734 cinqUième partie La diversité biologique à travers l’évolution
avant de recommencer ailleurs – est la principale cause de la
disparition des forêts tropicales (voir le chapitre 56). L’élimination de la forêt entraîne celle de milliers d’espèces de
plantes, et le phénomène est irréversible.
L’extinction des espèces végétales va souvent de pair
avec celle d’insectes et d’autres animaux colonisant les forêts
tropicales humides. Les chercheurs estiment que la destruction d’habitats dans les forêts humides et les autres écosystèmes emporte des centaines d’espèces chaque année. Toujours
selon les estimations des chercheurs, si le rythme de disparition des espèces se poursuit dans les régions tropicales et
ailleurs, au moins 50 % des espèces auront disparu en quelques
siècles. Ce rythme de disparition constituerait une extinction
massive comparable à celles du Permien et du Crétacé, et
modifierait pour toujours l’histoire évolutive des Végétaux
terrestres (et de nombreux autres organismes).
Nombreuses sont les personnes qui sont moralement préoccupées à l’idée de participer à l’extinction d’espèces. La
réduction de la diversité végétale a aussi de quoi nous inquiéter sur le plan pratique. Jusqu’à présent, nous avons étudié
les usages possibles d’une minuscule fraction des 290 000 espèces
végétales connues. Ainsi, presque toute notre nourriture provient de la culture d’une vingtaine d’espèces. En outre, on n’a
étudié le potentiel médicinal que d’environ 5 000 espèces.
La forêt tropicale humide pourrait receler des plantes médicinales de grande valeur qui risquent l’extinction avant même
que leur existence nous soit connue. Si nous arrivions à
considérer les forêts tropicales et d’autres écosystèmes comme
des trésors vivants dont la régénération ne peut qu’être lente,
nous pourrions apprendre à exploiter leurs produits à un
rythme qui laisserait place au renouvellement. Que pouvonsnous faire d’autre pour préserver la diversité des plantes ? C’est
là une question de la plus haute importance. Nous y reviendrons plus en détail dans la huitième partie de cet ouvrage,
qui traite de l’écologie.
retour sur le ConCept 30.4
1. Expliquez pourquoi il est juste de considérer
la diversité des plantes comme une ressource non
renouvelable.
2.
et si ?
Comment les phylogenèses pourraientelles aider les chercheurs à concevoir plus efficacement de nouveaux médicaments dérivés des
Végétaux ?
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
. Figure 30.16
impact
La coupe à blanc dans les forêts
tropicales humides
A
u cours des derniers siècles, près de la moitié des forêts tropicales de
la planète ont été rasées pour l’agriculture ou à d’autres fins. Des
images satellites comme celles ci-dessous montrent que ces régions réunies
équivalent à peu près à la superficie du Canada. Les arbres vivants libèrent
d’importantes quantités d’eau dans l’atmosphère, ce qui rafraîchit l’environnement (comme l’évaporation de la sueur rafraîchit votre corps) et renvoie de l’humidité dans l’air, où elle est recyclée en pluie. L’abattage des
arbres réduit la quantité d’humidité libérée dans l’atmosphère, ce qui se
traduit par une hausse des températures et une diminution des pluies.
L’abattage diminue aussi l’absorption de CO 2 atmosphérique par la
photosynthèse.
Cette image satellite prise
en 2000 montre les zones
de coupe à blanc au Brésil,
entourées de la forêt
dense tropicale.
En 2009, les zones
de coupe à blanc
s’étaient étendues
considérablement.
4 km
pourQuoi C’est iMportant La hausse des températures et du CO 2
atmosphérique causée par la destruction des forêts tropicales contribue au
réchauffement planétaire ; la préservation de ces forêts devrait donc être une
priorité. De plus, on s’attend à ce que les changements dans la configuration
des pluies réduisent la production agricole dans certains des pays les plus
pauvres. Enfin, les forêts tropicales abritent 50 % des espèces de la Terre, voire
plus. La hausse des températures, la diminution des précipitations et la perte
d’habitats causées par les coupes à blanc des forêts tropicales risquent
d’entraîner la disparition de nombreuses espèces.
pour en savoir plus G. P. Asner, T. K. Rudel, T. M. Aide, R. Defries et
R. Emerson, A contemporary assessment of change in humid tropical forests,
Conservation Biology 23 : 1386-1395 (2009) ; M. Scouvart et É. F. Lambin,
Approche systémique des causes de la déforestation en Amazonie brésilienne : syndromes, synergies et rétroactions, L’Espace géographique 3
(tome 35), p. 241-254 (2006).
et si ?
Quels effets la coupe à blanc pourrait-elle avoir sur la température et l’humidité dans les zones limitrophes de ce qui reste d’une forêt ?
avant de recommencer ailleurs – est la principale cause de la
disparition des forêts tropicales (voir le chapitre 56). L’élimination de la forêt entraîne celle de milliers d’espèces de
plantes, et le phénomène est irréversible.
L’extinction des espèces végétales va souvent de pair
avec celle d’insectes et d’autres animaux colonisant les forêts
tropicales humides. Les chercheurs estiment que la destruction d’habitats dans les forêts humides et les autres écosystèmes emporte des centaines d’espèces chaque année. Toujours
selon les estimations des chercheurs, si le rythme de disparition des espèces se poursuit dans les régions tropicales et
ailleurs, au moins 50 % des espèces auront disparu en quelques
siècles. Ce rythme de disparition constituerait une extinction
massive comparable à celles du Permien et du Crétacé, et
modifierait pour toujours l’histoire évolutive des Végétaux
terrestres (et de nombreux autres organismes).
Nombreuses sont les personnes qui sont moralement préoccupées à l’idée de participer à l’extinction d’espèces. La
réduction de la diversité végétale a aussi de quoi nous inquiéter sur le plan pratique. Jusqu’à présent, nous avons étudié
les usages possibles d’une minuscule fraction des 290 000 espèces
végétales connues. Ainsi, presque toute notre nourriture provient de la culture d’une vingtaine d’espèces. En outre, on n’a
étudié le potentiel médicinal que d’environ 5 000 espèces.
La forêt tropicale humide pourrait receler des plantes médicinales de grande valeur qui risquent l’extinction avant même
que leur existence nous soit connue. Si nous arrivions à
considérer les forêts tropicales et d’autres écosystèmes comme
des trésors vivants dont la régénération ne peut qu’être lente,
nous pourrions apprendre à exploiter leurs produits à un
rythme qui laisserait place au renouvellement. Que pouvonsnous faire d’autre pour préserver la diversité des plantes ? C’est
là une question de la plus haute importance. Nous y reviendrons plus en détail dans la huitième partie de cet ouvrage,
qui traite de l’écologie.
retour sur le ConCept 30.4
1. Expliquez pourquoi il est juste de considérer
la diversité des plantes comme une ressource non
renouvelable.
2.
et si ?
Comment les phylogenèses pourraientelles aider les chercheurs à concevoir plus efficacement de nouveaux médicaments dérivés des
Végétaux ?
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
. Figure 30.16
impact
La coupe à blanc dans les forêts
tropicales humides
A
u cours des derniers siècles, près de la moitié des forêts tropicales de
la planète ont été rasées pour l’agriculture ou à d’autres fins. Des
images satellites comme celles ci-dessous montrent que ces régions réunies
équivalent à peu près à la superficie du Canada. Les arbres vivants libèrent
d’importantes quantités d’eau dans l’atmosphère, ce qui rafraîchit l’environnement (comme l’évaporation de la sueur rafraîchit votre corps) et renvoie de l’humidité dans l’air, où elle est recyclée en pluie. L’abattage des
arbres réduit la quantité d’humidité libérée dans l’atmosphère, ce qui se
traduit par une hausse des températures et une diminution des pluies.
L’abattage diminue aussi l’absorption de CO 2 atmosphérique par la
photosynthèse.
Cette image satellite prise
en 2000 montre les zones
de coupe à blanc au Brésil,
entourées de la forêt
dense tropicale.
En 2009, les zones
de coupe à blanc
s’étaient étendues
considérablement.
4 km
pourQuoi C’est iMportant La hausse des températures et du CO 2
atmosphérique causée par la destruction des forêts tropicales contribue au
réchauffement planétaire ; la préservation de ces forêts devrait donc être une
priorité. De plus, on s’attend à ce que les changements dans la configuration
des pluies réduisent la production agricole dans certains des pays les plus
pauvres. Enfin, les forêts tropicales abritent 50 % des espèces de la Terre, voire
plus. La hausse des températures, la diminution des précipitations et la perte
d’habitats causées par les coupes à blanc des forêts tropicales risquent
d’entraîner la disparition de nombreuses espèces.
pour en savoir plus G. P. Asner, T. K. Rudel, T. M. Aide, R. Defries et
R. Emerson, A contemporary assessment of change in humid tropical forests,
Conservation Biology 23 : 1386-1395 (2009) ; M. Scouvart et É. F. Lambin,
Approche systémique des causes de la déforestation en Amazonie brésilienne : syndromes, synergies et rétroactions, L’Espace géographique 3
(tome 35), p. 241-254 (2006).
et si ?
Quels effets la coupe à blanc pourrait-elle avoir sur la température et l’humidité dans les zones limitrophes de ce qui reste d’une forêt ?
