732 cinqUième partie La diversité biologique à travers l’évolution
Les liens évolutifs entre les angio spermes
et les animaux
Depuis qu’ils ont colonisé la terre ferme, les animaux n’ont
jamais cessé d’influer sur l’évolution des végétaux terrestres,
et vice versa. Par exemple, les herbivores peuvent nuire à la
reproduction d’une plante en mangeant ses racines, ses
feuilles ou ses graines. Par conséquent, tout nouveau moyen
de défense efficace apparaissant chez un groupe de végétaux
favorisera ce dernier sur le plan de la sélection naturelle. Il en
ira autant des herbivores qui parviendront à surmonter ce
nouveau moyen de défense. Les pollinisateurs, tout comme
d’autres interactions mutuellement bénéfiques, peuvent avoir
des effets similaires sur le plan de l’évolution, comme le
montre la figure 30.14.
Dans ces derniers exemples, les interactions entre les végétaux et les animaux ont mené à une évolution réciproque des
deux espèces concernées. Cependant, les interactions entre
des végétaux et des animaux ont peutêtre eu des influences
plus profondes dans l’histoire du vivant, par exemple le
rythme de formation de nouvelles espèces. L’impact, sur
l’évolution, de l’organisation des pétales constitue un bon
exemple. Les pétales des fleurs peuvent être symétriques dans
une seule direction (selon le principe de symétrie bilatérale,
comme le montre la fleur du pois mangetout, à la figure 30.13)
ou dans toutes les directions (selon le principe de symétrie
radiaire, comme chez la rose sauvage de la figure 30.13). Un
insecte pollinisateur ne tirera du nectar d’une fleur à symétrie
bilatérale que s’il s’en approche d’un certain angle (figure 30.15).
Cette contrainte augmente la probabilité, pour un insecte
butinant de fleur en fleur, que du pollen se dépose sur une
partie de son corps puis entre en contact avec le stigmate
d’une autre fleur de la même espèce. Ces particularités du
transfert de pollen ont tendance à réduire la circulation des
gènes entre des populations divergentes et pourraient donc
favoriser la vitesse de spéciation des Végétaux.
Comment peuton tester cette hypothèse ? Le schéma cidessous illustre l’une des approches possibles :
Clade « bilatéral »
Comparaison
du nombre
d’espèces
Temps écoulé depuis la
divergence de l’ancêtre commun
Ancêtre
commun
Clade « radiaire »
Cette approche vise principalement à identifier des clades de
fleurs à symétrie bilatérale qui descendent directement du
même ancêtre qu’un clade de fleurs à symétrie radiaire. Une
étude récente a identifié 19 de ces paires de clades (« bilatéral »
et « radiaire ») apparentés. En moyenne, le clade de fleurs à
symétrie bilatérale compte près de 2 400 espèces de plus que
son parent proche portant des fleurs à symétrie radiaire. Selon
ce résultat, on peut penser que la forme des fleurs peut influer
sur le rythme de formation de nouvelles espèces puisque la
spéciation se produit plus rapidement dans les clades à symétrie bilatérale. De façon générale, on soupçonne que les effets
des relations entre les végétaux et leurs pollinisateurs ont
contribué à la prédominance croissante des Végétaux à fleurs
durant le Crétacé. Les Angio spermes auraient ainsi pris une
place considérable au sein des communautés écologiques.
retour sur le ConCept 30.3
1. On dit que le chêne est le moyen qu’utilise le gland
pour fabriquer d’autres glands. Expliquez cette
affirmation à l’aide des termes suivants : sporophyte,
gamétophyte, ovule, graine, ovaire et fruit.
2. Comparez un cône de pin et une fleur sur le plan
de la structure et de la fonction.
3.
et si ?
Que révèle la vitesse de spéciation des
clades de végétaux à fleurs étroitement apparentés ?
Que la forme de la fleur est corrélée avec le rythme
de formation de nouvelles espèces ou que la forme
de la fleur est responsable de ce rythme ? Expliquez
votre réponse.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
b Figure 30.14 Une
fleur pollinisée par des
mouches. Rafflesia arnoldii, la plus grosse fleur au
monde, pousse en Indonésie. Aussi grosse qu’un
pneu de voiture, elle attire
les mouches pollinisatrices
par son odeur de corps
en putréfaction.
b Figure 30.15 La pollinisation d’une fleur à symétrie
bilatérale. Pour recueillir le nectar
(solution sucrée sécrétée par les
glandes de la fleur, les nectaires)
d’une fleur à symétrie bilatérale,
comme cette fleur du genêt à
balais (Cytisus scoparius), l’abeille
doit s’y poser selon un angle précis.
Elle déclenche ainsi un mécanisme
qui recourbe les étamines pardessus l’abeille pour enduire
celle-ci de pollen. L’insecte répandra
ensuite un peu de pollen sur
le stigmate de la prochaine
fleur qu’elle butinera.
Les liens évolutifs entre les angio spermes
et les animaux
Depuis qu’ils ont colonisé la terre ferme, les animaux n’ont
jamais cessé d’influer sur l’évolution des végétaux terrestres,
et vice versa. Par exemple, les herbivores peuvent nuire à la
reproduction d’une plante en mangeant ses racines, ses
feuilles ou ses graines. Par conséquent, tout nouveau moyen
de défense efficace apparaissant chez un groupe de végétaux
favorisera ce dernier sur le plan de la sélection naturelle. Il en
ira autant des herbivores qui parviendront à surmonter ce
nouveau moyen de défense. Les pollinisateurs, tout comme
d’autres interactions mutuellement bénéfiques, peuvent avoir
des effets similaires sur le plan de l’évolution, comme le
montre la figure 30.14.
Dans ces derniers exemples, les interactions entre les végétaux et les animaux ont mené à une évolution réciproque des
deux espèces concernées. Cependant, les interactions entre
des végétaux et des animaux ont peutêtre eu des influences
plus profondes dans l’histoire du vivant, par exemple le
rythme de formation de nouvelles espèces. L’impact, sur
l’évolution, de l’organisation des pétales constitue un bon
exemple. Les pétales des fleurs peuvent être symétriques dans
une seule direction (selon le principe de symétrie bilatérale,
comme le montre la fleur du pois mangetout, à la figure 30.13)
ou dans toutes les directions (selon le principe de symétrie
radiaire, comme chez la rose sauvage de la figure 30.13). Un
insecte pollinisateur ne tirera du nectar d’une fleur à symétrie
bilatérale que s’il s’en approche d’un certain angle (figure 30.15).
Cette contrainte augmente la probabilité, pour un insecte
butinant de fleur en fleur, que du pollen se dépose sur une
partie de son corps puis entre en contact avec le stigmate
d’une autre fleur de la même espèce. Ces particularités du
transfert de pollen ont tendance à réduire la circulation des
gènes entre des populations divergentes et pourraient donc
favoriser la vitesse de spéciation des Végétaux.
Comment peuton tester cette hypothèse ? Le schéma cidessous illustre l’une des approches possibles :
Clade « bilatéral »
Comparaison
du nombre
d’espèces
Temps écoulé depuis la
divergence de l’ancêtre commun
Ancêtre
commun
Clade « radiaire »
Cette approche vise principalement à identifier des clades de
fleurs à symétrie bilatérale qui descendent directement du
même ancêtre qu’un clade de fleurs à symétrie radiaire. Une
étude récente a identifié 19 de ces paires de clades (« bilatéral »
et « radiaire ») apparentés. En moyenne, le clade de fleurs à
symétrie bilatérale compte près de 2 400 espèces de plus que
son parent proche portant des fleurs à symétrie radiaire. Selon
ce résultat, on peut penser que la forme des fleurs peut influer
sur le rythme de formation de nouvelles espèces puisque la
spéciation se produit plus rapidement dans les clades à symétrie bilatérale. De façon générale, on soupçonne que les effets
des relations entre les végétaux et leurs pollinisateurs ont
contribué à la prédominance croissante des Végétaux à fleurs
durant le Crétacé. Les Angio spermes auraient ainsi pris une
place considérable au sein des communautés écologiques.
retour sur le ConCept 30.3
1. On dit que le chêne est le moyen qu’utilise le gland
pour fabriquer d’autres glands. Expliquez cette
affirmation à l’aide des termes suivants : sporophyte,
gamétophyte, ovule, graine, ovaire et fruit.
2. Comparez un cône de pin et une fleur sur le plan
de la structure et de la fonction.
3.
et si ?
Que révèle la vitesse de spéciation des
clades de végétaux à fleurs étroitement apparentés ?
Que la forme de la fleur est corrélée avec le rythme
de formation de nouvelles espèces ou que la forme
de la fleur est responsable de ce rythme ? Expliquez
votre réponse.
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
b Figure 30.14 Une
fleur pollinisée par des
mouches. Rafflesia arnoldii, la plus grosse fleur au
monde, pousse en Indonésie. Aussi grosse qu’un
pneu de voiture, elle attire
les mouches pollinisatrices
par son odeur de corps
en putréfaction.
b Figure 30.15 La pollinisation d’une fleur à symétrie
bilatérale. Pour recueillir le nectar
(solution sucrée sécrétée par les
glandes de la fleur, les nectaires)
d’une fleur à symétrie bilatérale,
comme cette fleur du genêt à
balais (Cytisus scoparius), l’abeille
doit s’y poser selon un angle précis.
Elle déclenche ainsi un mécanisme
qui recourbe les étamines pardessus l’abeille pour enduire
celle-ci de pollen. L’insecte répandra
ensuite un peu de pollen sur
le stigmate de la prochaine
fleur qu’elle butinera.
