
62 Cf. Buffon, Histoire naturelle de l’Homme cit., vol. II, pp. 517-557: « De
l’Age viril. Description de l’Homme » où Diderot a sans doute puisé, par
exemple p. 520: « Les personnes qui ont la vue courte, ou qui sont louches, ont
beaucoup moins de cette âme extérieure qui réside principalement dans les
yeux, ces défauts détruisent la physionomie »; l’intérêt pour la physiognomonie
remonte aux années des pièces théâtrales (1758-1762), cf. Discours de la poésie
142
PARTIE I
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 142
Homme
Y
La caractéristique de l’homme est dans son cerveau et non
dans son organisation extérieure.
Z
L’intermédiaire entre l’homme et les autres animaux, c’est le
singe. J’ai vu un homme singe: il ne pensait pas plus que le singe,
il imitait comme le singe, il était malfaisant comme le singe, il ne
parlait point, mais il jetait des cris comme le singe
60
; il s’agitait
sans cesse comme le singe; il était décousu dans ses idées comme
le singe
61
; il se fâchait, il s’apaisait, il était sans pudeur comme le
singe.
A
Point d’animaux en qui la physionomie soit plus variée que
dans l’homme. Lorsque les vieillards ont de la physionomie, ils
en ont beaucoup. Leurs rides sont comme les traits profonds du
burin du temps, qui a rendu fortement l’image d’une passion qui
n’existe plus. L’homme sans physionomie n’est rien. Celui qui a
l’air d’un homme de bien, l’est peut-être; celui qui a l’air
B vil et
méchant l’est toujours. L’homme d’esprit peut avoir l’air d’un
sot. Un sot n’a jamais l’air d’un homme d’esprit
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.
Y LA CARACTÉRISTIQUE DE L’HOMME EST DANS SON CERVEAU ET NON DANS
SON ORGANISATION EXTÉRIEURE. J’ai vu un homme singe. Il ne pensait…
Z LE SINGE: animal intermédiaire…
60 Cf. Le Rêve cit., p. 206: «– Avez vous vu au Jardin du Roi, sous une cage
de verre, un orang-outang qui a l’air d’un St Jean qui prêche au désert? – Oui je
l’ai vu. – Le cardinal de Polignac lui disait un jour: Parle et je te baptise »; cf.
aussi La Mettrie, Traité de l’âme, dans Œuvres philosophiques cit., chap. XV:
«Histoire VI. Des hommes sauvages, appelés Satyres», p. 237: « Les hommes
sauvages* [*il y a deux ans qu’il parut à la Foire saint Laurent un grand singe,
semblable au Satyre de Tulpius], assez communs aux Indes et en Afrique, sont
appelés Avang-outang par les Indiens et Quoias Morrou par les Africains […].
La face de ces animaux ressemble au visage de l’homme »; cf. aussi Buffon,
Histoire naturelle cit., vol. XIV, pp. 1-43: « Nomenclature des singes ».
61 Cette phrase manque dans V.
A PHYSIONOMIE. Point d’animaux…
B vil ou méchant.
62 Cf. Buffon, Histoire naturelle de l’Homme cit., vol. II, pp. 517-557: « De
l’Age viril. Description de l’Homme » où Diderot a sans doute puisé, par
exemple p. 520: « Les personnes qui ont la vue courte, ou qui sont louches, ont
beaucoup moins de cette âme extérieure qui réside principalement dans les
yeux, ces défauts détruisent la physionomie »; l’intérêt pour la physiognomonie
remonte aux années des pièces théâtrales (1758-1762), cf. Discours de la poésie
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