26 chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
être obligatoire ? Les compagnies d’assurances et les employeurs 
devraient-ils  avoir  accès  à  cette  information  comme  ils  ont 
accès  à  plusieurs  autres  données  de  nature  personnelle ?  Ces 
questions  deviennent  de  plus  en  plus  pressantes  à  mesure 
que diminuent le coût et le temps requis pour le séquençage 
de génomes individuels. 
De tels enjeux éthiques relèvent autant de la politique, de 
l’économie et de la culture que de la science et de la technologie. Il incombe à tous – et non aux seuls scientifiques – de 
se  renseigner  sur  le  fonctionnement  de  la  science  et  sur  les 
risques et les bienfaits potentiels des technologies. La relation 
fondamentale  entre  la  science,  la  technologie  et  la  société 
donne encore plus d’importance à tout cours de biologie.
Les mérites de la diversité
de points de vue en science
Parmi  les  innovations  technologiques  les  plus  marquantes 
sur la société humaine, plusieurs ont vu le jour dans des établissements situés le long de routes commerciales, où le riche 
mélange de cultures favorisait l’émergence d’idées nouvelles. 
Par  exemple,  la  presse  à  imprimer  –  qui  a  permis  la  diffusion 
des connaissances auprès de toutes les classes sociales et, dans 
une certaine mesure, l’existence de ce manuel – a été inventée 
par Johannes Gutenberg, vers 1440. Or cette invention repose 
sur  plusieurs  innovations  venues  de  Chine,  notamment  le 
papier et l’encre. Le papier s’est rendu jusqu’à nous par les 
routes commerciales, de la Chine jusqu’à Bagdad, berceau de 
la  technologie  qui  en  permit  la  production  de  masse.  Cette 
technologie a ensuite fait son chemin jusqu’en Europe, tout 
comme  l’encre  à  base  d’eau,  venue  de  Chine,  dont  s’inspira 
Gutenberg pour inventer l’encre à base d’huile. Comme beaucoup  d’autres  inventions  importantes,  la  presse  à  imprimer 
est le fruit de nombreuses contributions culturelles.
Dans le même ordre d’idées, la science ne peut que profiter 
d’une  diversité  d’expertises  et  de  points  de  vue.  La  population  de  scientifiques  présente-t-elle  cette  nécessaire  diversité 
sur les plans sexuel, racial, ethnique ou autre ? La communauté 
scientifique reflète les normes culturelles et les comportements 
de la société. Il n’est donc pas surprenant que, dans de nombreux pays, les femmes et certaines minorités ethniques aient 
rière scientifique. Au cours des 50 dernières années, le changement de mentalité à l’égard des choix de carrière a cependant 
accru  la  présence  des  femmes  en  biologie  et  dans  d’autres 
domaines scientifiques, si bien que celles-ci représentent près 
de  la  moitié  des  effectifs  dans  les  programmes  de  biologie  de 
premier  cycle  jusqu’au  doctorat.  La  progression  est  cependant  plus  lente  aux  échelons  supérieurs  de  la  profession,  et 
les femmes de même que les membres de nombreux groupes 
ethniques  et  raciaux  sont  toujours  sous-représentés  dans  de 
nombreuses  branches  scientifiques.  Ce  manque  de  diversité 
nuit au progrès scientifique. Plus nombreux seront les participants à la table de discussion, plus solides, plus riches et plus 
productifs seront les échanges scientifiques. Les auteurs de ce 
manuel  vous  souhaitent  la  bienvenue  au  sein  de  la  communauté de biologistes et vous souhaitent de goûter les joies et 
la  satisfaction  que  procure  ce  domaine  scientifique  des  plus 
excitants : la biologie. 
retour  sur  le  ConCept  1.4
1. En quoi la science et la technologie se 
distinguent-elles ? 
2.
et  sI ?
  La population de l’Afrique subsaharienne 
est porteuse du gène responsable de la drépanocytose 
à une fréquence nettement supérieure à celle observée 
chez les Afro-Américains dont les descendants sont 
issus de cette région. Incidemment, la présence 
de ce gène confère une certaine protection contre 
la malaria, une maladie endémique grave qui sévit 
également en Afrique subsaharienne. Quel rôle 
l’évo  lution pourrait-elle avoir joué dans l’écart de 
pourcentage entre les résidents des deux régions ?
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
m  Figure 1.29  Technologie de l’ADN et enquête criminelle.
En 2008, l’analyse judiciaire d’échantillons d’ADN prélevés sur les lieux
d’un crime a conduit à la libération de Charles Chatman, qui a passé près
de 27 ans en prison pour un viol qu’il n’avait pas commis. Sur la photo, le
juge John Creuzot étreint M. Chatman après que celui-ci eut été innocenté.
L’analyse judiciaire de l’ADN est examinée en détail au chapitre 20.
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