chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
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nettement mieux faire peu avec certitude et laisser à ceux qui
suivront le soin de trouver le reste… » Ceux qui, poussés par
le désir de comprendre le fonctionnement de la nature, choisissent une carrière scientifique ont l’assurance de pouvoir
puiser dans le vaste bagage de découvertes que d’autres ont
faites avant eux.
Les membres de la communauté scientifique scrutent les
travaux de ceux qui ont choisi le même domaine de recherche
qu’eux. Il leur arrive même souvent de vérifier les conclusions
des autres en essayant de reproduire leurs expériences. Lorsque
des confrères scientifiques n’arrivent pas à reproduire les
résultats d’une expérience, ce peut être parce que l’hypothèse
de départ comportait une faiblesse sous-jacente et qu’elle devra
être revue. À cet égard, la science s’autoréglemente. L’intégrité
sion des résultats font partie des règles de l’aventure scientifique. Après tout, la validité des données expé rimentales est
un élément clé pour tracer de futures pistes de recherche.
Il n’est pas rare que plusieurs scientifiques travaillent sur
le même sujet de recherche. Certains membres de la communauté scientifique sont motivés par le désir d’être les premiers
à faire une découverte importante ou à procéder à une expérience clé, alors que d’autres tirent plus de satisfaction à
coopérer avec d’autres confrères à la résolution d’un problème.
La coopération est plus facile lorsque les scientifiques travaillent sur le même type d’organisme. Il s’agit souvent d’un
organisme modèle qu’utilisent de nombreux chercheurs,
c’est-à-dire une espèce facile à reproduire en laboratoire et qui
se prête particulièrement bien aux projets en cours d’étude.
Dans la mesure où tous les organismes sont génétiquement
liés, les découvertes réalisées sur un organisme modèle s’avèrent
souvent applicables à beaucoup d’autres. Par exemple, les
études en génétique réalisées sur la drosophile (Drosophila
melanogaster) nous ont appris beaucoup de choses sur le fonctionnement des gènes chez d’autres espèces, dont l’espèce
humaine. Les organismes modèles populaires comptent aussi
Arabidopsis thaliana (une plante connue sous le nom d’arabette), Caenorhabditis elegans (un nématode), Danio rerio (le
poisson-zèbre), Mus musculus (la souris commune) et Escherichia coli (une bactérie). Au fil des chapitres de ce manuel,
remarquez combien l’étude du vivant s’est enrichie des
nombreuses contributions de ces organismes modèles, et de
bien d’autres.
Les biologistes abordent des questions intéressantes selon
des angles différents. Les uns se concentrent sur les écosystèmes, alors que d’autres étudient des phénomènes naturels
au niveau des organismes et des cellules. Ce manuel est divisé
en modules qui considèrent la biologie selon différents niveaux
hiérarchiques de l’organisation biologique. Il est néanmoins
possible d’examiner n’importe quel problème selon diverses
perspectives qui se révéleront complémentaires.
Puisque vous faites vos premiers pas dans l’étude de la biologie, vous aurez avantage à établir ce type de liens entre les
divers niveaux de cette science. Vous pouvez commencer en
remarquant comment certains sujets reviennent sans cesse
d’un module à l’autre. C’est le cas, notamment, de la drépanocytose, une maladie génétique qui n’a plus de secret pour
les biologistes et dont la prévalence est particulièrement élevée
parmi les populations d’Afrique et d’autres régions tropicales,
ainsi que chez leurs descendants. Le changement climatique
mondial, dont nous avons déjà parlé, est aussi un sujet dont
traitent plusieurs modules de ce manuel, mais chaque fois
rents vous aideront à intégrer la matière et à rendre la biologie encore plus captivante en vous permettant d’en voir les
applications.
science, technologie et société
grante de la société dans son ensemble. La science est indissociable de la culture contemporaine.
Certains philosophes des sciences avancent que les chercheurs sont tellement influencés par les valeurs culturelles et
politiques que la science ne possède pas plus d’objectivité
que les autres moyens de comprendre la nature. À l’opposé,
certaines personnes envisagent les théories scientifiques
comme s’il s’agissait de lois de la nature et non d’interprétations humaines de la nature. La réalité se situe probablement
entre ces deux extrêmes. La science est rarement d’une objectivité parfaite, mais elle doit toujours se conformer aux exigences suivantes : les observations et les expériences doivent
être reproductibles et les hypothèses doivent être vérifiables
et réfutables.
Le lien entre la science et la société s’est précisé avec l’avènement de la technologie. La science et la technologie recourent
parfois à des processus de recherche similaires, mais leurs
objectifs fondamentaux diffèrent. La science a pour but de
logie applique le savoir scientifique à quelque objet. Les biologistes et les autres scientifiques parleront de « découvertes »
alors que les ingénieurs et autres technologues parleront
d’« inventions ». Et parmi ceux qui bénéficient de ces inventions se trouvent les scientifiques, qui utilisent la nouvelle
technologie dans leur recherche. En somme, la science et la
technologie sont indissociables.
L’interdépendance de la science et de la technologie peut
avoir des répercussions considérables sur la société. Quelquefois, les applications les plus bénéfiques de la recherche
fondamentale ont vu le jour de façon inattendue à la suite
d’observations recueillies en cours d’exploration scientifique.
Prenons par exemple la découverte par Watson et Crick de la
structure de l’ADN il y a 60 ans. Cette percée a suscité une
foule d’activités scientifiques qui ont débouché sur l’apparition de nombreuses technologies d’analyse de l’ADN, lesquelles
ont à leur tour révolutionné plusieurs domaines, dont la
médecine, l’agriculture et la médecine légale (figure 1.29).
verait un jour des applications importantes, mais ils ne pouvaient certainement pas en prévoir la nature de façon précise.
L’orientation que prend la technologie dépend moins de
la curiosité qui anime la science que des besoins et désirs
actuels de la société et de l’environnement du moment. Les
débats concernant la technologie portent plus souvent sur la
question « devrions-nous le faire ? » que sur la question « pouvonsnous le faire ? ». Les progrès technologiques s’accompagnent
de choix difficiles. Dans quelles circonstances, par exemple,
est-il acceptable de se servir de la technologie de l’ADN pour
dépister les maladies héréditaires ? Et ce dépistage devrait-il
être volontaire, ou existe-t-il des circonstances où il devrait
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nettement mieux faire peu avec certitude et laisser à ceux qui
suivront le soin de trouver le reste… » Ceux qui, poussés par
le désir de comprendre le fonctionnement de la nature, choisissent une carrière scientifique ont l’assurance de pouvoir
puiser dans le vaste bagage de découvertes que d’autres ont
faites avant eux.
Les membres de la communauté scientifique scrutent les
travaux de ceux qui ont choisi le même domaine de recherche
qu’eux. Il leur arrive même souvent de vérifier les conclusions
des autres en essayant de reproduire leurs expériences. Lorsque
des confrères scientifiques n’arrivent pas à reproduire les
résultats d’une expérience, ce peut être parce que l’hypothèse
de départ comportait une faiblesse sous-jacente et qu’elle devra
être revue. À cet égard, la science s’autoréglemente. L’intégrité
sion des résultats font partie des règles de l’aventure scientifique. Après tout, la validité des données expé rimentales est
un élément clé pour tracer de futures pistes de recherche.
Il n’est pas rare que plusieurs scientifiques travaillent sur
le même sujet de recherche. Certains membres de la communauté scientifique sont motivés par le désir d’être les premiers
à faire une découverte importante ou à procéder à une expérience clé, alors que d’autres tirent plus de satisfaction à
coopérer avec d’autres confrères à la résolution d’un problème.
La coopération est plus facile lorsque les scientifiques travaillent sur le même type d’organisme. Il s’agit souvent d’un
organisme modèle qu’utilisent de nombreux chercheurs,
c’est-à-dire une espèce facile à reproduire en laboratoire et qui
se prête particulièrement bien aux projets en cours d’étude.
Dans la mesure où tous les organismes sont génétiquement
liés, les découvertes réalisées sur un organisme modèle s’avèrent
souvent applicables à beaucoup d’autres. Par exemple, les
études en génétique réalisées sur la drosophile (Drosophila
melanogaster) nous ont appris beaucoup de choses sur le fonctionnement des gènes chez d’autres espèces, dont l’espèce
humaine. Les organismes modèles populaires comptent aussi
Arabidopsis thaliana (une plante connue sous le nom d’arabette), Caenorhabditis elegans (un nématode), Danio rerio (le
poisson-zèbre), Mus musculus (la souris commune) et Escherichia coli (une bactérie). Au fil des chapitres de ce manuel,
remarquez combien l’étude du vivant s’est enrichie des
nombreuses contributions de ces organismes modèles, et de
bien d’autres.
Les biologistes abordent des questions intéressantes selon
des angles différents. Les uns se concentrent sur les écosystèmes, alors que d’autres étudient des phénomènes naturels
au niveau des organismes et des cellules. Ce manuel est divisé
en modules qui considèrent la biologie selon différents niveaux
hiérarchiques de l’organisation biologique. Il est néanmoins
possible d’examiner n’importe quel problème selon diverses
perspectives qui se révéleront complémentaires.
Puisque vous faites vos premiers pas dans l’étude de la biologie, vous aurez avantage à établir ce type de liens entre les
divers niveaux de cette science. Vous pouvez commencer en
remarquant comment certains sujets reviennent sans cesse
d’un module à l’autre. C’est le cas, notamment, de la drépanocytose, une maladie génétique qui n’a plus de secret pour
les biologistes et dont la prévalence est particulièrement élevée
parmi les populations d’Afrique et d’autres régions tropicales,
ainsi que chez leurs descendants. Le changement climatique
mondial, dont nous avons déjà parlé, est aussi un sujet dont
traitent plusieurs modules de ce manuel, mais chaque fois
rents vous aideront à intégrer la matière et à rendre la biologie encore plus captivante en vous permettant d’en voir les
applications.
science, technologie et société
grante de la société dans son ensemble. La science est indissociable de la culture contemporaine.
Certains philosophes des sciences avancent que les chercheurs sont tellement influencés par les valeurs culturelles et
politiques que la science ne possède pas plus d’objectivité
que les autres moyens de comprendre la nature. À l’opposé,
certaines personnes envisagent les théories scientifiques
comme s’il s’agissait de lois de la nature et non d’interprétations humaines de la nature. La réalité se situe probablement
entre ces deux extrêmes. La science est rarement d’une objectivité parfaite, mais elle doit toujours se conformer aux exigences suivantes : les observations et les expériences doivent
être reproductibles et les hypothèses doivent être vérifiables
et réfutables.
Le lien entre la science et la société s’est précisé avec l’avènement de la technologie. La science et la technologie recourent
parfois à des processus de recherche similaires, mais leurs
objectifs fondamentaux diffèrent. La science a pour but de
logie applique le savoir scientifique à quelque objet. Les biologistes et les autres scientifiques parleront de « découvertes »
alors que les ingénieurs et autres technologues parleront
d’« inventions ». Et parmi ceux qui bénéficient de ces inventions se trouvent les scientifiques, qui utilisent la nouvelle
technologie dans leur recherche. En somme, la science et la
technologie sont indissociables.
L’interdépendance de la science et de la technologie peut
avoir des répercussions considérables sur la société. Quelquefois, les applications les plus bénéfiques de la recherche
fondamentale ont vu le jour de façon inattendue à la suite
d’observations recueillies en cours d’exploration scientifique.
Prenons par exemple la découverte par Watson et Crick de la
structure de l’ADN il y a 60 ans. Cette percée a suscité une
foule d’activités scientifiques qui ont débouché sur l’apparition de nombreuses technologies d’analyse de l’ADN, lesquelles
ont à leur tour révolutionné plusieurs domaines, dont la
médecine, l’agriculture et la médecine légale (figure 1.29).
verait un jour des applications importantes, mais ils ne pouvaient certainement pas en prévoir la nature de façon précise.
L’orientation que prend la technologie dépend moins de
la curiosité qui anime la science que des besoins et désirs
actuels de la société et de l’environnement du moment. Les
débats concernant la technologie portent plus souvent sur la
question « devrions-nous le faire ? » que sur la question « pouvonsnous le faire ? ». Les progrès technologiques s’accompagnent
de choix difficiles. Dans quelles circonstances, par exemple,
est-il acceptable de se servir de la technologie de l’ADN pour
dépister les maladies héréditaires ? Et ce dépistage devrait-il
être volontaire, ou existe-t-il des circonstances où il devrait
