530 QUatriÈMe partie Les mécanismes de l’évolution
Linné montre l’historique des ramifications de l’arbre généalogique de la vie : les organismes situés aux différents niveaux
taxinomiques sont apparentés puisqu’ils descendent d’ancêtres
communs.
La sélection artificielle, la sélection naturelle
et l’adaptation
Pour expliquer les phénomènes observables de l’évolution,
Darwin a proposé le mécanisme de la sélection naturelle. Il
a préparé très soigneusement son argumentaire afin de
convaincre même le plus sceptique de ses lecteurs. Il invoque
d’abord des exemples familiers de sélection artificielle
pour des plantes ou des animaux domestiques. Au fil des
générations, les humains ont modifié diverses espèces en
sélectionnant et en croisant des individus possédant les caractères souhaités (figure 22.9). En raison de cette sélection artificielle, les Végétaux et les Animaux que nous cultivons et que
nous élevons n’ont souvent que peu de ressemblance avec
leurs ancêtres sauvages. Et les produits de notre sélection artificielle montrent souvent aussi un vaste éventail de formes : il
suffit de penser aux différentes races de chiens que l’humain
a créées.
Selon Darwin, un processus similaire se produit dans la
nature. Il appuie cette affirmation sur deux observations,
dont il tire deux inférences :
Observation 1 : Les membres d’une population diffèrent
souvent par leurs caractères héréditaires (figure 22.10).
Observation 2 : Toutes les espèces peuvent produire une
descendance plus importante que celle que leur environnement peut soutenir (figure 22.11), et une bonne partie de
cette descendance ne peut survivre et se reproduire.
Inférence 1 : Les individus présentant des caractères héréditaires qui leur confèrent de plus grandes chances de survivre et de se reproduire dans un environnement donné
tendent à laisser une descendance plus nombreuse que les
autres individus.
c  Figure 22.9 La sélection artificielle.
Ces légumes ont tous pour ancêtre commun
la moutarde sauvage (Brassica oleracea).
En accentuant artificiellement tels ou tels
caractères de la plante d’origine, les producteurs
ont obtenu ces résultats divergents.
Brocoli
(var. botrytis)
Chou-rave (kohlrabi)
(var. gongylodes)
Moutarde sauvage
(Brassica oleracea)
Chou frisé (kale)
(var. italica)
Chou cabus
(var. capitata)
Sélection
de bourgeons
terminaux
Sélection
de fleurs
et de tiges
Sélection
de bourgeons
latéraux
Sélection
de tiges
Sélection
de feuilles
Chou de Bruxelles
(var. gemmifera)
m  Figure 22.10 Les variations dans une population. Dans cette
population de coccinelles asiatiques, les individus diffèrent par la couleur
et la disposition des points sur les élytres. La sélection naturelle ne peut
influer sur ces variations que si (1) elles sont héréditaires et (2) si elles
influent sur la capacité des coccinelles de survivre et de se reproduire.
c  Figure 22.11
La surproduction
de descendants.
Cette vesse-de-loup,
un Eumycète, peut
produire des milliards
de descendants.
Si la totalité de ces
derniers et de leur
descendance survivait
jusqu’à maturité,
les vesses-de-loup
tapisseraient tout
le sol environnant.
Nuage
de spores
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