754 cinquième partie La diversité biologique à travers l’évolution
d’algues (voir la figure 31.24). Les eumycètes d’un grand
nombre de lichens se reproduisent aussi de façon sexuée ;
les algues des lichens se reproduisent indépendamment de
l’eumycète, par division cellulaire asexuée.
Dans la plupart des cas, chaque partenaire fournit à l’autre
des éléments que celui-ci ne pourrait obtenir seul. Ainsi,
l’algue fournit des composés du carbone (entre 60 et 90 % de
sa production de glucides par photosynthèse) ; la cyanobactérie fixe aussi le diazote (voir le chapitre 27) et le transforme
en azote organique. Quant à l’eumycète, il procure à ses partenaires photosynthétiques un environnement physique idéal
pour leur croissance. La disposition physique des hyphes
assure les échanges gazeux, protège le partenaire photosynthétique contre les rayonnements ultraviolets et permet de
retenir l’eau et les minéraux, dont la plupart sont absorbés
soit par la poussière transportée par le vent, soit par la pluie.
L’eumycète sécrète aussi des acides qui
facilitent l’absorption des minéraux.
Les Lichens survivent dans des
milieux inhospitaliers (température et
sécheresse extrêmes). Ils sont souvent
les premiers à croître sur des rochers et
des sols nouvellement mis à nu par des
incendies de forêt ou des éruptions
volcaniques. Ils brisent la surface des
rochers en s’y enfonçant et en l’attaquant chimiquement ; ils contribuent
également à stabiliser les sols, et ceux
qui fixent le diazote fournissent de
l’azote organique à leur écosystème. Ces
processus permettent l’établissement
d’une succession végétale (voir le chapitre 54). Les Lichens pourraient aussi
avoir aidé les Végétaux à coloniser les
milieux terrestres. On a trouvé des fossiles de lichens ou d’organismes très
semblables datant de 550 à 600 millions d’années, soit bien avant l’arrivée
des végétaux terrestres. Les premiers
lichens pourraient avoir modifié la
roche et les sols comme le font leurs
descendants aujourd’hui, et ainsi ouvert
la voie aux végétaux terrestres.
Malgré leur grande résistance, de
nombreux lichens sont particulièrement
sensibles à la pollution de l’air (ils sont
peu présents dans les villes). Leur mode
passif d’absorption des minéraux contenus dans la pluie et l’humidité les rend
vulnérables au dioxyde de soufre et
aux autres poisons contenus dans l’air.
Les eumycètes pathogènes
Quelque 30 % des 100 000 espèces
connues d’Eumycètes sont des parasites ou des agents pathogènes, principalement à l’égard des plantes
(figure 31.25). Ainsi, l’Ascomycète
Ophiostoma (ou Ceratocystis ulmi), qui
cause la maladie hollandaise de l’orme, a radicalement transformé le paysage du nord-est des États-Unis et du sud du
Québec. Ce champignon a envahi l’Amérique du Nord après
être arrivé aux États-Unis sur des billes de bois provenant
d’Europe en remboursement des dettes accumulées pendant
la Première Guerre mondiale. Transporté d’un arbre à l’autre
par un insecte vivant sous l’écorce (le Coléoptère Scolytus
multistriatus), ou par des échanges entre racines d’arbres voisins, il a rapidement éliminé plus de la moitié des ormes
d’Amérique (Ulmus americana) en bloquant la circulation de
la sève dans les vaisseaux de l’arbre. Un autre Ascomycète,
Fusarium circinatum, est responsable du chancre fusarien du
pin, une maladie qui guette les pins partout sur la planète.
Chaque année, entre 10 et 50 % des récoltes de fruits sont
détruites par des Eumycètes, et des récoltes de céréales sont
gravement touchées.
᭢ Lichens crustacés
(constitués d’une croûte)
᭢ Lichen foliacé
(semblable à une feuille)
᭤ Lichen fructiculeux
(semblable à un arbuste)
Ascocarpe de l’ascomycète
Sorédies
Hyphes
Couche
d’algues
Hyphes
Cellule d’algue
50
Rm
(280
w)
. Figure 31.24 L’anatomie d’un lichen composé d’une algue
et d’un ascomycète (MEB, cliché artificiellement coloré).
. Figure 31.23 Diverses
formes de Lichens.
d’algues (voir la figure 31.24). Les eumycètes d’un grand
nombre de lichens se reproduisent aussi de façon sexuée ;
les algues des lichens se reproduisent indépendamment de
l’eumycète, par division cellulaire asexuée.
Dans la plupart des cas, chaque partenaire fournit à l’autre
des éléments que celui-ci ne pourrait obtenir seul. Ainsi,
l’algue fournit des composés du carbone (entre 60 et 90 % de
sa production de glucides par photosynthèse) ; la cyanobactérie fixe aussi le diazote (voir le chapitre 27) et le transforme
en azote organique. Quant à l’eumycète, il procure à ses partenaires photosynthétiques un environnement physique idéal
pour leur croissance. La disposition physique des hyphes
assure les échanges gazeux, protège le partenaire photosynthétique contre les rayonnements ultraviolets et permet de
retenir l’eau et les minéraux, dont la plupart sont absorbés
soit par la poussière transportée par le vent, soit par la pluie.
L’eumycète sécrète aussi des acides qui
facilitent l’absorption des minéraux.
Les Lichens survivent dans des
milieux inhospitaliers (température et
sécheresse extrêmes). Ils sont souvent
les premiers à croître sur des rochers et
des sols nouvellement mis à nu par des
incendies de forêt ou des éruptions
volcaniques. Ils brisent la surface des
rochers en s’y enfonçant et en l’attaquant chimiquement ; ils contribuent
également à stabiliser les sols, et ceux
qui fixent le diazote fournissent de
l’azote organique à leur écosystème. Ces
processus permettent l’établissement
d’une succession végétale (voir le chapitre 54). Les Lichens pourraient aussi
avoir aidé les Végétaux à coloniser les
milieux terrestres. On a trouvé des fossiles de lichens ou d’organismes très
semblables datant de 550 à 600 millions d’années, soit bien avant l’arrivée
des végétaux terrestres. Les premiers
lichens pourraient avoir modifié la
roche et les sols comme le font leurs
descendants aujourd’hui, et ainsi ouvert
la voie aux végétaux terrestres.
Malgré leur grande résistance, de
nombreux lichens sont particulièrement
sensibles à la pollution de l’air (ils sont
peu présents dans les villes). Leur mode
passif d’absorption des minéraux contenus dans la pluie et l’humidité les rend
vulnérables au dioxyde de soufre et
aux autres poisons contenus dans l’air.
Les eumycètes pathogènes
Quelque 30 % des 100 000 espèces
connues d’Eumycètes sont des parasites ou des agents pathogènes, principalement à l’égard des plantes
(figure 31.25). Ainsi, l’Ascomycète
Ophiostoma (ou Ceratocystis ulmi), qui
cause la maladie hollandaise de l’orme, a radicalement transformé le paysage du nord-est des États-Unis et du sud du
Québec. Ce champignon a envahi l’Amérique du Nord après
être arrivé aux États-Unis sur des billes de bois provenant
d’Europe en remboursement des dettes accumulées pendant
la Première Guerre mondiale. Transporté d’un arbre à l’autre
par un insecte vivant sous l’écorce (le Coléoptère Scolytus
multistriatus), ou par des échanges entre racines d’arbres voisins, il a rapidement éliminé plus de la moitié des ormes
d’Amérique (Ulmus americana) en bloquant la circulation de
la sève dans les vaisseaux de l’arbre. Un autre Ascomycète,
Fusarium circinatum, est responsable du chancre fusarien du
pin, une maladie qui guette les pins partout sur la planète.
Chaque année, entre 10 et 50 % des récoltes de fruits sont
détruites par des Eumycètes, et des récoltes de céréales sont
gravement touchées.
᭢ Lichens crustacés
(constitués d’une croûte)
᭢ Lichen foliacé
(semblable à une feuille)
᭤ Lichen fructiculeux
(semblable à un arbuste)
Ascocarpe de l’ascomycète
Sorédies
Hyphes
Couche
d’algues
Hyphes
Cellule d’algue
50
Rm
(280
w)
. Figure 31.24 L’anatomie d’un lichen composé d’une algue
et d’un ascomycète (MEB, cliché artificiellement coloré).
. Figure 31.23 Diverses
formes de Lichens.
