602 quatrième partie Les mécanismes de l’évolution
l’Amérique du Nord ; ils ont ensuite atteint l’Australie en passant par l’Amérique du Sud et l’Antarctique alors que les
continents étaient encore soudés. Après le morcellement des
continents du Sud, l’Australie est devenue en quelque sorte
l’« arche de Noé » des Marsupiaux. Sur ce continent, les
Marsu piaux se sont diversifiés, alors que les quelques Euthériens primitifs qui y vivaient se sont éteints ; sur d’autres
continents, la majorité des Marsupiaux se sont éteints, et ce
sont les Euthériens qui se sont diversifiés.
Les extinctions massives
Les archives fossiles montrent que la très vaste majorité des
espèces qui ont vécu sur Terre sont maintenant éteintes. Une
espèce peut s’éteindre pour de nombreuses raisons. Son habitat
peut avoir été détruit ou avoir subi des modifications néfastes
pour ses membres. Par exemple, si la température de l’océan
baisse ne serait-ce que de quelques degrés, des espèces qui
étaient pourtant bien adaptées risquent d’être anéanties. Par
ailleurs, même si les facteurs physiques du milieu demeurent
stables, les facteurs biologiques peuvent varier ; le milieu dans
lequel vit une espèce compte d’autres organismes, et un changement attribuable à l’évolution d’une espèce est suscep tible
de se répercuter sur d’autres espèces.
Des extinctions se sont produites et se produisent encore
régulièrement, mais à certains moments des perturbations
environnementales d’envergure planétaire ont accru le taux
d’extinction de manière spectaculaire. Lorsqu’un nombre
considérable d’espèces disparaît soudainement de la surface
de la Terre, on parle d’extinction massive.
Les cinq grandes extinctions massives
Les archives fossiles révèlent l’existence de cinq extinctions
massives depuis 500 millions d’années (figure 25.15). Ces
événements sont particulièrement bien documentés pour ce
qui est des Animaux à corps dur qui colonisaient les mers
peu profondes, et pour lesquels les archives fossiles sont les
plus complètes. Au moins 50 % des espèces marines sont disparues lors de chacune de ces extinctions massives.
Les deux extinctions massives les plus étudiées sont celles
du Permien et du Crétacé. L’extinction massive du Permien,
qui marque la limite entre le Paléozoïque et le Mésozoïque (il
y a de cela 251 millions d’années), a entraîné la disparition
d’environ 96 % des espèces d’Animaux marins, ce qui a
changé radicalement la vie océanique. La vie terrestre a aussi
été touchée : ainsi, 8 ordres d’Insectes sur 27 ont été éliminés.
Cette phase de disparitions a duré moins de 500 000 ans
– peut-être même beaucoup moins –, un bref instant à
l’échelle du temps géologique.
L’extinction massive du Permien s’est produite à une
époque où d’énormes éruptions volcaniques ont eu lieu dans
la région où se trouve aujourd’hui la Sibérie. Cette époque
marque en fait la période d’activité volcanique la plus intense
depuis un demi-milliard d’années. Les données géologiques
indiquent qu’une superficie de 1,6 million de km
2
(environ
la moitié de la taille de l’Europe occidentale) a été recouverte
alors d’une couche de lave dont l’épaisseur variait entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de mètres. En plus de
déverser d’énormes quantités de lave et de cendres, on estime
que les éruptions auraient produit suffisamment de dioxyde
de carbone pour réchauffer le climat planétaire de 6 °C. La
réduction des écarts de température entre l’équateur et les pôles
aurait ralenti le mélange de l’eau des océans, ce qui aurait
entraîné une baisse généralisée des concentrations de O 2 .
L’hypoxie océanique (faible teneur en oxygène) aurait
entraîné la suffocation des organismes qui utilisent l’oxygène
et favorisé la croissance de bactéries anaérobies qui dégagent
un sous-produit métabolique toxique, le sulfure d’hydrogène
0
Q
65,5
145
200
251
299
359
416
444
Temps (millions d’années écoulées)
488
Taux d’extinction
(familles par millions d’années) :
Nombre de familles :
542
0
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1 000
1 100
5
10
15
20
25
E
Période
Ère
O
S
D
Paléozoïque
Mésozoïque
Cénozoïque
C
P
Tr
J
C
P
N
Figure 25.15 Les extinctions massives
et la diversité de la vie. Les cinq extinctions
massives généralement reconnues sont indiquées
par les flèches rouges. Elles représentent les pics
du taux d’extinction des familles d’animaux
marins (courbe rouge et ordonnée de gauche).
Ces extinctions massives ont interrompu l’accroissement constant du nombre de familles d’animaux
marins (courbe bleue et ordonnée de droite).
On estime que 96 % des espèces animales
marines ont disparu durant l’extinction
massive du Permien. Expliquez pourquoi
la courbe bleue n’indique qu’un déclin
de 50 % à ce moment.
?
l’Amérique du Nord ; ils ont ensuite atteint l’Australie en passant par l’Amérique du Sud et l’Antarctique alors que les
continents étaient encore soudés. Après le morcellement des
continents du Sud, l’Australie est devenue en quelque sorte
l’« arche de Noé » des Marsupiaux. Sur ce continent, les
Marsu piaux se sont diversifiés, alors que les quelques Euthériens primitifs qui y vivaient se sont éteints ; sur d’autres
continents, la majorité des Marsupiaux se sont éteints, et ce
sont les Euthériens qui se sont diversifiés.
Les extinctions massives
Les archives fossiles montrent que la très vaste majorité des
espèces qui ont vécu sur Terre sont maintenant éteintes. Une
espèce peut s’éteindre pour de nombreuses raisons. Son habitat
peut avoir été détruit ou avoir subi des modifications néfastes
pour ses membres. Par exemple, si la température de l’océan
baisse ne serait-ce que de quelques degrés, des espèces qui
étaient pourtant bien adaptées risquent d’être anéanties. Par
ailleurs, même si les facteurs physiques du milieu demeurent
stables, les facteurs biologiques peuvent varier ; le milieu dans
lequel vit une espèce compte d’autres organismes, et un changement attribuable à l’évolution d’une espèce est suscep tible
de se répercuter sur d’autres espèces.
Des extinctions se sont produites et se produisent encore
régulièrement, mais à certains moments des perturbations
environnementales d’envergure planétaire ont accru le taux
d’extinction de manière spectaculaire. Lorsqu’un nombre
considérable d’espèces disparaît soudainement de la surface
de la Terre, on parle d’extinction massive.
Les cinq grandes extinctions massives
Les archives fossiles révèlent l’existence de cinq extinctions
massives depuis 500 millions d’années (figure 25.15). Ces
événements sont particulièrement bien documentés pour ce
qui est des Animaux à corps dur qui colonisaient les mers
peu profondes, et pour lesquels les archives fossiles sont les
plus complètes. Au moins 50 % des espèces marines sont disparues lors de chacune de ces extinctions massives.
Les deux extinctions massives les plus étudiées sont celles
du Permien et du Crétacé. L’extinction massive du Permien,
qui marque la limite entre le Paléozoïque et le Mésozoïque (il
y a de cela 251 millions d’années), a entraîné la disparition
d’environ 96 % des espèces d’Animaux marins, ce qui a
changé radicalement la vie océanique. La vie terrestre a aussi
été touchée : ainsi, 8 ordres d’Insectes sur 27 ont été éliminés.
Cette phase de disparitions a duré moins de 500 000 ans
– peut-être même beaucoup moins –, un bref instant à
l’échelle du temps géologique.
L’extinction massive du Permien s’est produite à une
époque où d’énormes éruptions volcaniques ont eu lieu dans
la région où se trouve aujourd’hui la Sibérie. Cette époque
marque en fait la période d’activité volcanique la plus intense
depuis un demi-milliard d’années. Les données géologiques
indiquent qu’une superficie de 1,6 million de km
2
(environ
la moitié de la taille de l’Europe occidentale) a été recouverte
alors d’une couche de lave dont l’épaisseur variait entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de mètres. En plus de
déverser d’énormes quantités de lave et de cendres, on estime
que les éruptions auraient produit suffisamment de dioxyde
de carbone pour réchauffer le climat planétaire de 6 °C. La
réduction des écarts de température entre l’équateur et les pôles
aurait ralenti le mélange de l’eau des océans, ce qui aurait
entraîné une baisse généralisée des concentrations de O 2 .
L’hypoxie océanique (faible teneur en oxygène) aurait
entraîné la suffocation des organismes qui utilisent l’oxygène
et favorisé la croissance de bactéries anaérobies qui dégagent
un sous-produit métabolique toxique, le sulfure d’hydrogène
0
Q
65,5
145
200
251
299
359
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Temps (millions d’années écoulées)
488
Taux d’extinction
(familles par millions d’années) :
Nombre de familles :
542
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100
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Période
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Paléozoïque
Mésozoïque
Cénozoïque
C
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Figure 25.15 Les extinctions massives
et la diversité de la vie. Les cinq extinctions
massives généralement reconnues sont indiquées
par les flèches rouges. Elles représentent les pics
du taux d’extinction des familles d’animaux
marins (courbe rouge et ordonnée de gauche).
Ces extinctions massives ont interrompu l’accroissement constant du nombre de familles d’animaux
marins (courbe bleue et ordonnée de droite).
On estime que 96 % des espèces animales
marines ont disparu durant l’extinction
massive du Permien. Expliquez pourquoi
la courbe bleue n’indique qu’un déclin
de 50 % à ce moment.
?
