24 chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
tabloïdes peuvent bien faire croire que des humains naissent 
parfois  avec  une  tête  de  chien  ou  que  certains  de  vos  camarades  de  classe  sont  des  extraterrestres,  ces  observations  ne 
seront jamais convaincantes malgré les « témoignages » et les 
photos  truquées  qui  nous  sont  présentés.  En  science,  une 
preuve  engendrée  par  des  observations  et  des  expériences 
n’est concluante que si elle respecte la condition de reproductibilité.  Les  scientifiques  qui  ont  travaillé  sur  le  mimétisme  des  serpents  de  la  Caroline  du  Nord  et  du  Sud  ont 
obtenu des données similaires lorsqu’ils ont refait leur expérience  avec  d’autres  espèces  de  serpents-arlequins  et  de  couleuvres tachetées en Arizona. Et vous devriez également pouvoir 
obtenir des résultats similaires si vous décidiez de reproduire 
leur expérience.
Les théories scientifiques
« Ce  n’est  qu’une  théorie ! »  Dans  le  langage  courant,  le  mot 
théorie désigne souvent une spéculation ou une hypothèse. 
Dans le langage scientifique, cependant, le mot théorie a une 
connotation différente. Qu’est-ce qu’une théorie scientifique ? 
Quelle est la différence entre une théorie et une hypothèse ?
Premièrement,  la  portée  d’une  théorie  scientifique  est 
beaucoup plus vaste que la portée d’une hypothèse. Voici un 
exemple d’hypothèse : « Le mimétisme des serpents venimeux 
est  une  adaptation  qui  protège  les  serpents  non  venimeux 
contre les prédateurs. » Et voici un exemple de théorie : « Les 
adaptations  évolutives  apparaissent  par  sélection  naturelle. » 
La théorie de Darwin sur la sélection naturelle explique l’immense diversité des adaptations, dont le mimétisme.
Deuxièmement, une théorie diffère d’une hypothèse en ce 
qu’elle est suffisamment générale pour couvrir plusieurs hypothèses  nouvelles  qui  peuvent  être  vérifiées.  Par  exemple,  la 
théorie  de  la  sélection  naturelle  a  incité  Peter  et  Rosemary 
Grant, de la Princeton University, à vérifier l’hypothèse spécifique selon laquelle les becs des géospizes des îles Galápagos 
évoluent  en  fonction  du  type  de  nourriture  disponible.  (Les 
résultats  qu’ils  ont  obtenus  valident  leur  hypothèse ;  voir  le 
chapitre 23, page 543.)
Troisièmement,  comparativement  à  une  hypothèse,  une 
théorie repose habituellement sur une multitude de données 
probantes. Les théories scientifiques qui sont universellement 
puient sur une longue série d’observations et sur une accumulation  importante  de  preuves.  En  fait,  les  théories  générales 
sont mises à l’épreuve chaque fois qu’on vérifie les hypothèses 
réfutables qu’elles génèrent. 
Malgré  l’ensemble  de  preuves  qui  étaye  une  théorie  universellement  reconnue,  les  scientifiques  doivent  parfois 
modifier  ou  même  rejeter  une  théorie  lorsque  de  nouvelles 
méthodes de recherche produisent des résultats qui ne concordent  pas  avec  cette  théorie.  Par  exemple,  la  théorie  de  la 
diversité biologique qui considérait les bactéries et les archéobactéries  (d’où  leur  nouveau  nom  d’Archées)  comme  faisant 
partie du même règne de procaryotes a commencé à battre de 
l’aile quand de nouvelles méthodes pour comparer les cellules 
et les molécules ont permis de remettre en cause certaines relations  hypothétiques  entre  les  organismes,  relations  qu’avançait cette théorie. S’il existe une vérité en science, elle repose 
sur la prépondérance des preuves.
retour  sur  le  ConCept  1.3
1. Comparez le raisonnement inductif et le raisonnement déductif.
2. Dans les expériences sur le mimétisme des serpents, 
quelle est la variable ?
3. Pourquoi la sélection naturelle est-elle une théorie ? 
4.
et  sI ?
  Supposons que vous étendez l’expérience sur le mimétisme des serpents à une région 
de la Virginie que ces deux types de reptiles ne sont 
pas censés habiter. Quelle prédiction de résultats 
feriez-vous pour ce site ? 
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept 
1.4
L’approche multidisciplinaire
et la diversité des points de vue
contribuent à l’avancement des sciences
Le cinéma, la télévision et la bande dessinée véhiculent parfois  l’image  du  savant  asocial  qui  travaille  dans  un  laboratoire isolé. En réalité, la science est une pratique éminemment 
sociale.  La  plupart  des  scientifiques  travaillent  en  équipe. 
Dans les milieux universitaires, les groupes de recherche sont 
souvent formés d’étudiants de tous les cycles (figure 1.28). Et 
pour  réussir  en  science,  il  faut  être  un  bon  communicateur. 
Les résultats d’une recherche n’ont aucun impact tant qu’ils 
ne  sont  pas  diffusés  à  la  communauté  scientifique  lors  d’un 
colloque, dans une publication ou sur un site Web. 
construire avec le travail des autres
Sir  Isaac  Newton,  le  célèbre  scientifique,  a  déclaré  un  jour : 
« Expliquer les secrets de la nature est une tâche trop difficile 
pour  un  seul  homme,  voire  pour  une  seule  époque.  Il  vaut 
m  Figure 1.28  La science en tant qu’activité sociale. Lors de leurs
réunions, les membres d’un laboratoire s’aident mutuellement à interpréter
des données, à régler les difficultés qu’ils rencontrent lors de leurs expériences et à trouver de nouvelles avenues de recherche.
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