chapitre 23 L’évolution des populations 547
temps de génération d’environ deux jours, et possède un
génome à ARN, lequel a un taux de mutation beaucoup plus
élevé que celui du génome typique à ADN à cause de l’absence
de mécanismes de réparation chez les cellules hôtes (voir le
chapitre 19). Par conséquent, il est peu probable que les traitements basés sur un seul médicament puissent avoir une
quelconque efficacité contre le VIH, car les formes mutantes
du virus résistantes à ce médicament proliféreraient sans
doute en très peu de temps. Jusqu’ici, les traitements les plus
efficaces contre le sida font appel à des « cocktails » de médicaments parce que des mutations multiples conférant rapidement aux virus une résistance à tous ces médicaments ont
moins de chances d’apparaître.
La reproduction sexuée
Chez les organismes à reproduction sexuée, la variation génétique au sein d’une population provient principalement de la
combinaison unique d’allèles que chaque individu reçoit de
ses parents. Évidemment, au niveau des nucléotides, toutes
les différences entre ces allèles résultent de mutations antérieures et des autres processus producteurs de nouveaux allèles.
Mais c’est le mécanisme de la reproduction sexuée qui brasse
les allèles existants et les recompose de manière aléatoire
pour produire des génotypes individuels.
Comme on l’a vu au chapitre 13, trois mécanismes contribuent à ce brassage : l’enjambement, l’assortiment indépendant de chromosomes et la fécondation. Durant la méiose,
les chromosomes homologues hérités de chacun des parents
échangent certains de leurs allèles par enjambement. Ces chromosomes homologues et les allèles qu’ils portent sont alors
distribués au hasard dans les gamètes. Puis, comme il existe
une myriade de combinaisons reproductives possibles dans
une population, la fécondation réunit des gamètes qui comportent vraisemblablement des bagages génétiques différents.
Les effets combinés de ces trois mécanismes font en sorte
qu’à chaque génération la reproduction sexuée réarrange les
allèles existants en de nouvelles combinaisons, produisant
ainsi la variation génétique qui rend l’évolution possible.
RetoUR sUR le ConCept 23.1
1. (a) Expliquez pourquoi la variation génétique au
sein d’une population est un préalable à l’évolution.
(b) Quels facteurs peuvent produire des différences
génétiques entre les populations d’une même espèce ?
2. Pourquoi une petite partie seulement des mutations
qui se produisent dans une population se transmetelle à la descendance ?
3.
et sI ?
Qu’adviendrait-il, avec le temps, de la
variation génétique d’une population qui cesserait
de se reproduire par reproduction sexuée (mais qui
continuerait à se reproduire de manière asexuée) ?
Expliquez votre réponse. (Voir le concept 13.4,
p. 291 à 294.)
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
23.2
L’équation de hardy-Weinberg permet
de vérifier si une population évolue
Si les individus d’une population doivent différer génétiquement pour que l’évolution puisse avoir lieu, la variation
génétique ne garantit pas en elle-même l’évolution d’une
population. Pour qu’il y ait évolution, au moins un des facteurs qui en sont responsables doit être à l’œuvre. Dans cette
section, nous allons étudier une façon de vérifier si une population évolue. Pour cela, il faut d’abord clarifier ce que nous
entendons par population.
Le patrimoine génétique
et les fréquences alléliques
Une population se définit comme un groupe d’individus de
la même espèce qui vivent dans la même zone, se reproduisent
et engendrent une descendance féconde. Des populations
d’une même espèce peuvent se retrouver géographiquement
isolées les unes des autres et n’échanger que très rarement
du matériel génétique. Un tel isolement est fréquent chez des
populations qui habitent des îles éloignées ou vivent dans
des lacs différents. Cela dit, les populations ne sont pas toutes
isolées et n’habitent pas dans des territoires bien délimités
(figure 23.6). Pourtant, en général, les membres d’une population s’accouplent entre eux et, en moyenne, restent donc plus
étroitement apparentés les uns aux autres qu’aux membres
d’autres populations.
m Figure 23.6 Une espèce, deux populations. Ces deux populations
de caribous du Yukon ne sont pas totalement isolées : elles se retrouvent
parfois dans la même région. Néanmoins, les membres d’une population
tendent à s’accoupler entre eux plutôt qu’avec les membres de l’autre
population.
T E R R IT O IR E S
D U
N O R D - O U E S T
Mer de Beaufort
ALA
SKA
YUK
ON
Aire des hardes
de caribous de la
rivière Porcupine
Caribous de la rivière Porcupine
Caribous de la rivière Fortymile
Aire des hardes
de caribous de la
rivière Fortymile
ALASKA
CANADA
Carte
de la
région
temps de génération d’environ deux jours, et possède un
génome à ARN, lequel a un taux de mutation beaucoup plus
élevé que celui du génome typique à ADN à cause de l’absence
de mécanismes de réparation chez les cellules hôtes (voir le
chapitre 19). Par conséquent, il est peu probable que les traitements basés sur un seul médicament puissent avoir une
quelconque efficacité contre le VIH, car les formes mutantes
du virus résistantes à ce médicament proliféreraient sans
doute en très peu de temps. Jusqu’ici, les traitements les plus
efficaces contre le sida font appel à des « cocktails » de médicaments parce que des mutations multiples conférant rapidement aux virus une résistance à tous ces médicaments ont
moins de chances d’apparaître.
La reproduction sexuée
Chez les organismes à reproduction sexuée, la variation génétique au sein d’une population provient principalement de la
combinaison unique d’allèles que chaque individu reçoit de
ses parents. Évidemment, au niveau des nucléotides, toutes
les différences entre ces allèles résultent de mutations antérieures et des autres processus producteurs de nouveaux allèles.
Mais c’est le mécanisme de la reproduction sexuée qui brasse
les allèles existants et les recompose de manière aléatoire
pour produire des génotypes individuels.
Comme on l’a vu au chapitre 13, trois mécanismes contribuent à ce brassage : l’enjambement, l’assortiment indépendant de chromosomes et la fécondation. Durant la méiose,
les chromosomes homologues hérités de chacun des parents
échangent certains de leurs allèles par enjambement. Ces chromosomes homologues et les allèles qu’ils portent sont alors
distribués au hasard dans les gamètes. Puis, comme il existe
une myriade de combinaisons reproductives possibles dans
une population, la fécondation réunit des gamètes qui comportent vraisemblablement des bagages génétiques différents.
Les effets combinés de ces trois mécanismes font en sorte
qu’à chaque génération la reproduction sexuée réarrange les
allèles existants en de nouvelles combinaisons, produisant
ainsi la variation génétique qui rend l’évolution possible.
RetoUR sUR le ConCept 23.1
1. (a) Expliquez pourquoi la variation génétique au
sein d’une population est un préalable à l’évolution.
(b) Quels facteurs peuvent produire des différences
génétiques entre les populations d’une même espèce ?
2. Pourquoi une petite partie seulement des mutations
qui se produisent dans une population se transmetelle à la descendance ?
3.
et sI ?
Qu’adviendrait-il, avec le temps, de la
variation génétique d’une population qui cesserait
de se reproduire par reproduction sexuée (mais qui
continuerait à se reproduire de manière asexuée) ?
Expliquez votre réponse. (Voir le concept 13.4,
p. 291 à 294.)
Voir les réponses proposées à la fin du chapitre.
ConCept
23.2
L’équation de hardy-Weinberg permet
de vérifier si une population évolue
Si les individus d’une population doivent différer génétiquement pour que l’évolution puisse avoir lieu, la variation
génétique ne garantit pas en elle-même l’évolution d’une
population. Pour qu’il y ait évolution, au moins un des facteurs qui en sont responsables doit être à l’œuvre. Dans cette
section, nous allons étudier une façon de vérifier si une population évolue. Pour cela, il faut d’abord clarifier ce que nous
entendons par population.
Le patrimoine génétique
et les fréquences alléliques
Une population se définit comme un groupe d’individus de
la même espèce qui vivent dans la même zone, se reproduisent
et engendrent une descendance féconde. Des populations
d’une même espèce peuvent se retrouver géographiquement
isolées les unes des autres et n’échanger que très rarement
du matériel génétique. Un tel isolement est fréquent chez des
populations qui habitent des îles éloignées ou vivent dans
des lacs différents. Cela dit, les populations ne sont pas toutes
isolées et n’habitent pas dans des territoires bien délimités
(figure 23.6). Pourtant, en général, les membres d’une population s’accouplent entre eux et, en moyenne, restent donc plus
étroitement apparentés les uns aux autres qu’aux membres
d’autres populations.
m Figure 23.6 Une espèce, deux populations. Ces deux populations
de caribous du Yukon ne sont pas totalement isolées : elles se retrouvent
parfois dans la même région. Néanmoins, les membres d’une population
tendent à s’accoupler entre eux plutôt qu’avec les membres de l’autre
population.
T E R R IT O IR E S
D U
N O R D - O U E S T
Mer de Beaufort
ALA
SKA
YUK
ON
Aire des hardes
de caribous de la
rivière Porcupine
Caribous de la rivière Porcupine
Caribous de la rivière Fortymile
Aire des hardes
de caribous de la
rivière Fortymile
ALASKA
CANADA
Carte
de la
région
