chapitre 30 La diversité des Végétaux II : l’évolution des plantes à graines 733
ConCept 
30.4
Le bien-être des humains
est fortement tributaire
des Vasculaires à graines
Dans la présente partie du manuel, nous mettons l’accent sur
les liens de dépendance des humains à l’égard des divers
groupes d’organismes. Or, les Vasculaires à graines forment le
groupe le plus essentiel à notre survie. En foresterie et en
agriculture, elles constituent des sources essentielles de nourriture, de combustible, de produits du bois et de médicaments ; l’humain tire aussi des Vasculaires à graines des fibres
qu’il utilise pour confectionner certains tissus et le papier. En
raison de cette dépendance, il est indispensable de préserver
la diversité des plantes.
Les produits des Vasculaires à graines
La plupart des aliments que nous consommons proviennent
des Angio spermes. Six plantes cultivées – le blé, le riz, le maïs,
la pomme de terre, le manioc et la patate – représentent à elles
seules 80 % de toutes les calories absorbées par les humains.
Nous avons aussi besoin des Angio spermes pour l’alimentation du bétail : il faut de 5 à 7 kg de grains pour produire 1 kg
de bœuf.
Les plantes cultivées modernes sont les produits d’une sélection artificielle qui résulte de la domestication des plantes
entreprise par les humains il y a près de 12 000 ans. Pour se
faire une idée de l’ampleur des transformations, il suffit de
voir à quel point le nombre et la grosseur des graines des
plantes domestiquées sont plus importants que ceux de leurs
parentes sauvages, comme le maïs (Zea mays, subsp. mays) et la
téosinte (Zea mays, subsp. parviglumis), l’ancêtre du maïs
moderne (voir la figure 38.16, p. 948). Les scientifiques peuvent
glaner des renseignements sur la domestication en comparant les gènes des plantes cultivées avec ceux de leurs parentes
sauvages. Dans le cas du maïs, des changements marquants,
comme l’augmentation de la grosseur de l’épi (et du nombre
de grains par épi) et la disparition de l’enveloppe dure qui
recouvrait les grains de la téosinte, ont probablement été provoqués par seulement cinq mutations génétiques.
Les plantes à fleurs fournissent bien d’autres produits
comestibles. Deux boissons populaires proviennent des feuilles
de thé (Camelia sinensis) et des fèves de café (Coffea arabica et
C. robusta), sans parler du cacaoyer (Theobroma cacao), à partir
duquel sont préparés le cacao et le chocolat. Les épices sont
tirées de diverses parties de plantes, comme les fleurs (le clou
de girofle [Eugenia caryophyllus], le safran [Crocus sativus]), les
fruits et les graines (la vanille [Vanilla planifolia], le poivre noir
[Piper nigrum], la moutarde [Sinapis alba]), les feuilles (le basilic
[Ocimum basilicum], la menthe [Mentha spp.], la sauge [Salvia
officinale]) et même l’écorce (la cannelle [Cinnamomum cassia]).
Beaucoup de Vasculaires à graines fournissent du bois, une
matière que n’offre aucune Vasculaire sans graines actuelle.
Le bois consiste en une accumulation de cellules du xylème à
paroi résistante (voir la figure 35.22, p. 876). Il est le principal combustible dans un grand nombre de pays, et la pâte de
bois, qui provient en général de Conifères comme le pin et le
sapin, est utilisée pour fabriquer le papier. Le bois demeure le
matériau de construction le plus répandu.
Durant des siècles, les humains s’en sont aussi remis aux
Vasculaires à graines pour se soigner. Dans beaucoup de
cultures, l’usage des plantes médicinales constitue une longue
tradition, et les scientifiques ont extrait et identifié les composés (ou métabolites) secondaires présents dans un grand
nombre de ces plantes (voir p. 697), ce qui a permis de produire des médicaments de synthèse. Par exemple, on utilise
depuis fort longtemps les feuilles et l’écorce du saule pour
préparer des analgésiques, qui ont notamment été prescrits
par le médecin grec Hippocrate. Or, dans les années 1800,
des scientifiques ont découvert que la propriété médicinale
du saule était attribuable à un produit chimique, la salicine.
L’acide acétylsalicylique, communément appelé aspirine, est
un dérivé synthétique de la salicine. On estime que 60 % des
médicaments utilisés en Occident proviennent directement
ou indirectement des plantes et des microorganismes. Le
tableau 30.1 présente une liste de certains usages médicinaux
des composés secondaires des Vasculaires à graines.
tableau  30.1  Quelques exemples de médicaments extraits
des Vasculaires à graines
Composé
Source végétale
Exemple d’utilisation
Atropine
Digitaline
Menthol
Quinine
Taxol
Turbocurarine
Vinblastine
Belladone (Atropa
belladona)
Digitale pourpre
(Digitalia purpurea)
Eucalyptus (Eucalyptus
dives)
Quinquina rouge
(Cinchona succirubra)
If occidental (Taxus
brevifolia)
Plantes diverses
(Strychnos toxifera,
Chondrodendron
tomentosum)
Pervenche (Vinca rosea)
Dilatation des pupilles
pendant les examens
de la vue
Traitement des troubles
cardiaques
Traitement de la toux
Prévention
du paludisme
Traitement du cancer
de l’ovaire
Relâchement
musculaire pendant
les interventions
chirurgicales
Traitement de
la leucémie
La diversité des plantes : une richesse menacée
Si les plantes constituent une ressource renouvelable, leur diversité, elle, ne l’est pas. L’explosion démographique s’accompagne
d’une telle augmentation des besoins d’espace et de ressources
naturelles qu’elle provoque l’extinction d’espèces végétales à
un rythme effarant. Le problème est particulièrement grave
sous les tropiques, où vivent plus des deux tiers des humains
et où la croissance de la population est la plus rapide. Quelque
55 000 km
2
(14 millions d’acres, soit à peu près la superficie
d’un pays comme le Togo) de forêt tropicale humide sont
rasés chaque année (figure 30.16). À ce rythme, il ne restera
plus rien des 11 millions de km
2
restants dans 200 ans. La
culture sur brûlis – qui consiste à défricher en la brûlant une
parcelle de terre pour la cultiver pendant quelques années
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