chapitre 24 L’origine des espèces
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m  Figure 24.1 Comment cet oiseau (Phalacrocorax
harrisii ) qui ne vole pas en est-il venu à vivre sur les
îles Galápagos ?
évolution
ConCepts Clés
24.1 Le concept biologique de l’espèce
s’appuie sur l’isolement reproductif
24.2 La spéciation peut avoir lieu en présence
ou en l’absence d’isolement géographique
24.3 Les zones hybrides révèlent les facteurs
responsables de l’isolement reproductif
24.4 La spéciation peut se produire rapidement
ou lentement et peut résulter de changements
dans un, deux ou plusieurs gènes
24
L’origine
des espèces
introduCtion
Le « mystère des mystères »
Quand il s’est rendu aux îles Galápagos, Darwin était impatient d’explorer cette topographie nouvellement émergée de
la mer. Il a constaté que ces îles volcaniques abritaient, malgré
leur origine géologique récente, des plantes et des animaux
inconnus ailleurs. Plus tard, il a compris que ces espèces étaient
comme les îles : nouvelles (figure 24.1). Après avoir visité
l’archipel, Darwin a écrit dans son journal : « Dans le temps et
dans l’espace, il semble que nous approchions d’un fait grandiose, du mystère des mystères : l’apparition de nouveaux
êtres sur la Terre. »
Le « mystère des mystères » qui captivait Darwin est la spéciation, c’est-à-dire le processus par lequel une espèce se
ramifie pour donner deux ou plusieurs espèces. La spéciation
a fasciné Darwin (et de nombreux autres biologistes depuis)
parce qu’elle est responsable de la formidable diversité de la
vie, produisant à répétition de nouvelles espèces différentes
de celles qui existaient déjà. La spéciation explique non
seulement les différences entre les espèces, mais aussi les ressemblances entre elles (l’unité du vivant). Lorsqu’une espèce
se subdivise, les descendants des différentes branches présentent de nombreuses caractéristiques communes parce
qu’elles dérivent d’un ancêtre commun, l’espèce parentale.
Par exemple, des ressemblances dans leur ADN indiquent que
le cormoran aptère des Galápagos de la figure 24.1 (Phalacrocorax harrisii), incapable de voler, est étroitement apparenté
aux cormorans volants habitant les Amériques. Ce lien laisse
penser que le cormoran aptère descend d’une lointaine espèce
de cormorans qui a migré du continent vers les Galápagos.
La notion de spéciation fournit également un pont conceptuel entre les domaines de la microévolution et de la macroévolution. La microévolution s’intéresse à l’ensemble des
changements qui se produisent dans les fréquences allé liques
d’une population avec le temps, tandis que la macro­ évolution
étudie l’évolution à un niveau supérieur à celui de l’espèce,
comme le clade. Ainsi, l’émergence de nouveaux groupes
d’organismes, comme les mammifères ou les plantes à fleurs,
qui résulte d’une série de phénomènes de spéciation, est un
exemple de changement relevant de la macroévolution. Nous
avons examiné les mécanismes de la microévolution (la mutation, la sélection naturelle, la dérive génétique et le flux
génétique) au chapitre 23, et nous nous pencherons sur la
macroévolution au chapitre 25. Dans le présent chapitre,
nous explorerons le « pont » qui les relie, soit les mécanismes
par lesquels une nouvelle espèce naît des espèces existantes.
Mais il nous faut d’abord clarifier ce que nous entendons
exactement lorsqu’il est question d’« espèce ».
ConCept
24.1
Le concept biologique de l’espèce
s’appuie sur l’isolement reproductif
Le terme espèce vient du mot latin species, qui signifie « type »
ou « apparence ». On distingue les catégories de Végétaux ou
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