chapitre 1 Introduction : les thèmes de l’étude du vivant
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un groupe témoin (composé ici de faux serpents bruns). Idéalement, le groupe expérimental et le groupe témoin diffèrent
seulement par la variable que l’expérience est censée mesurer
– dans le cas qui nous occupe, l’effet de la coloration des
serpents sur le comportement des prédateurs.
Sans groupe témoin, les chercheurs n’auraient pu écarter
d’autres causes possibles pour expliquer la fréquence accrue
des attaques sur les fausses couleuvres tachetées, par exemple
un nombre différent de prédateurs ou des écarts de température dans les diverses régions testées. Grâce à une méthodologie expérimentale ingénieuse, seule la coloration peut
expliquer le plus faible taux de prédation envers les fausses
couleuvres tachetées déposées dans l’aire de distribution géographique des serpents-arlequins. Ce n’était pas le nombre
absolu d’attaques sur les fausses couleuvres tachetées qui
comptait, mais la différence entre ce nombre et le nombre
d’attaques sur les faux serpents bruns.
Contrairement à ce qu’on croit parfois, le terme expérience
contrôlée ne signifie pas que les scientifiques contrôlent l’environnement expérimental pour maintenir constantes toutes
les variables à l’exception de celle qu’ils sont censés mesurer.
De toute façon, cela est impossible dans la recherche sur le
terrain et irréaliste même dans l’environnement hautement
contrôlé d’un laboratoire. Les chercheurs « contrôlent » les
variables non désirées non pas en les éliminant par contrôle
de l’environnement, mais en annulant leurs effets au moyen
de groupes témoins.
La reproductibilité des observations et des résultats de l’expérience constitue aussi un critère scientifique incontournable.
Les observations non vérifiables peuvent être intéressantes
ou même fascinantes, mais elles ne comptent pas quand il est
question de recherche scientifique. Les manchettes de certains
m Figure 1.26 L’utilisation de serpents artificiels dans des expériences sur le terrain pour vérifier l’hypothèse de Bates. En (b), un
ours a mordu le faux serpent brun.
(a) Fausse couleuvre tachetée
(b) Faux serpent brun qui a été attaqué
. Figure 1.27
La présence de serpents-arlequins
modifie-t-elle le taux de prédation
sur leurs « imposteurs », les couleuvres
tachetées ?
expérIenCe David Pfennig et ses collègues ont fabriqué des faux serpents pour vérifier la prédiction de l’hypothèse de Bates, selon laquelle les
couleuvres tachetées tirent avantage de leur imitation de la coloration
d’avertissement des serpents-arlequins, mais seulement dans les régions
abritant des serpents-arlequins venimeux. Les chercheurs ont placé un
nombre égal de fausses couleuvres tachetées (groupe expérimental) et de
faux serpents bruns (groupe témoin) dans 14 sites. La moitié d’entre eux
a été installée dans la région où cohabitent le serpent-arlequin et la
couleuvre tachetée, et l’autre moitié, dans une région où ne vit pas le
serpent-arlequin. Au bout de quatre semaines, les chercheurs ont récupéré les faux serpents et consigné les données sur la prédation à partir
des marques de dents et de griffes sur ceux-ci.
résultats Dans les sites exempts de serpents-arlequins, les prédateurs
ont surtout attaqué des fausses couleuvres tachetées. Dans les sites habités
par des serpents-arlequins, la plupart des agressions ont visé de faux
serpents bruns.
83%
84%
Zones non habitées
par le serpent-arlequin
17%
16%
Zones habitées par
le serpent-arlequin
20
0
40
60
80
100
% d’attaques sur
les faux reptiles
Fausses
couleuvres
tachetées
Faux
serpents
bruns
ConClusIon Les expériences sur le terrain corroborent l’hypothèse de
Bates en ne réfutant pas la principale prédiction, selon laquelle les faux
serpents-arlequins ne sont efficaces que dans les régions abritant des
serpents-arlequins. Les expériences ont également permis de réfuter
l’hypothèse voulant que les prédateurs évitent habituellement tous les
serpents aux rayures vivement colorées, qu’ils soient venimeux ou non. En
effet, les données recueillies montrent que, dans les régions dépourvues
de serpents-arlequins, les rayures vivement colorées n’ont pas repoussé
les prédateurs. (Les fausses couleuvres tachetées ont peut-être été attaquées plus fréquemment dans ces régions parce que leurs couleurs très
voyantes les rendaient plus visibles que les faux serpents bruns.)
sourCe D. W. Pfennig, W. R. Harcombe et K. S. Pfennig, Frequencydependent Batesian mimicry, Nature 410 : 323 (2001).
et sI ?
Quelle prédiction feriez-vous si tous les prédateurs du territoire de la Caroline du Nord et du Sud évitaient tous les reptiles parés
d’anneaux aux couleurs voyantes ?
investigation
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un groupe témoin (composé ici de faux serpents bruns). Idéalement, le groupe expérimental et le groupe témoin diffèrent
seulement par la variable que l’expérience est censée mesurer
– dans le cas qui nous occupe, l’effet de la coloration des
serpents sur le comportement des prédateurs.
Sans groupe témoin, les chercheurs n’auraient pu écarter
d’autres causes possibles pour expliquer la fréquence accrue
des attaques sur les fausses couleuvres tachetées, par exemple
un nombre différent de prédateurs ou des écarts de température dans les diverses régions testées. Grâce à une méthodologie expérimentale ingénieuse, seule la coloration peut
expliquer le plus faible taux de prédation envers les fausses
couleuvres tachetées déposées dans l’aire de distribution géographique des serpents-arlequins. Ce n’était pas le nombre
absolu d’attaques sur les fausses couleuvres tachetées qui
comptait, mais la différence entre ce nombre et le nombre
d’attaques sur les faux serpents bruns.
Contrairement à ce qu’on croit parfois, le terme expérience
contrôlée ne signifie pas que les scientifiques contrôlent l’environnement expérimental pour maintenir constantes toutes
les variables à l’exception de celle qu’ils sont censés mesurer.
De toute façon, cela est impossible dans la recherche sur le
terrain et irréaliste même dans l’environnement hautement
contrôlé d’un laboratoire. Les chercheurs « contrôlent » les
variables non désirées non pas en les éliminant par contrôle
de l’environnement, mais en annulant leurs effets au moyen
de groupes témoins.
La reproductibilité des observations et des résultats de l’expérience constitue aussi un critère scientifique incontournable.
Les observations non vérifiables peuvent être intéressantes
ou même fascinantes, mais elles ne comptent pas quand il est
question de recherche scientifique. Les manchettes de certains
m Figure 1.26 L’utilisation de serpents artificiels dans des expériences sur le terrain pour vérifier l’hypothèse de Bates. En (b), un
ours a mordu le faux serpent brun.
(a) Fausse couleuvre tachetée
(b) Faux serpent brun qui a été attaqué
. Figure 1.27
La présence de serpents-arlequins
modifie-t-elle le taux de prédation
sur leurs « imposteurs », les couleuvres
tachetées ?
expérIenCe David Pfennig et ses collègues ont fabriqué des faux serpents pour vérifier la prédiction de l’hypothèse de Bates, selon laquelle les
couleuvres tachetées tirent avantage de leur imitation de la coloration
d’avertissement des serpents-arlequins, mais seulement dans les régions
abritant des serpents-arlequins venimeux. Les chercheurs ont placé un
nombre égal de fausses couleuvres tachetées (groupe expérimental) et de
faux serpents bruns (groupe témoin) dans 14 sites. La moitié d’entre eux
a été installée dans la région où cohabitent le serpent-arlequin et la
couleuvre tachetée, et l’autre moitié, dans une région où ne vit pas le
serpent-arlequin. Au bout de quatre semaines, les chercheurs ont récupéré les faux serpents et consigné les données sur la prédation à partir
des marques de dents et de griffes sur ceux-ci.
résultats Dans les sites exempts de serpents-arlequins, les prédateurs
ont surtout attaqué des fausses couleuvres tachetées. Dans les sites habités
par des serpents-arlequins, la plupart des agressions ont visé de faux
serpents bruns.
83%
84%
Zones non habitées
par le serpent-arlequin
17%
16%
Zones habitées par
le serpent-arlequin
20
0
40
60
80
100
% d’attaques sur
les faux reptiles
Fausses
couleuvres
tachetées
Faux
serpents
bruns
ConClusIon Les expériences sur le terrain corroborent l’hypothèse de
Bates en ne réfutant pas la principale prédiction, selon laquelle les faux
serpents-arlequins ne sont efficaces que dans les régions abritant des
serpents-arlequins. Les expériences ont également permis de réfuter
l’hypothèse voulant que les prédateurs évitent habituellement tous les
serpents aux rayures vivement colorées, qu’ils soient venimeux ou non. En
effet, les données recueillies montrent que, dans les régions dépourvues
de serpents-arlequins, les rayures vivement colorées n’ont pas repoussé
les prédateurs. (Les fausses couleuvres tachetées ont peut-être été attaquées plus fréquemment dans ces régions parce que leurs couleurs très
voyantes les rendaient plus visibles que les faux serpents bruns.)
sourCe D. W. Pfennig, W. R. Harcombe et K. S. Pfennig, Frequencydependent Batesian mimicry, Nature 410 : 323 (2001).
et sI ?
Quelle prédiction feriez-vous si tous les prédateurs du territoire de la Caroline du Nord et du Sud évitaient tous les reptiles parés
d’anneaux aux couleurs voyantes ?
investigation
