De tous les organes solides la cervelle conserve le plus longtemps sa mollesse et sa vie. Je parle généralement.
S
Tant que le principe vital n’est pas détruit, le froid le plus âpre
ne saurait geler les fluides de l’animal qui y est exposé, ni même
diminuer sensiblement sa chaleur (cette dernière
T
assertion
semble contredite par l’effet du froid de Russie)
34
.
Sans la vie rien ne
U
s’explique, ni sans la sensibilité, ni sans
des nerfs vivants et sensibles.
Sans la vie, nulle distinction entre
V
l’homme et son cadavre.
Le cerveau, ou le cervelet avec les nerfs qui n’en sont que des
expansions filamenteuses et solides, forment un tout sensible,
continu, énergique et vivant: il ne faut pas chercher comment ce
tout vit, nous l’ignorons.
Il y a certainement deux vies très distinctes, même trois.
La vie de l’animal entier.
La vie de chacun de ses organes.
La vie de la molécule.
L’animal entier vit privé de plusieurs de ses parties. Des fœtus
monstrueux sont nés et ont vécu du moins quelques moments
sans tête: des animaux ont vécu et même satisfait à toutes leurs
fonctions sans cerveau, ou même avec un cerveau ossifié ou
pétrifié
35
; des enfants ont vécu et se sont mus sans moelle allongée; il y a cent preuves de la folie des esprits animaux.
S VIE ET MORT. Tant que le principe vital…
T assertion est fausse. Effet du froid de Russie.
34 C’est la première et dernière fois que l’on trouve mentionné le « principe
vital », notion-clé de la médecine montpellerienne, notamment de Barthez, Nouveaux éléments de la science de l’homme cit., vol. I, chap. VIII, 3
e section:
« Uniformité de la chaleur vitale dans des températures extrêmes de chaud et de
froid extérieurs. (L’excès de chaud nuit plutôt que l’excès de froid.) […] Le
Principe Vital a la faculté d’augmenter ou de diminuer les mouvements productifs de la chaleur. (Expérience de Fordyce.)» (vol. II, p. 214).
U s’explique, rien, ni sans la sensibilité…
V l’homme vivant et son cadavre.
35 Cf. Buffon, Histoire naturelle de l’homme cit., vol. II, éd. J. Varloot,
Paris, 1984, p. 124: « On a vu des animaux, et même des enfants naître sans tête
et sans cerveau, qui cependant avaient sentiment, mouvement et vie »; Barthez,
Nouveaux éléments de la science de l’homme cit., p. 223: «On a de nombreux
exemples de fœtus (venus à terme) et d’enfants qui ont péri d’hydrocéphale;
chez lesquels on a trouvé le cerveau, le cervelet et la moelle épinière résous en
eau, ou réduits à l’épaisseur d’une simple membrane. Ces sujets avaient dû survivre longtemps à ces dégénérations graduées qui n’eussent pu être soudaines,
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PARTIE I
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