mort naturelle
37
.
B
Il y a deux états de mort, un état de mort absolue
et un état de mort momentanée
38
.
C
Au Pérou on trouve un serpent,
qui desséché à la fumée se ranime à la vapeur humide et chaude.
D
Le dessèchement successif ne dérange pas toujours l’organisation; mais le froid excessif la dérange: aussi prétend-on qu’un
animal gelé ne ressuscite pas: (je n’en crois rien)
E
on pourrait
citer une multitude d’insectes froids, (gelés du moins en apparence) desséchés, où il y a cessation entière de chaleur et de mouvement, extinction totale de sensibilité et qu’on ramène par des
stimulants, par la chaleur
F
et l’humidité. Il y a même des
exemples d’homme en qui tout mouvement a cessé, pendant un
temps considérable, sans qu’il y eût mort absolue. Serrez fortement un des fils du cerveau, un nerfs, et son prolongement perdra
le mouvement
G
et non la vie, il subsistera vivant et n’obéira plus.
La ligature, naturelle ou artificielle, est aux parties inférieures ce
qu’une chaîne serait aux pieds de l’animal entier.
37 Cf. Marat, De l’Homme cit., vol. III, p. 213-217: «Des causes de la Mort
[…]. Si l’on compare l’état des solides dans les différents âges, on les trouvera
toujours extrêmement mols et souples dans les premiers temps de la vie: les
fibres, la peau, les membranes, les cartilages, les os mêmes de l’embryon ne
sont que des filets d’une matière ductile. Peu à peu ces parties prennent de la
consistance: à mesure que l’homme avance en âge, elles deviennent plus compactes, elles se dessèchent ensuite, se resserrent, se retirent; jusqu’à ce que dans
la vieillesse, les chairs deviennent fort dures, les membranes cartilagineuses, les
cartilages osseux, toutes les parties plus rigides […]. Le Corps meurt donc
insensiblement, jusqu’à ce que dans l’extrême vieillesse, ses organes trop raides
ne cèdent plus à l’action des fluides, et le cours des liqueurs cesse pour toujours.
Ainsi, tandis que toutes les machines de l’art périssent par la perte de leur substance, la machine animale seule périt par addition de solidité ».
B Il y a même deux états de mort…
38 Cette distinction est à attribuer à R. Whytt, An Essay on the Vital and
other involuntary motions of Animals, Edinburgh, 1751, p. 420, où l’on trouve
la notion de « particular death ».
C FNR: Un serpent desséché à la cheminée, mis dans l’eau s’y ranime. (p. 46,
l. 3-4).
D FROID. Un animal desséché renaît, un animal gelé ne ressuscite pas. Je
n’en crois rien [AT: je le crois bien]; le dessèchement successif ne dérange pas
l’organisation, le froid la dérange.
E Je pourrais vous citer une multitude d’insectes froids, gelés et desséchés…
F et par l’humidité. Mail il y a même des exemples d’hommes…
G et non la vie. Il subsistera, mais il n’obéira plus. La ligature est aux parties…
128
PARTIE I
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 128
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B
Il y a deux états de mort, un état de mort absolue
et un état de mort momentanée
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C
Au Pérou on trouve un serpent,
qui desséché à la fumée se ranime à la vapeur humide et chaude.
D
Le dessèchement successif ne dérange pas toujours l’organisation; mais le froid excessif la dérange: aussi prétend-on qu’un
animal gelé ne ressuscite pas: (je n’en crois rien)
E
on pourrait
citer une multitude d’insectes froids, (gelés du moins en apparence) desséchés, où il y a cessation entière de chaleur et de mouvement, extinction totale de sensibilité et qu’on ramène par des
stimulants, par la chaleur
F
et l’humidité. Il y a même des
exemples d’homme en qui tout mouvement a cessé, pendant un
temps considérable, sans qu’il y eût mort absolue. Serrez fortement un des fils du cerveau, un nerfs, et son prolongement perdra
le mouvement
G
et non la vie, il subsistera vivant et n’obéira plus.
La ligature, naturelle ou artificielle, est aux parties inférieures ce
qu’une chaîne serait aux pieds de l’animal entier.
37 Cf. Marat, De l’Homme cit., vol. III, p. 213-217: «Des causes de la Mort
[…]. Si l’on compare l’état des solides dans les différents âges, on les trouvera
toujours extrêmement mols et souples dans les premiers temps de la vie: les
fibres, la peau, les membranes, les cartilages, les os mêmes de l’embryon ne
sont que des filets d’une matière ductile. Peu à peu ces parties prennent de la
consistance: à mesure que l’homme avance en âge, elles deviennent plus compactes, elles se dessèchent ensuite, se resserrent, se retirent; jusqu’à ce que dans
la vieillesse, les chairs deviennent fort dures, les membranes cartilagineuses, les
cartilages osseux, toutes les parties plus rigides […]. Le Corps meurt donc
insensiblement, jusqu’à ce que dans l’extrême vieillesse, ses organes trop raides
ne cèdent plus à l’action des fluides, et le cours des liqueurs cesse pour toujours.
Ainsi, tandis que toutes les machines de l’art périssent par la perte de leur substance, la machine animale seule périt par addition de solidité ».
B Il y a même deux états de mort…
38 Cette distinction est à attribuer à R. Whytt, An Essay on the Vital and
other involuntary motions of Animals, Edinburgh, 1751, p. 420, où l’on trouve
la notion de « particular death ».
C FNR: Un serpent desséché à la cheminée, mis dans l’eau s’y ranime. (p. 46,
l. 3-4).
D FROID. Un animal desséché renaît, un animal gelé ne ressuscite pas. Je
n’en crois rien [AT: je le crois bien]; le dessèchement successif ne dérange pas
l’organisation, le froid la dérange.
E Je pourrais vous citer une multitude d’insectes froids, gelés et desséchés…
F et par l’humidité. Mail il y a même des exemples d’hommes…
G et non la vie. Il subsistera, mais il n’obéira plus. La ligature est aux parties…
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