lité physique, l’infinie variété des effets combinés d’une seconde,
d’une troisième, d’une multitude de qualités physiques; et tous
ces infinis se combinent encore avec
K
la variété des organes et
peut-être des parties de l’animal. Quoi ! Une huître pourrait
éprouver toutes ces sensations?
L
Non, mais un assez grand
nombre, sans compter celles qui naissent d’elle-même et qui sortent du fond de sa propre organisation.
Mais n’y a-t-il pas dans tous ces touchers bien des indiscernables? Beaucoup, il en reste cependant plus que la langue la plus
féconde n’en peut distinguer. L’idiome n’offre que quelques
degrés de comparaison pour un effet qui passe par une suite ininterrompue depuis la moindre quantité appréciable, jusqu’à son
extrême intensité.
Prenez l’animal, analysez-le, ôtez-lui toutes ses modifications, l’une après l’autre, et vous le réduirez à une molécule qui
aura longueur, largeur, profondeur et sensibilité. Supprimez la
sensibilité, il ne vous restera que la molécule inerte. Mais si vous
commencez par soustraire les trois dimensions, la sensibilité disparaît. On en viendra quelque jour à démontrer que la sensibilité
ou le toucher est un sens commun à tous les êtres
31
. Il y a déjà des
phénomènes qui y conduisent; alors la matière en général aura
cinq ou six propriétés essentielles, la force morte ou vive
32
, la lonK la variété infinie des organes…
L Non toutes, mais un assez grand nombre…
31 Cf. Le Rêve cit., p. 145: « Cette sensibilité pure et simple, ce toucher, se
diversifie par les organes émanés de chacun des brins; un brin formant une
oreille, donne naissance à une espèce de toucher que nous appelons bruit ou
son; un autre formant le palais, donne naissance à une seconde espèce de toucher que nous appelons saveur; un troisième formant le nez et le tapissant,
donne naissance à une troisième espèce de toucher que nous appelons odeur; un
quatrième formant un œil, donne naissance à une quatrième espèce de toucher
que nous appelons couleur »; cf. aussi Marat, De l’Homme cit., vol. III, Section
cinquième, pp. 110-111: «Du Corps Humain considéré comme machine à
l’aide de laquelle l’Ame est en relation avec les objets sensibles […]. Le toucher
n’est pas seulement la sensation la plus étendue, il est encore la base des autres:
car elles sont toutes produites par l’application des objets sensibles. Il y a donc
dans l’animal un sens universel; puisque tout ce qu’il y a de matériel dans l’univers est tactile ».
32 Ce terme est leibnizien, cf. Enc., VII, p. 112b: «Force vive ou Force des
Corps en mouvement; c’est un terme qui a été imaginé par M. Leibniz, pour distinguer la force d’un corps actuellement en mouvement, d’avec la force d’un
corps qui n’a que la tendance au mouvement, sans se mouvoir en effet […].
Supposons, dit M. Leibniz, un corps pesant appuyé sur un plan horizontal. Ce
DES ÊTRES
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d’une troisième, d’une multitude de qualités physiques; et tous
ces infinis se combinent encore avec
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la variété des organes et
peut-être des parties de l’animal. Quoi ! Une huître pourrait
éprouver toutes ces sensations?
L
Non, mais un assez grand
nombre, sans compter celles qui naissent d’elle-même et qui sortent du fond de sa propre organisation.
Mais n’y a-t-il pas dans tous ces touchers bien des indiscernables? Beaucoup, il en reste cependant plus que la langue la plus
féconde n’en peut distinguer. L’idiome n’offre que quelques
degrés de comparaison pour un effet qui passe par une suite ininterrompue depuis la moindre quantité appréciable, jusqu’à son
extrême intensité.
Prenez l’animal, analysez-le, ôtez-lui toutes ses modifications, l’une après l’autre, et vous le réduirez à une molécule qui
aura longueur, largeur, profondeur et sensibilité. Supprimez la
sensibilité, il ne vous restera que la molécule inerte. Mais si vous
commencez par soustraire les trois dimensions, la sensibilité disparaît. On en viendra quelque jour à démontrer que la sensibilité
ou le toucher est un sens commun à tous les êtres
31
. Il y a déjà des
phénomènes qui y conduisent; alors la matière en général aura
cinq ou six propriétés essentielles, la force morte ou vive
32
, la lonK la variété infinie des organes…
L Non toutes, mais un assez grand nombre…
31 Cf. Le Rêve cit., p. 145: « Cette sensibilité pure et simple, ce toucher, se
diversifie par les organes émanés de chacun des brins; un brin formant une
oreille, donne naissance à une espèce de toucher que nous appelons bruit ou
son; un autre formant le palais, donne naissance à une seconde espèce de toucher que nous appelons saveur; un troisième formant le nez et le tapissant,
donne naissance à une troisième espèce de toucher que nous appelons odeur; un
quatrième formant un œil, donne naissance à une quatrième espèce de toucher
que nous appelons couleur »; cf. aussi Marat, De l’Homme cit., vol. III, Section
cinquième, pp. 110-111: «Du Corps Humain considéré comme machine à
l’aide de laquelle l’Ame est en relation avec les objets sensibles […]. Le toucher
n’est pas seulement la sensation la plus étendue, il est encore la base des autres:
car elles sont toutes produites par l’application des objets sensibles. Il y a donc
dans l’animal un sens universel; puisque tout ce qu’il y a de matériel dans l’univers est tactile ».
32 Ce terme est leibnizien, cf. Enc., VII, p. 112b: «Force vive ou Force des
Corps en mouvement; c’est un terme qui a été imaginé par M. Leibniz, pour distinguer la force d’un corps actuellement en mouvement, d’avec la force d’un
corps qui n’a que la tendance au mouvement, sans se mouvoir en effet […].
Supposons, dit M. Leibniz, un corps pesant appuyé sur un plan horizontal. Ce
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