Le cœur, les poumons, la rate, la main, presque toutes les parties de l’animal vivent quelque temps séparées du tout.
W
La tête
même séparée du corps, regarde et vit. Il n’y a que la vie de la
molécule ou sa sensibilité qui ne cesse point. C’est une de ses
qualités essentielles. La mort s’arrête là.
X
Des parties unies au corps semblent mourir, du moins en
masse: en vieillissant, la chair devient musculeuse, la fibre
Y
se
racornit, les muscles deviennent tendineux, le tendon semble
avoir perdu sa sensibilité, je dis semble, parce qu’il pourrait sentir encore lui, sans que l’animal entier le sût.
Z
Qui peut assurer
qu’il n’y a pas une infinité de sensations qui s’excitent et s’éteignent dans le lieu? Peu à peu le tendon s’affaisse, il se sèche, il se
durcit, il cesse de vivre, du moins d’une vie commune à tout le
système; peut-être ne fait-il que s’isoler, se séparer de la société
dont il ne partage ni les peines, ni les plaisirs et à la quelle il ne
rend plus rien
36
.
Mort
Nul état fixe dans le corps l’animal: il décroît
A
quand il ne croît
plus. Tout s’affaiblit et se raidit avec l’âge: le cœur devient calleux,
sans être aussitôt funestes. Dans des têtes de bœufs qui avaient toutes les apparences de la santé, lorsqu’on les a égorgés; on a trouvé des concrétions, qui ont
fait croire que leur cerveau s’était pétrifié ». Barthez montre, plus loin, qu’il ne
croit pas à la possibilité d’une « ossification » effective du cerveau.
W VIE PROPRE À CHAQUE ORGANE. La tête séparée…
X MORT SUCCESSIVE DE L’ANIMAL. Il y a des parties qui unies au corps…
Y V: se raccourcit; SP: se racornit, le muscle devient tendineux…
Z Qui sait s’il n’y a pas….
36 Sur le thème de la mort-processus cf. Buffon, Histoire naturelle cit., vol.
II, « Histoire naturelle de l’Homme. De la Vieillesse », p. 579: « Dès qu’il commence à dépérir, la quantité de vie diminue; enfin lorsqu’il se courbe, se dessèche et s’affaisse, elle décroît, elle se resserre, elle se réduit à rien, nous
commençons à vivre par degrés et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre. Pourquoi donc craindre la mort, si l’on a assez bien vécu pour
n’en pas craindre les suites? Pourquoi redouter cet instant, puisqu’il est préparé
par une infinité d’autres instants du même ordre, puisque la mort est aussi naturelle que la vie, et que l’une et l’autre nous arrivent de la même façon sans que
nous le sentions, sans que nous puissions nous en apercevoir?»; aussi ibidem,
p. 581 ss. ; Introduction, § 4.
A FNR: quand il ne s’accroît plus. Sang des vieillards plus rouge. Tout s’affaiblit ou se raidit; le cœur… (p. 276, l. 10-11; AT, 382).
DES ÊTRES
127
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 127
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La tête
même séparée du corps, regarde et vit. Il n’y a que la vie de la
molécule ou sa sensibilité qui ne cesse point. C’est une de ses
qualités essentielles. La mort s’arrête là.
X
Des parties unies au corps semblent mourir, du moins en
masse: en vieillissant, la chair devient musculeuse, la fibre
Y
se
racornit, les muscles deviennent tendineux, le tendon semble
avoir perdu sa sensibilité, je dis semble, parce qu’il pourrait sentir encore lui, sans que l’animal entier le sût.
Z
Qui peut assurer
qu’il n’y a pas une infinité de sensations qui s’excitent et s’éteignent dans le lieu? Peu à peu le tendon s’affaisse, il se sèche, il se
durcit, il cesse de vivre, du moins d’une vie commune à tout le
système; peut-être ne fait-il que s’isoler, se séparer de la société
dont il ne partage ni les peines, ni les plaisirs et à la quelle il ne
rend plus rien
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Mort
Nul état fixe dans le corps l’animal: il décroît
A
quand il ne croît
plus. Tout s’affaiblit et se raidit avec l’âge: le cœur devient calleux,
sans être aussitôt funestes. Dans des têtes de bœufs qui avaient toutes les apparences de la santé, lorsqu’on les a égorgés; on a trouvé des concrétions, qui ont
fait croire que leur cerveau s’était pétrifié ». Barthez montre, plus loin, qu’il ne
croit pas à la possibilité d’une « ossification » effective du cerveau.
W VIE PROPRE À CHAQUE ORGANE. La tête séparée…
X MORT SUCCESSIVE DE L’ANIMAL. Il y a des parties qui unies au corps…
Y V: se raccourcit; SP: se racornit, le muscle devient tendineux…
Z Qui sait s’il n’y a pas….
36 Sur le thème de la mort-processus cf. Buffon, Histoire naturelle cit., vol.
II, « Histoire naturelle de l’Homme. De la Vieillesse », p. 579: « Dès qu’il commence à dépérir, la quantité de vie diminue; enfin lorsqu’il se courbe, se dessèche et s’affaisse, elle décroît, elle se resserre, elle se réduit à rien, nous
commençons à vivre par degrés et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre. Pourquoi donc craindre la mort, si l’on a assez bien vécu pour
n’en pas craindre les suites? Pourquoi redouter cet instant, puisqu’il est préparé
par une infinité d’autres instants du même ordre, puisque la mort est aussi naturelle que la vie, et que l’une et l’autre nous arrivent de la même façon sans que
nous le sentions, sans que nous puissions nous en apercevoir?»; aussi ibidem,
p. 581 ss. ; Introduction, § 4.
A FNR: quand il ne s’accroît plus. Sang des vieillards plus rouge. Tout s’affaiblit ou se raidit; le cœur… (p. 276, l. 10-11; AT, 382).
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