740 cinquième partie La diversité biologique à travers l’évolution
mode de nutrition. De plus, de nombreux Eumycètes croissent
en formant des filaments multicellulaires, une structure qui
joue un rôle important au regard de leur mode de nutrition.
La nutrition et l’écologie des eumycètes
Comme les Animaux, les Eumycètes sont des organismes
hétérotrophes, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent fabriquer leur
nourriture ainsi que le font les Végétaux et les Algues. Mais,
contrairement aux Animaux, les Eumycètes n’ingèrent pas
leur nourriture. Ils absorbent les nutriments qui se trouvent
dans l’environnement. Pour ce faire, de nombreux eumycètes
sécrètent de puissantes enzymes hydrolytiques qui diffusent
à proximité. Ces enzymes décomposent les molécules complexes en composés simples que les eumycètes peuvent absorber, utiliser ou mettre en réserve sous forme de glycogène ou
même de lipides, comme c’est le cas chez les Animaux (pour
ce qui est des Végétaux, c’est l’amidon qui constitue la principale forme de réserve énergétique). D’autres eumycètes se
servent d’enzymes pour pénétrer à travers la paroi de cellules
de différents organismes, ce qui leur permet d’absorber les
nutriments contenus dans ces cellules. Ensemble, les enzymes
que l’on trouve chez l’une ou l’autre des espèces d’Eumycètes
peuvent digérer des composés provenant d’une grande variété
d’organismes vivants ou de matières en décomposition.
Cette diversité de sources nutritionnelles reflète la diversité des rôles – décomposeurs, parasites ou mutualistes – que
remplissent les Eumycètes dans les communautés écologiques. Les Eumycètes
décomposeurs absorbent leurs nutriments en décomposant la matière organique non vivante, comme les arbres
morts, les cadavres d’Animaux et les
déchets organiques. Pour leur part, les
Eumycètes parasites absorbent leurs
nutriments aux dépens des cellules de
leur hôte vivant. De nombreuses espèces
s’attaquent aux végétaux, tandis que
d’autres sont pathogènes pour les animaux. Les Eumycètes mutualistes tirent
eux aussi leurs nutriments d’un autre
organisme, mais ils exercent des actions
réciproques dont profite leur hôte. Par
exemple, des Eumycètes mutualistes
parasitent certaines espèces de termites
qui utilisent leurs enzymes pour décomposer le bois, comme le font des Protistes
mutualistes auprès d’autres espèces de
termites (voir la figure 28.26, p. 689).
Le succès écologique des Eumycètes
ne s’explique pas uniquement par les
enzymes qui leur permettent de digérer
diverses sources de nourriture. Leur structure, qui accroît considérablement leur
capacité à absorber les nutriments, y
contribue également.
La structure des eumycètes
Sur le plan structural, les Eumycètes se
présentent sous la forme de filaments
multicellulaires ou sous la forme d’organismes unicellulaires
(levures). De nombreuses espèces peuvent former des filaments ou des levures, mais nombre d’entre elles ne forment
que des filaments ; les Eumycètes qui ne produisent que des
levures sont beaucoup moins nombreux. Les levures vivent
souvent dans des environnements humides, ce qui inclut la
sève des végétaux et les tissus animaux où abondent les nutriments solubles comme le glucose et les acides aminés. Nous
reviendrons aux levures plus loin, dans ce chapitre.
La morphologie des Eumycètes multicellulaires accroît
leur capacité de se développer et d’absorber les nutriments
présents autour d’eux (figure 31.2). L’appareil végétatif de
ces Eumycètes forme un réseau de minuscules filaments appelés hyphes. Les hyphes se composent de parois tubulaires
m  Figure 31.3 Deux formes d’hyphes.
Paroi cellulaire
Noyaux
Cloison
Pore
Paroi
cellulaire
Noyaux
(a) Hyphe cloisonnée
(b) Cénocyte
Mycélium
Appareil sporifère
60 Rm
(100 w)
Structure reproductrice.
Le champignon produit de
minuscules cellules haploïdes
appelées spores.
Hyphes. Le champignon et son
mycélium souterrain consistent
en un réseau continu d’hyphes.
m  Figure 31.2 La structure d’un Eumycète multicellulaire. La photo du haut montre un bolet
comestible (Boletus edulis) dont les structures sexuelles forment la partie aérienne, au-dessus du sol,
et que nous appelons champignons. La photo du bas présente un mycélium croissant sur les aiguilles
tombées d’un Conifère. Le médaillon (MEB) montre l’hyphe.
Bien que les champignons apparaissant dans la photo du haut semblent autant d’individus
distincts, leur ADN pourrait-il être identique ? Expliquez votre réponse.
?
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